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Environnement

La région Béni Mellal-Khénifra adopte son plan d’adaptation et de développement climato-résilient (PADCR)

Après la région Marrakech-Safi, la région Béni Mellal-Khénifra a récemment adopté son plan d’adaptation et de développement climato-résilient (PADCR). Trois autres régions sont également concernées par ce projet visant à améliorer la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national (CDN) du Maroc à l’échelle territoriale.

La région Béni Mellal-Khénifra adopte son plan d’adaptation et de développement climato-résilient (PADCR)
La province de Béni Mellal.
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Le 11 mars 2025 à 16h30 | Modifié 11 mars 2025 à 17h04

La région Béni Mellal-Khénifra vient d’adopter son plan d’adaptation et de développement climato-résilient (PADCR). En plus de cette région, quatre autres régions modèles ont été choisies pour ce projet mis en œuvre par le ministère de la Transition énergétique (MTEDD) et la représentation du Programme des Nations unies pour le développement au Maroc (PNUD-Maroc), et financé par le Fonds vert pour le climat. Il s’agit des régions Souss-Massa, Marrakech-Safi, Drâa-Tafilalet et l’Oriental.

Contacté à ce sujet, Jalal El Moata, responsable de ce projet au sein du PNUD Maroc, explique que "l’incertitude climatique nous invite toutes et tous à prendre pleinement conscience de l’urgence de l’adaptation au changement climatique, qui n’est plus un choix, mais une nécessité".

politique climatique maroc
Cadre politique de lutte contre le changement climatique au Maroc (Source : Ministère de la transition énergétique et du développement durable)

Jalal El Moata précise que le plan d’adaptation et de développement climato-résilient (PADCR) vise, en premier lieu, à décliner le plan national stratégique d’adaptation (PNSA) au niveau régional. Il établit également les bases solides d’une planification et d’un financement durables afin de renforcer rapidement et efficacement la résilience des communautés et des territoires. Cela passe par la mobilisation d’un soutien technique et financier international pour faire face aux défis climatiques, à travers plusieurs niveaux :

  • l’amélioration de la connaissance des risques et de la vulnérabilité climatique dans les cinq régions pilotes ;
  • le renforcement des systèmes d’information régionaux sur l’environnement et le développement durable (SIREDD), déjà généralisés dans les douze régions ;
  • la conception de projets bancables ;
  • la promotion des investissements privés dans l’adaptation au changement climatique ;
  • l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans les modèles d’assurance ;
  • l’élaboration d’une plateforme digitale pour le système de suivi, vérification et contrôle dans le cadre de la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national (CDN).

Le diagnostic climatique de la région Béni Mellal-Khénifra

La région Béni Mellal-Khénifra, dont la vocation est à la fois agricole et touristique, est particulièrement exposée aux impacts brutaux et violents du changement climatique. Le 23 juillet 2024, une canicule record, avec une température atteignant 47,7°C, a frappé la ville de Béni Mellal, entraînant le décès de 21 personnes en seulement 24 heures.

Cet événement tragique illustre un exemple concret des défis climatiques actuels, où la récurrence croissante des phénomènes climatiques extrêmes, tels que les sécheresses, menace l’activité agricole, pilier de l'économie régionale, et affecte plus particulièrement les populations rurales.

L'analyse de la vulnérabilité réalisée dans la région Béni Mellal-Khénifra révèle des disparités significatives face aux impacts du changement climatique.

Les zones montagneuses et les plateaux ont montré une vulnérabilité particulièrement élevée, en raison d'une sensibilité accrue (associée à des taux de pauvreté et d'analphabétisme importants) et d'une capacité d'adaptation réduite (due à l'isolement géographique et à un accès limité à l'information).

Les projections pour 2050, selon les scénarios SSP2-4.5 et SSP2-8.5 (scénarios d’augmentation moyenne de la température entre 2,12 ± 0,55°C et 3,09 ± 0,56 °C), montrent une aggravation potentielle de la vulnérabilité dans ces zones.

Dans la région de Béni Mellal, et plus particulièrement dans les zones montagneuses comme la commune d’Azilal, les aléas climatiques identifiés lors de ce diagnostic devraient se traduire par une hausse des températures. Selon les scénarios SSP2-4.5 et SSP2-8.5, la température moyenne augmenterait respectivement de 1,398 °C et 1,881 °C par rapport aux niveaux actuels.

Parallèlement, une diminution des précipitations est prévue, avec une réduction de 14,9% selon le scénario SSP2-4.5, et de 15,7% selon le scénario SSP2-8.5 (le plus pessimiste), par rapport à la période de référence 1960-1990.

Concernant les aléas non climatiques, comme l’érosion, le surpâturage et les incendies de forêt, leur répartition diffère selon les zones biogéographiques. Les zones montagneuses sont davantage exposées à une variété d’aléas non climatiques, tandis que les zones de plateau et de plaine présentent des risques plus uniformes et généralement moins intenses.

Les projets bancables sélectionnés pour la région Béni Mellal-Khénifra

Pour répondre à ces défis, le diagnostic réalisé dans la région Béni Mellal-Khénifra a permis d’identifier quatre projets bancables. Ces projets serviront de base à un financement durable de l’adaptation au changement climatique à l’échelle de la région :

Projet 1 : impulser la transformation vers une agriculture climato-intelligente : productive, résiliente et éco-efficiente ;

Projet 2 : améliorer la prospérité et la résilience grâce à une gestion durable des ressources en eau et à l’accès équitable à l’eau ;

Projet 3 : renforcer la résilience des systèmes urbains et des infrastructures ;

Projet 4 : renforcer la résilience au changement climatique de la forêt et la biodiversité dans la région Béni Mellal-Khénifra.

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Le 11 mars 2025 à 16h30

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