Taxe carbone. Pour le Maroc, une entrée en vigueur en janvier 2026
Prévue pour janvier 2026, la taxe carbone s’inscrit dans une démarche stratégique visant à intégrer les coûts environnementaux dans les décisions économiques. Avec une mise en œuvre progressive étalée sur dix ans, elle ambitionne de respecter les engagements internationaux tout en préservant la compétitivité des entreprises. L’objectif est clair : éviter une accumulation de charges fiscales qui pourrait freiner le secteur privé, tout en encourageant la transition vers des pratiques plus durables. Détails.
Lors de son intervention devant les membres de la CGEM, Fouzi Lekjaa a été interrogé sur la taxe carbone, un sujet qu’il qualifie de défi, notamment pour ce qui est de trouver un équilibre entre les engagements internationaux et la pression fiscale.
"Concernant la taxe carbone, il s’agit d’un engagement prévu par la loi-cadre. Nous souhaitons relever le défi en maintenant un équilibre : être à la hauteur des engagements internationaux, alignés sur les évolutions observées ailleurs, tout en évitant de multiplier les taxes ou de créer des charges supplémentaires susceptibles d’alourdir le secteur privé ou certaines activités ou entreprises dans notre pays", explique-t-il.
Une approche progressive pour un levier fiscal stratégique
Dans ce cadre, Fouzi Lekjaa a souligné que le principe est de proposer une mise en œuvre progressive sur une période de dix ans et de ne rien acter tant qu’il n’existe pas de solutions alternatives viables.
"Le principe est de proposer une mise en œuvre progressive sur une période de dix ans et de ne rien acter tant qu’il n’existe pas de solutions alternatives viables. Nous ne voulons pas que la taxe carbone devienne une nouvelle taxe, mais plutôt qu’elle conditionne le choix de l’énergie la plus propre. Cependant, elle doit exister. Voici la philosophie derrière cette démarche", ajoute le ministre en charge du Budget.
Nous ne voulons pas que la taxe carbone devienne une nouvelle taxe, mais plutôt qu’elle conditionne le choix de l’énergie la plus propre
Mentionnée dans l’article 7 de la loi-cadre sur la fiscalité, la taxe carbone a pour vocation d’intégrer les coûts environnementaux des émissions dans les décisions économiques. En incitant entreprises et ménages à adopter des pratiques plus durables, elle vise plusieurs objectifs clés :
- encourager la réduction des émissions de CO₂ ;
- promouvoir l’usage des énergies renouvelables et des technologies propres ;
- mobiliser des ressources pour soutenir les projets de transition énergétique.
Un schéma adapté aux spécificités marocaines
Inspirée des meilleures pratiques internationales, mais sans modèle préétabli, la taxe carbone marocaine sera conçue pour s’adapter aux particularités du pays. Le Maroc prévoit d’accompagner cette transition par des prérequis nécessaires dès 2025, notamment :
- la fixation d’un prix carbone ;
- la désignation de l’IMANOR comme entité publique chargée de valider les bilans carbone des entreprises ;
- la formation des inspecteurs chargés du contrôle de la taxe.
Dans le cadre de cette réforme, Fouzi Lekjaa a mis en avant une approche inclusive : "C’est un sujet sur lequel nous travaillons en permanence, car il s’agit de l’un des thèmes qui seront abordés avec le FMI lors de la prochaine réunion".
Cette démarche mobilise l’ensemble des parties prenantes, avec un rôle pivot joué par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). L’objectif est d’assurer une cohérence entre les ambitions climatiques et les réalités économiques nationales.
Horizon 2026 : une taxe alignée sur le CBAM européen
La taxe carbone entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, coïncidant avec l’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne. Ce timing stratégique vise à préserver, voire à renforcer la compétitivité des industriels marocains sur les marchés européens.
C’est un sujet sur lequel nous travaillons en permanence, car il s’agit de l’un des thèmes qui seront abordés avec le FMI lors de la prochaine réunion
Les secteurs concernés incluent le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les fertilisants, l’électricité et l’hydrogène – des industries à forte intensité carbone directement liées au CBAM. Le schéma adopté reposera sur une taxation progressive et respectera le principe du pollueur-payeur.
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