Baisse des ventes du luxe à l'international : les produits marocains seront-ils impactés ?
Les grandes marques mondiales du luxe affichent des résultats en baisse en 2024. Le Maroc, pourtant consommateur anecdotique du haut de gamme, n'est pas entièrement épargné. La tendance baissière observée pourrait toucher éventuellement les marques grand public au Maroc, estime un important acteur du secteur textile.
Les ventes de luxe à l'international sont aujourd'hui en baisse, comme en attestent les chiffres d'affaires des leaders du haut de gamme. Chez LVMH, au sein de la division mode et maroquinerie, dont relèvent Louis Vuitton, Dior ou Celine, les ventes de prêt-à-porter et de sacs ont chuté de 5% en trois mois, entre juillet et fin septembre, par rapport à la même période en 2023, écrit Le Monde.
"Kering essuie un recul bien plus prononcé. Le groupe détenu par la famille de François Pinault a perdu 15% de chiffre d’affaires trimestriel par rapport à la même période en 2023. Mal en point depuis plusieurs années, Gucci, sa plus grosse marque, est en recul de 26%. Saint Laurent, de son côté, chute de 13%".
Le marché mondial du haut de gamme est clairement en difficulté. Quelles implications alors pour l'industrie textile nationale ?
L'impact n'est pas entièrement nul au Maroc
"Nous ne pouvons pas avancer qu'il existe zéro impact pour le Maroc, bien que le pays ne soit pas forcément producteur de haut de gamme. Cette tendance observée au niveau des ventes de luxe peut se répandre pour toucher éventuellement les marques grand public au Maroc. C'est donc à surveiller", explique à Médias24 un important opérateur du secteur du textile.
Comparée à la cadence mondiale, la consommation marocaine du haut de gamme demeure anecdotique
"En Europe, la consommation de l'habillement, en général, a baissé de manière massive ces dix dernières années. Un recul qui s'est accéléré avec le Covid-19. La baisse des ventes de luxe à l'international dénote ainsi un changement d'esprit chez les consommateurs. Désormais à la recherche du confort, ces derniers banalisent de plus en plus le luxe, alors que cette industrie avait connu pendant des années une croissance énorme en particulier dans les pays émergents, notamment la Chine, la Russie et d'autres pays d'Amérique latine. Il y a presque un effet de ralentissement structurel de la consommation du luxe", précise-t-il.
Comparée à la cadence mondiale, la consommation marocaine du haut de gamme demeure anecdotique, note l'opérateur.
"Très peu de marques de luxe sont représentées au Maroc. Beaucoup de magasins de luxe comme Prada ou Miu Miu ont fermé leurs portes au cours des huit dernières années. C'est le cas également pour certaines marques de luxe accessibles (Sandro, The Kooples...). Les quelque magasins de luxe qui restent se concentrent à Casablanca et Marrakech. Au Maroc, le nombre de consommateurs de luxe devrait se situer entre 1.500 et 2.000 clients qui consomment autant que 100.000 acheteurs de mass market", ajoute ce dernier.
Tannerie LVMH au Maroc, un projet toujours stratégique malgré la baisse des ventes de luxe
Le groupe LVMH prévoit d'implanter une tannerie à Marrakech. Ce projet en cours, auquel 20 millions d'euros ont été consacrés, est-t-il toujours stratégique dans un contexte de baisse de la consommation mondiale du luxe ?
"Malgré la tendance baissière observée, le marché du haut de gamme demeure colossal. La valorisation des marques de luxe se situe autour de 40%. Le luxe est une industrie extrêmement importante et puissante qui génère des montants colossaux", répond notre interlocuteur.
L'installation de LVMH au Maroc est une chance et un privilège pour nous
"Évidemment, l'essentiel de leurs ventes se fait au niveau de la maroquinerie. L'installation de LVMH au Maroc est donc une chance et un privilège pour nous. J'espère que ce sera le début d'une initiative qui se généralisera à d'autres grands groupes du luxe", poursuit notre source.
"Le savoir-faire de la tannerie de luxe se concentre encore en Italie, en France, au Portugal et en Espagne. Le Maroc a cette proximité. On a un historique de la tannerie, mais on n'est pas dans le haut de gamme. Le luxe nécessite des ressources extrêmement qualifiées sur toute la chaîne de valeur, que ce soit la création, le modélisme ou la technicité", souligne l'opérateur.
"L'investissement de LVMH va nous permettre d'amener des savoir-faire, des compétences et la confection d'articles de luxe que le groupe a développés sur plusieurs décennies, voire des siècles. Or, c'est tout un écosystème de l'excellence du luxe qu'il faut pour l'industrie marocaine du luxe qui bénéficiera au reste de l'industrie textile en général", conclut-il.
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