Tourisme : voici la recette pour augmenter la durée moyenne de séjour (opérateurs)
Si la croissance constante des arrivées touristiques laisse entrevoir des perspectives prometteuses, plusieurs opérateurs nous confirment que l’indicateur de la durée moyenne du séjour inférieure à 2 nuitées se doit d’être amélioré pour augmenter les recettes en devises. Pour cela, ils estiment nécessaire de renforcer les destinations balnéaires et de diversifier l’offre et les marchés lointains.
Partant du constat que la durée moyenne de séjour est d’au-moins 7 nuitées dans des destinations concurrentes comme l’Égypte ou la Turquie contre seulement 1,6 pour le Maroc, son allongement doit être une priorité pour les acteurs publics et privés, déclarent plusieurs opérateurs avant de revenir sur les moyens d’y arriver pour développer le volume des recettes en devises à l’horizon 2030.
Marrakech et Agadir sont les seules destinations à tirer leur épingle du jeu
« En réalité, la DMS dépend de chaque région, avec par exemple Marrakech où une grande partie des touristes français, anglais et allemands viennent pour une semaine dans les clubs-hôtels, alors que les touristes nationaux ne dépassent pas les deux ou trois nuitées en dehors des périodes de vacances scolaires », nous explique Othman Cherif Alami qui préside le CRT de Casablanca-Settat en ajoutant que le développement du tourisme balnéaire est le meilleur vecteur pour allonger la durée de séjour.
Ainsi, en dehors de la ville ocre qui compte 14 clubs-hôtels all inclusive, le président du CRT Agadir-Souss-Massa, Salah Eddine Benhammane révèle que sa région, qui fonctionne presque toute l’année, réalise une durée moyenne de séjour de 4,5 nuitées grâce à son segment balnéaire très prisé de la station Taghazout.
Casablanca, Saidia, Fès-Meknès, Ouarzazate à la traîne
Selon le président du CRT de Casablanca, si Marrakech et Agadir sont les mieux loties avec une durée de séjour largement supérieure à la moyenne nationale, le tourisme city break domine toujours dans la capitale économique qui génère une moyenne de 2 à 3 nuitées.
Alors que les stations balnéaires d’Égypte et de Turquie réalisent de très nombreuses nuitées, celle de Saidia, dans la région de l’Oriental, n'arrive toujours pas à décoller avec seulement deux mois de réelle activité sur les 12 de l'année.
Idem pour les destinations de Fès-Meknès, Rabat, Ouarzazate où la durée de séjour est très courte.
Les changements des habitudes de consommation et l'accord de l'Open Sky ont fait chuter la DMS
Constatée depuis plusieurs années, la baisse croissante de la durée moyenne de séjour s’explique en premier lieu, selon Othman Cherif Alami, par le changement des habitudes de consommation des clients étrangers.
« L’intérêt décroissant pour les circuits en autocar qui réunissaient des groupes de plusieurs dizaines de touristes a encouragé les voyages city break qui durent souvent le temps d’un week-end », estime le président du CRT de la capitale économique en ajoutant que l’essor des croisières a également participé à mettre un coup d’arrêt aux longs séjours dans les hôtels.
Sollicité à son tour, un autre grand opérateur estime qu’il n'est pas possible d'être une destination comme le Maroc, à savoir signataire en 2006 de l'accord de l'open sky, et d'avoir une durée moyenne de séjour élevée.
« En effet, la multiplication des lignes aériennes qui a suivi cet accord a encouragé le tourisme city break au détriment des destinations all inclusive auparavant desservies par des tours opérateurs », explique le professionnel pour qui la libération du ciel marocain a permis de développer les séjours d’une durée inférieure à 4 nuitées mais aussi de multiplier leur fréquence.
Même explication pour Salah Eddine Benhammane qui tient à rappeler que, dans le passé, Agadir, qui n’était desservie que par des tour-opérateurs et des charters, avait une durée moyenne de séjour comprise entre 8 et 14 jours, avant d’ajouter qu’avec la signature de l’accord d’open sky, la multiplication des lignes aériennes desservant la ville a eu pour effet d’écourter les séjours.
Allonger le nombre de nuitées en diversifiant l'offre et les marchés
Selon Othman Cherif Alami, les pays ayant atteint un grand nombre de nuitées sont ceux qui offrent des produits adaptés aux nouvelles habitudes de consommation comme le tourisme balnéaire, le camping, le caravaning…
Pour allonger la durée moyenne de séjour, notre interlocuteur affirme que les destinations impactées par la baisse de la durée moyenne de séjour doivent proposer des animations et des activités de loisirs avec des programmations de manifestations culturelles (théâtre, parcs de loisirs…).
Et d’expliquer que le programme Go Siyaha, qui va financer de nombreux produits d’animation, pourrait faire gagner 1 nuitée supplémentaire d’ici 2030 et donc générer 5 à 10 % de recettes supplémentaires.
Unanimes, nos interlocuteurs avancent que si le renforcement de l'offre balnéaire permettra d’augmenter le nombre de nuitées, la priorité pour les autres destinations non côtières est de développer les marchés lointains qui ont une durée de séjour beaucoup plus longue que les city breaks et un budget beaucoup plus conséquent.
Ainsi, en dehors du nécessaire développement de l’offre de clubs all inclusive et de destinations balnéaires, les acteurs publics et privés doivent privilégier les voyageurs qui prennent des vols long-courriers pour se rendre au Maroc car ils ont un budget plus conséquent et restent plus longtemps que les marchés proches dont les européens.
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