Par ailleurs, l’estimation du déficit budgétaire a été réalisée en s’appuyant sur l'hypothèse d'une croissance réelle de 3% et d’une inflation de 1,5%. Étant donné que le PIB nominal de l’année 2023 était de 1.463 MMDH, cette combinaison porte l’estimation du PIB nominal à environ 1.530 MMDH en 2024.
Finances publiques pour l'année 2024. Le déficit budgétaire estimé à 3,9% du PIB
En 2024, le déficit budgétaire a diminué pour atteindre 3,9% du PIB, contre 4,4% en 2023. Ce chiffre est provisoire et s'il est confirmé, c'est une performance, dans un contexte économique mondial complexe. Elle repose sur une forte mobilisation des recettes fiscales et des mesures d’ajustement budgétaire. Détails.
Selon les données de clôture de l’exercice budgétaire, diffusée par le ministère des Finances, le déficit budgétaire s’est établi à 3,9% du PIB, contre 4,4% en 2023. Ainsi, avec un tel déficit, le Maroc revient à des niveaux similaires à ceux enregistrés avant la crise du Covid-19.
Pour rappel, le déficit budgétaire avait atteint un pic de 7,1% du PIB en 2020, sous l’effet des dépenses exceptionnelles liées à la pandémie. Depuis, une trajectoire descendante a été observée :

Cette réduction s’explique en grande partie par une hausse significative des recettes ordinaires, qui ont atteint 372,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2024, soit une augmentation de 15,2% par rapport à l’année précédente.
Cette progression remarquable est principalement portée par une forte dynamique des recettes fiscales, enregistrant une hausse de 14,3%.
Parmi les principaux contributeurs :
- Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : 12,4 MMDH, répartie entre la TVA à l’importation (6,3 MMDH) et la TVA intérieure (6,1 MMDH) ;
- Impôt sur le revenu (IR) : 9,5 MMDH ;
- Impôt sur les sociétés (IS) : 8,4 MMDH ;
- Droits d’enregistrement : 1,5 MMDH ;
- Droits de douane : 1,4 MMDH.
En outre, l’amnistie fiscale a permis de mobiliser 125 MMDH grâce à la régularisation volontaire des contribuables sur leurs avoirs non déclarés. Cette opération a contribué aux ressources du Trésor à hauteur de 6 MMDH.
Quid des dépenses publiques ?
En parallèle à cette forte hausse des recettes, les dépenses publiques ont augmenté de 23,2 MMDH (+5,7%), atteignant 431,4 MMDH en 2024.
Cette hausse est principalement attribuée à plusieurs mesures sociales et économiques :
→ Augmentation des salaires dans la Fonction publique : les enseignants-chercheurs, les magistrats, les ingénieurs, les militaires et autres corps de métier ont bénéficié de revalorisations salariales. Ces mesures ont touché environ 1,13 million de fonctionnaires, pour un coût total de 13,8 MMDH.
→ Subventions ciblées :
- Soutien aux professionnels du transport : 1,71 MMDH ;
- Subvention à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) : 4 MMDH pour maintenir stables les prix de l’électricité ;
- Aides pour la lutte contre la sécheresse et la stabilisation des prix alimentaires : près de 1 MMDH.
→ Investissements publics : les dépenses d’investissement ont atteint 117,4 MMDH, enregistrant une hausse de 6% par rapport à 2023.
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