L’IMIS décortique la success story de l’économie bleue à Dakhla
L’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) vient de dévoiler un policy paper intitulé "Économie bleue Afrique Atlantique à Dakhla : une “success story” venue du Sud face à de nouveaux défis”. Réalisé sous la direction d’un expert africain reconnu à l’international dans le développement économique et industriel, l’ancien Premier ministre de Guinée, Kabiné Komara, ce rapport vise à “comprendre et analyser les ressorts de la gouvernance et de la compétitivité qui ont permis” à la région Dakhla-Oued Eddahab “de se distinguer dans ce secteur sans toutefois s’y limiter”.
Ce policy paper, commandité par l'IMIS, sur la success story de l’économie bleue à Dakhla examine les voies et moyens nécessaires à l’amélioration des résultats socio-économiques de l’écosystème actuel, ainsi que les meilleures options pour relever cet ensemble de défis situés à l’intersection de la transition climatique, de la géoéconomie et de l’économie du développement.
En vingt ans, une transformation économique rapide et efficace
L’essor de cette économie bleue à Dakhla est un "exemple unique de transformation économique rapide et efficace". En seulement vingt ans, la ville est passée d’un simple port de pêche à un hub industriel et logistique de premier plan.
Le choix de la région Dakhla-Oued Eddahab pour réaliser ce policy paper n’est pas anodin. Cette zone "porte en elle les caractéristiques marquantes pour la compréhension des facteurs clés de succès de la vaste opération d’industrialisation et de développement en moins de deux décennies".
Mieux appréhender les ruptures
D’après le document, les travaux qui ont mené à ce rapport ont été réalisés d’octobre 2024 à janvier 2025. Les auteurs qui ont participé à cette étude sont le président du think tank IMIS, Abdelmalek Alaoui, l’avocate Ghalia Mokhtari, l’expert en stratégies de développement économique et énergétique Hicham Kasraoui, le consultant en communication Bechar Benmoumen, et le consultant en stratégie publique privée Victor Pauvert.
Ils ont croisé entretiens sur le terrain et études approfondies des enjeux du secteur pour l’inscrire dans son contexte national, régional, puis international afin de mieux appréhender les ruptures et permanences qui caractérisent "ce secteur ultrastratégique" pour l’économie, l’industrie, mais également la sécurité alimentaire.
Quelques chiffres témoignent de cette dynamique positive :
- Plus de 3 milliards de dirhams (300 millions d’euros) de valeur ajoutée annuelle.
- 32 navires RSW (Refrigerated Sea Water) spécialisés dans la capture des petits pélagiques.
- 40 unités industrielles dédiées à la transformation des produits de la mer.
- 14.000 emplois directs et plus de 40.000 emplois indirects.
- 77% du chiffre d’affaires des entreprises locales réalisé à l’export, avec des produits vendus dans plus de 120 pays.
Quelles recommandations pour une meilleure durabilité ?
Les auteurs du rapport ont présenté dix recommandations, structurées en cinq blocs, afin de garantir la résilience et la durabilité de l’économie bleue marocaine.
- Renforcer la collaboration et la gouvernance partagée en intégrant les parties prenantes publiques et privées dans des programmes de recherche communs et en améliorant les capacités de surveillance des ressources halieutiques grâce à des investissements dans la recherche scientifique.
- Promouvoir l’innovation et la durabilité en développant des infrastructures modernes pour optimiser la transformation et la valorisation des ressources et limiter les externalités négatives grâce à des technologies respectueuses de l’environnement.
- La réponse du Maroc au jugement de la CUEJ devrait être adaptée. Pour cela, l’IMIS recommande de négocier une double approche court terme/long terme pour sécuriser et pérenniser le partenariat Europe-Maroc. De plus, il conseille de mettre en place un fonds spécial de transition (FST), alimenté par l’Union européenne et les partenaires internationaux. Le FST se chargera de compenser la hausse des droits de douane et de sécuriser l’élan économique des provinces du Sud.
- Adapter les politiques et pratiques locales en mettant en œuvre des programmes de formation pour renforcer les compétences locales et harmoniser les cadres réglementaires régionaux.
- Renforcer la résilience et la formation en mettant en place des dispositifs ciblés de protection sociale, avec des filets de sécurité, des programmes de requalification professionnelle et des caisses de solidarité. Et, développer des programmes de formation adaptés aux besoins spécifiques des professionnels de l’économie bleue.
Le policy paper souligne que l’économie bleue de Dakhla doit continuer à inspirer le monde. La ville démontre que développement économique et durabilité peuvent aller de pair.
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.