À la veille du Ramadan, immersion dans le marché de gros des dattes à Derb Milan (Casablanca)
À l’approche du mois de Ramadan, le marché de gros aux dattes de Derb Milan, à Casablanca, s’anime d’une effervescence particulière. L’équipe de Médias24 a effectué une immersion dans ce lieu emblématique pour restituer l’ambiance et recueillir les témoignages de ceux qui font vivre ce commerce.
Dès les premières heures, le marché prend vie. Les vendeurs disposent soigneusement leurs dattes dans les étals et les cartons. "L’engouement est présent pour les dattes comme chaque Ramadan. La marchandise est disponible, et tous les prix sont à la portée des citoyens", commente un vendeur.
"La demande concerne surtout le mejhoul, le boufeggous et le jihel de Zagora, qui sont proposés à des prix raisonnables. Ce sont les variétés que les clients demandent le plus", ajoute-t-il.
"Le mejhoul est entre 60 et 120 DH, le jihel entre 30 et 50 DH, et le boufegouss est entre 35 et 80 DH selon la qualité".
Les dattes marocaines : une qualité reconnue
Les dattes marocaines occupent une place de choix sur les étals. "Cependant, les prix des dattes locales sont souvent les plus élevés en raison de la faible production de cette année", précise notre interlocuteur.
La baisse de production est confirmée par les chiffres. Pour la campagne agricole 2024-2025, la production prévisionnelle de dattes est estimée à 103.000 tonnes, soit une baisse de 10% par rapport à la campagne précédente (115.000 tonnes).
Cette production est toutefois considérée comme bonne compte tenu du contexte climatique, des incendies qui ont touché certaines palmeraies traditionnelles de la région, notamment au niveau des oasis de Tinghir, Zagora et Tata, ainsi que du manque de ressources hydriques.

Des normes et labels pour garantir la qualité
Les dattes marocaines bénéficient depuis 2014 d’une norme pour la commercialisation (NM 08.1.135-2014). Cette norme spécifique couvre douze variétés locales, dont "Aziza Bouzid", "Boucerdoune (appelée aussi Tarzawa)", "Boufeggous", "Bouittob", "Bourar", "Bouskri", "Bouslikhène", "Bousthammi noire", "Jihel", "Mejhoul", "Najda" et "Outoukdim".
Par ailleurs, neuf variétés de dattes marocaines (dont huit précitées) ont été labellisées par des signes distinctifs d’origine et de qualité, notamment huit indications géographiques protégées (IGP) et un label agricole (LA). Parmi ces labels, on trouve l’IGP "Dattes Mejhoul de Tafilalet", l’IGP "Dattes Aziza Bouzid de Figuig", l’IGP "Dattes Boufeggous", l’IGP "Dattes Bouittob de Tata", l’IGP "Dattes Jihel de Drâa", l'IGP "Dattes Najda", l’IGP "Dattes Outoukdim de Toudgha Tinghir", l’IGP "Dattes Bousthammi noires de Drâa" et l’IGP "Dattes Assiane de Figuig".
Lors de l’achat, les clients doivent vérifier l’apparence, le calibre et le goût, mais également prêter attention aux dattes portant ces labels ou produites selon ces normes. Cela garantit la qualité et l’origine des produits.

Les dattes importées : une offre diversifiée
À côté de la production locale, le Maroc importe chaque année une quantité significative de dattes pour répondre au besoin national. Selon les chiffres de l'Office des changes, le Maroc a importé en 2024 plus de 109.400 tonnes de dattes. 72% de ces dattes provenaient des Émirats arabes unis, d'Égypte, de Tunisie et d'Algérie.
Ces variétés importées sont également très prisées par les Marocains. "Entre 140 et 150 DH pour le prix du gros, le Mejhoul de la Jordanie fait partie des variétés de dattes dont les prix sont les plus élevés", explique le vendeur. "Le Sukkari, venu d’Arabie saoudite et des Émirats, qui coûte 30 DH, est lui aussi particulièrement demandé par les clients, car il ne contient jamais de vers".
Les dattes tunisiennes, notamment celles encore attachées à leur tige, sont à 30 DH, tandis que les standards se situent entre 24 et 25 DH. Les dattes algériennes de haute qualité, comme le Mabroum, sont à 43 DH, avec des options plus abordables à 35 ou 40 DH.
Les dattes Lulu, elles aussi très appréciées, sont proposées à 44 ou 45 DH. Les dattes irakiennes, très économiques, coûtent 13 DH le kilo, et celles d’Égypte oscillent entre 13 et 17 dirhams.
La période de Chaâbane, qui précède le Ramadan, est cruciale pour les vendeurs. "C’est une excellente occasion pour les clients de faire leurs achats en avance. Les marchandises sont disponibles en abondance, et les prix sont attractifs", conclut notre vendeur.
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