Plainte contre Aziz Ghali pour atteinte à l'intégrité territoriale du Royaume
Suite à des déclarations controversées remettant explicitement en question le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, l’Organisation marocaine des droits de l’Homme et de la lutte contre la corruption (OMDHLC) a déposé une plainte contre Aziz Ghali, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).
La plainte, soumise le 18 décembre 2024 au procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat, accuse Aziz Ghali de porter atteinte à l’intégrité territoriale et d’insulter le peuple marocain. Selon l’OMDHLC, ces propos relèvent d’un "discours dangereux qui ne relève pas de la liberté d’expression, mais plutôt d’un acte d’incitation mettant en péril la sécurité nationale".

Aziz Ghali intervenait dans un podcast publié le 13 décembre 2024, sur le site "Arabi21". Il y a déclaré que l’AMDH "soutenait une solution négociée et satisfaisante pour toutes les parties concernant le conflit du Sahara, tout en excluant l’option de l’autonomie". Il a remis en question la légitimité des efforts diplomatiques marocains en affirmant que "la négociation implique que la question n’est pas tranchée". Ghali a également rejeté l’idée d’un soutien des Nations Unies au plan d’autonomie, tout en niant "toute proximité avec les thèses algériennes".
Une trajectoire controversée
Ces propos ont suscité une vague d’indignation, notamment en raison de l’historique de Aziz Ghali, connu pour ses prises de position polémiques. Il avait déjà provoqué un tollé en défendant les accusés dans l’affaire de Gdim Izik, un massacre ayant coûté la vie à 11 membres des forces de l’ordre désarmés, dont un avait été égorgé et sa dépouille souillée.
Sous sa direction, l’AMDH semble s’éloigner de ses missions initiales pour se transformer en une tribune d’opposition systématique, allant jusqu’à rejeter des initiatives diplomatiques largement reconnues comme crédibles. Une ligne qui semble compromettre la crédibilité de l’AMDH.
En se positionnant contre le plan d’autonomie marocain, l’association risque d’être perçue comme un acteur aligné sur des agendas étrangers, un reproche récurrent de ses détracteurs. Le plan d’autonomie, salué par la communauté internationale comme une solution pragmatique et équilibrée, représente un pilier central de la diplomatie marocaine sur cette question et est légalement considérée comme une forme d'autodétermination.
Cette plainte marque une escalade dans la tension autour des prises de position de l’AMDH et de son président. L’issue judiciaire de cette affaire pourrait avoir des conséquences majeures, tant pour Aziz Ghali que pour l’avenir de l’AMDH.
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