Le Maroc renforce son réseau d'aires marines protégées
Dans une récente décision publiée dans le Bulletin officiel, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a décidé l’homologation de cinq aires marines protégées, classées parcs naturels, en application de l’article 14 de la loi 22-07 relative aux aires protégées.
La création de cinq parcs naturels marins a été récemment officialisée par la publication de cinq décrets au Bulletin officiel du 20 février. Cette décision du ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime classe ces aires en parcs naturels. Elle fait suite à une enquête publique menée d'octobre 2023 à janvier 2024 qui a permis de recueillir les avis et les observations des citoyens.
Il s’agit, du nord vers le sud du littoral national, des aires protégées suivantes :
L’aire protégée de l’Alboran (une superficie de 300 km² entre Oued Amtar et Amsa)

L’aire protégée de Mogador (une superficie de 275 km² entre Souiria Kdima et Moulay Bouzerktoun)

L’aire protégée d’Agadir (une superficie de 300 km² entre Aglou et Agadir)

L’aire protégée de Massa (une superficie de 250 km² entre Aglou et Legzira)

L’aire protégée de Boujdour (une superficie de 1000 km² au nord de Boujdour)

La transformation de ces aires marines protégées en parcs naturels poursuit plusieurs objectifs essentiels. Elle permet la préservation des ressources naturelles, la restauration des écosystèmes marins endommagés et le développement d'une pêche artisanale durable. D'autre part, elle garantit une gestion axée sur l'utilisation raisonnée des écosystèmes naturels.
La création de ces parcs naturels s’inscrit aussi dans une démarche plus large visant à augmenter la superficie des espaces marins protégés. Cela permet ainsi au Maroc de respecter ses engagements internationaux en matière de biodiversité.
À la suite de cette création, le département de la Pêche maritime sera chargé de :
- mettre en place les infrastructures nécessaires à la bonne protection de ces parcs naturels ;
- assurer la mise en œuvre et le suivi des programmes de gestion ;
- superviser la surveillance et le contrôle de l’aire protégée ;
- prévenir, contrôler et interdire les activités humaines susceptibles de perturber l’équilibre du milieu naturel.
L'étape prochaine consistera à élaborer un plan d'aménagement et de gestion pour chaque parc naturel. D'une durée maximale de dix ans, ce plan vise à garantir une approche inclusive et adaptée aux spécificités de chaque zone protégée.
La protection des ressources marines est renforcée par une nouvelle génération de documents de planification : les schémas régionaux du littoral. Trois régions, toutes situées au sud du pays, font figure de pionnières dans ce domaine. Il s’agit de :
- Guelmim-Oued Noun (dont le document a été adopté fin janvier 2025 à l’échelle régionale);
- Dakhla-Oued Eddahab (en cours de finalisation);
- Laâyoune-Sakia El Hamra (pour laquelle l’étude a été lancée en février 2025).
Conformément à la loi 81-12, ce document de planification, d'une durée maximale de vingt ans, vise à aménager, protéger et valoriser durablement le littoral en tenant compte des enjeux environnementaux et climatiques.
Gestion du littoral : l'importance du schéma régional ou quand Guelmim montre la voie
La région de Guelmim-Oued Noun est devenue la première région au Maroc à adopter un plan régional de littoral qui couvre une bande de 242,3 kilomètres. Ce plan inclut les eaux territoriales jusqu'à 12 milles nautiques et concerne 16 communes, dont 10 sont riveraines et 6 font partie de la zone côtière environnante. Le document adopté s'articule autour de cinq orientations stratégiques, 17 axes opérationnels, 36 projets dont cinq grands projets et 130 mesures.
Cinq grands projets prioritaires, intégrés et transversaux ont été élaborés dans ce document. Ils visent à encourager les investissements dans la zone côtière de la région de Guelmim-Oued Noun, dans des secteurs à fort potentiel tels que les énergies renouvelables, l'agriculture durable, l'écotourisme et l'économie sociale et solidaire (ESS) :
- Premier projet : transition énergétique et adaptation transformationnelle pour un développement côtier résilient au climat à Chbika avec, principalement, la création d'une usine de dessalement d'eau de mer et le développement d'espaces verts.
- Deuxième projet : projet pilote d’un corridor hydrologique, connexion entre la terre et la mer.
- Troisième projet : valorisation de la Plage blanche par des projets de dessalement de l'eau de mer à l'énergie solaire, développement de l'agriculture écologique et préservation du site qui présente une importance biologique et écologique.
- Quatrième projet : valorisation du potentiel marin à travers l'adoption de projets innovants.
- Cinquième projet : renforcement de la dynamique urbaine intelligente et résiliente au climat pour le littoral.
Pour rappel, les changements climatiques, qui deviennent de plus en plus intenses en mer et sur terre, ainsi que les pressions sur les pêcheries dues à l’augmentation de la demande, menacent la disponibilité des ressources halieutiques.
Par rapport à l’année dernière à la même période, la production des espèces pélagiques, durant le mois de janvier 2025, a diminué de 34% sur la façade atlantique et de 29% sur la façade méditerranéenne. Cette situation appelle à une forte concentration et à une révision des démarches pour les rendre plus durables, afin de préserver nos ressources pour les générations futures.
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