Les enjeux de résilience agricole méditerranéenne au centre de la 12e Réunion ministérielle du CIHEAM à Rabat
Les travaux de la 12e réunion ministérielle du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), ont débuté ce vendredi 25 octobre à Rabat. Cet événement réunit les ministres de l’Agriculture et les représentants des 13 pays membres du CIHEAM.
Présidée par le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, accompagné de la présidente du conseil d’administration du CIHEAM, Frida Krifca, cette rencontre s’inscrit, selon les organisateurs, dans la continuité des efforts du centre visant à placer l’agriculture et l’alimentation durable au cœur des priorités régionales.
S’exprimant à cette occasion, M. El Bouari a salué les efforts du CIHEAM dans la recherche, la coopération scientifique et les initiatives de développement en matière d’agriculture, de sécurité alimentaire, de résilience face aux crises, ainsi que de promotion de l’égalité.
Il a également souligné l’engagement de cette institution dans le partage de connaissances et son rôle de référence en Méditerranée sur les enjeux liés à la durabilité des systèmes alimentaires. Les défis liés au changement climatique, à la dégradation des sols et de la biodiversité, à la régénération forestière et à la sécurité alimentaire représentent des préoccupations communes aux pays de la région, a-t-il précisé, ajoutant que ces enjeux ne peuvent être relevés de manière isolée et requièrent une approche régionale intégrée et solidaire.
Et de relever que cette 12e réunion ministérielle du CIHEAM offre ainsi l’opportunité de débattre de la résilience climatique et de la solidarité régionale, dans l’objectif de renforcer la paix et la prospérité des peuples méditerranéens.
Pour sa part, Mme Krifca a évoqué le "rôle historique du bassin méditerranéen, carrefour entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie, qui a permis l’épanouissement de civilisations partageant des systèmes agricoles diversifiés, tels que les cultures de céréales, de légumineuses, de vignes et d’oliviers".
Elle a aussi soulevé que les pays méditerranéens "partagent non seulement des identités et des valeurs similaires, mais sont aussi confrontés à des défis communs, aggravés par les crises économiques et climatiques". Dans ce sillage, le CIHEAM reste un "acteur clé du dialogue international, encourageant les jeunes générations à s’engager activement dans la préservation et l’évolution du patrimoine méditerranéen", a-t-elle affirmé.
De son côté, le secrétaire général du CIHEAM, Teodoro Miano, a noté que "la méditerranée subit un réchauffement climatique disproportionné par rapport à la moyenne mondiale, principalement en raison des émissions de gaz à effet de serre", poursuivant que ce réchauffement exacerbe l'insécurité alimentaire et impacte fortement les populations rurales. Dans ce contexte, il a mis en exergue l'importance de renforcer la résilience des systèmes agricoles et alimentaires afin de garantir un accès durable aux ressources naturelles et aux chaînes d'approvisionnement alimentaires, en particulier pour les communautés les plus vulnérables.
M. Miano a, en outre, insisté sur la nécessité d'une "coopération renforcée pour faire face à ce contexte géopolitique et écologique complexe".
Organisée sur le thème "Une approche méditerranéenne de la souveraineté alimentaire : préoccupations et impacts sur les systèmes agroalimentaires durables", cette rencontre de haut niveau réunit, en plus des ministres de l’Agriculture des pays membres (Albanie, Algérie, Égypte, Espagne, France, Grèce, Italie, Liban, Malte, Maroc, Portugal, Tunisie et Turquie), des représentants d’organisations intergouvernementales et internationales, autour des grands défis de la région, notamment la résilience climatique, la sécurité alimentaire et le développement inclusif des systèmes agroalimentaires.
(Avec MAP)
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