Logistique : ce que les opérateurs ont dit à Abdessamad Kayouh (R. Tahiri)
Lors d’une réunion tenue le 30 janvier, le ministre du Transport et de la logistique et une délégation de la commission logistique et foncier de la CGEM ont discuté des moyens de développer la compétitivité du secteur. L’occasion de faire le point avec le secrétaire général de la Fédération du transport et de la logistique et de recueillir les attentes des opérateurs à l’horizon 2030. Détails.
Elaborée en 2010, la Stratégie nationale pour le développement de la compétitivité logistique a réuni le ministre Abdessamad Kayouh, le directeur général de l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) et les représentants du patronat pour évoquer les avancées et les besoins de la feuille de route qui nécessite, selon Rachid Tahiri, secrétaire général de la Fédération du transport et de la logistique (FTL), une mise à jour de ses modalités de développement.
La première réunion en 15 ans
Visiblement satisfait de cette réunion, tenue quinze ans après la publication de la stratégie, Rachid Tahiri affirme qu’elle est venue à point nommé pour évoquer les moyens de renforcer la compétitivité du secteur.
"Depuis l’élaboration de son contenu par son initiateur, l’ancien ministre Karim Ghellab, c'est en effet une grande première qui a permis d’informer les acteurs du secteur privé de l'état d'avancement des zones aménageables comme celles de Casablanca et d’Agadir", se félicite Rachid Tahiri en ajoutant que cette réunion a aussi été l’occasion de constituer des groupes de travail entre logisticiens et développeurs de plateformes logistiques appartenant à l’AMDL.
De la nécessité d’ajuster la feuille de route
À la question de savoir si une nouvelle feuille de route était d'actualité, notre interlocuteur répond par la négative, soulignant que le plus important consistera à effectuer des ajustements structurels pour déterminer un business model adapté, avec un système de partenariat public-privé présent dans chacune des régions concernées.
Si l’AMDL restera le coordinateur national des zones d’activités logistiques, Rachid Tahiri estime logique et appropriée de constituer une plateforme régionale qui sera chargée de gérer chaque zone, avec des compétences pour trancher sur le choix des superficies à octroyer et celui des partenaires.
La stratégie plombée par la durée des expropriations et la vacance à la tête de l’AMDL
Tout en reconnaissant "un retard certain" dans la réalisation des objectifs de la Stratégie nationale pour le développement de la compétitivité logistique élaborée en 2010, Rachid Tahiri rappelle que c’est l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique, qu’il présidait, qui a publié en 2019 le chiffre de 14% correspondant au taux d’avancement de ce chantier.
"Les études d’assainissement des zones retenues pour accueillir des logisticiens prennent énormément de temps, surtout lorsque l’État doit procéder à des expropriations, sans compter les flottements à deux reprises après le départ de deux directeurs généraux de l’AMDL, soit un total de près de trois années", explique celui qui préside également l’Association des Freight Forwarders (transitaires) du Maroc (AFFM).
S’il considère qu’il y a eu des avancées en termes de réalisation des objectifs depuis 2019, notre interlocuteur préfère ne pas se prononcer sur l'état d'avancement de la stratégie de développement de la compétitivité logistique en l’absence de nouveaux rapports des autorités concernées.
600.000 m² de zones logistiques pour Casablanca, Tanger et Agadir
Interrogé sur la superficie actuelle totale des différentes zones logistiques, Rachid Tahiri estime qu’entre celles gérées par le secteur public et le privé, le Maroc dispose d'une capacité d’environ 600.000 mètres carrés, dont plus de 60% sont détenus par l'État.
Si la stratégie nationale prévoit d’aménager 70 espaces logistiques sur une superficie de 1,5 million de m² à l’horizon 2030, Rachid Tahiri déclare que, pour l’instant, les plus importantes sont celles de Casablanca qui comporte 8 zones, puis de Tanger, d’Agadir et de Marrakech.
Les attentes des professionnels
Et d’ajouter que les attentes de la profession se focalisent sur la finalisation du choix des zones périphériques pour mettre à la disposition des logisticiens des alternatives leur permettant d’éviter de s’installer à l’intérieur des villes de manière informelle.
En parallèle, une révision de la circulation au sein des villes voisines est jugée fondamentale pour inciter les opérateurs à sortir des villes, grâce à la régulation de la mobilité routière avec un système dédié qui imposera aux poids-lourds des horaires de circulation dans les villes.
Et de conclure qu’il faudra revoir le transport routier avec une régulation de l’accès à la profession pour mettre à niveau les personnels concernés, mais aussi de faire en sorte qu’il y ait moins de voyages avec des véhicules chargés à l’aller et vides au retour, et ce, pour éviter les surcoûts.
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