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ECONOMIE

À Marrakech, les prix du foncier et de l'immobilier ont flambé

À Marrakech, la flambée des prix de l’immobilier s’est accentuée depuis début 2024, portée par la hausse des coûts de la main-d’œuvre, l’envolée des prix des matériaux de construction et une demande toujours soutenue. Le foncier a plus que doublé en quelques années, atteignant des niveaux record et soulevant des inquiétudes sur une possible saturation du marché. Détails.

À Marrakech, les prix du foncier et de l'immobilier ont flambé
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Le 12 février 2025 à 18h00 | Modifié 12 février 2025 à 20h31

Le secteur immobilier au Maroc, et particulièrement celui des grandes métropoles, traverse une période de fortes tensions, marquée par une envolée des coûts. La hausse des prix est alimentée par plusieurs facteurs, parmi lesquels l’augmentation du coût de la main-d’œuvre dans le secteur du BTP, la flambée des prix des matériaux de construction et une demande toujours soutenue malgré ces contraintes.

Marrakech, l’une des principales destinations touristiques et économiques du pays, ne fait pas exception à cette dynamique inflationniste. Portée par son attrait historique, culturel et économique, la ville ocre connaît une montée en flèche des prix du foncier et des biens immobiliers. Cette situation suscite des inquiétudes croissantes auprès des promoteurs immobiliers, qui évoquent désormais un marché en situation de quasi-saturation.

Une envolée des prix observée depuis le début de l’année 2024

Contacté par Médias24, le directeur d'une entreprise de promotion immobilière explique que la tendance haussière s’est installée il y a environ un an. "Depuis 2024, les prix du foncier à Marrakech ont pratiquement doublé. Avant, nous étions à environ 500 DH le mètre carré. Aujourd’hui, il est courant de le voir atteindre 1.000 DH, voire plus. C’est une évolution attendue compte tenu de l’afflux de touristes et de l’essor des activités économiques dans la ville", souligne notre source.

Concernant la question d’une saturation du marché, notre interlocuteur nuance. "Dire qu’il n’y a plus de terrains disponibles au cœur de Marrakech n’est pas exact. Il y en a, mais les prix sont devenus prohibitifs, ce qui freine l’accès des promoteurs, notamment ceux disposant de capitaux limités".

De son côté, une directrice d’agence immobilière confirme cette flambée des prix et en explique les causes. Pour elle, cette hausse est le résultat d’une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. "Les prix de l’immobilier à Marrakech ont atteint des niveaux jamais vus. Les terrains qui se négociaient auparavant à 400-500 DH le mètre carré dépassent désormais les 1.000 DH", constate-t-elle.

Parmi les causes principales de cette flambée, la demande générée par les grands chantiers en prévision de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030 a exercé une pression considérable sur le marché.

"Ces événements ont dopé la demande en matériaux et en main-d’œuvre, entraînant une hausse vertigineuse des coûts de construction. Le ciment, les briques, le bois et le fer ont vu leurs prix grimper en flèche. Cette inflation des coûts, combinée à la revalorisation des prix de l’immobilier, a créé une véritable inflation des tarifs", poursuit notre source.

Elle illustre cette tendance par un exemple concret. "Avant la pandémie de Covid-19, j’ai vendu près de 13 villas à Marrakech à un prix moyen de 4,5 millions de dirhams l’unité. Aujourd’hui, avec la flambée des coûts et la hausse du prix des terrains, il est pratiquement impossible d’acquérir une villa en dessous de 8,5 MDH. En l’espace de quatre à cinq ans, on observe une augmentation de 4 MDH, ce qui est totalement inédit", souligne-t-elle.

Malgré cette envolée des prix, le marché immobilier ne montre aucun signe de ralentissement

Les transactions d’achat et de vente se maintiennent à un niveau élevé, démontrant que la demande demeure forte, malgré des prix record. "Les opérations de vente continuent sur une trajectoire ascendante, sans aucun signe de ralentissement du marché. Malgré la flambée des prix, l’intérêt des acheteurs demeure intact et les acquisitions se poursuivent à un rythme soutenu. Pour l’instant, la demande reste robuste, et rien ne laisse présager une récession", conclut-elle.

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