Le 2 avril 2025 au soir, le président américain Donald Trump créait la stupeur en signant un décret imposant de nouveaux droits de douane massifs sur les importations aux États-Unis. Dès le samedi 5 avril, tous les produits importés seront taxés à hauteur minimale de 10%. Certains pays, jugés "hostiles" par Washington, se voient infliger des tarifs bien supérieurs : jusqu’à 34% pour la Chine ou 20% pour l’Union européenne.
Le Maroc, bien que partenaire des États-Unis, n’a pas été épargné. Le pays est désormais soumis au tarif plancher de 10%. Cette décision brutale, qualifiée d’offensive protectionniste inédite depuis les années 1930, remet en cause le cadre du libre-échange mondial et fait redouter un embrasement commercial généralisé.
La Bourse de Casablanca en baisse
Dès le lendemain de l’annonce, l'incertitude internationale a affecté la Bourse de Casablanca. Le jeudi 3 avril, le MASI a plongé de 2,36%, à 17.258,37 points, sa plus forte baisse en une séance depuis plus d’un an.
Cette chute fait suite à un repli de 0,45% déjà enregistré le 2 avril, signe que les rumeurs de mesures protectionnistes avaient commencé à peser sur le moral des investisseurs.
La perte cumulée sur deux séances dépasse ainsi les 2,8%, ce qui ramène l’indice à un plus bas d’un mois.
Le climat de confiance qui prévalait en début d’année a laissé place à une correction brutale, alimentée par les incertitudes géopolitiques et commerciales.
Ventes massives et volumes en explosion
Le 3 avril, les volumes d’échanges ont grimpé à plus de 626 MDH, soit presque le double de la séance précédente. Les investisseurs, pris de court par la nouvelle, ont massivement allégé leurs portefeuilles. Tous les secteurs ont été touchés, avec une pression accrue sur les valeurs industrielles et exportatrices.
Parmi les poids lourds, Attijariwafa bank a cédé 1,45% avec un volume de plus de 95 MDH. Marsa Maroc a perdu 2% avec plus de 62 MDH échangés. Des entreprises à forte exposition internationale, comme CTM (-9,99%), Delta Holding (-9,99%) ou Jet Contractors (-7,58%), ont subi des corrections spectaculaires.
Un choc plus psychologique qu’économique ?
Le choc a surtout été émotionnel. Le marché américain ne représente qu’environ 18,9 milliards de dirhams d’exportations marocaines en 2024, soit une part modeste de l'ensemble. Mais les opérateurs redoutent un effet domino : la guerre commerciale pourrait s’étendre et impacter l’ensemble de la demande mondiale.
Face à cette incertitude, les investisseurs ont préféré fuir le risque. Le phénomène de ventes paniques a contribué à amplifier la baisse, dans une forme de prophétie auto-réalisatrice.
Timide rebond et prudence persistante
Le vendredi 4 avril, le marché a tenté de se stabiliser. Le MASI n’a cédé que 0,15%, à 17.232,49 points, avec des volumes repartis à la hausse (plus de 1,1 milliard de dirhams échangés). Dès l’ouverture, des achats à bon compte ont été observés sur certaines valeurs jugées survendues – à l’instar de CIH Bank (+6,38%), Jet Contractors (+4,08%) ou encore Dari Couspate (+5,97%).
Mais cette stabilisation reste fragile : les investisseurs demeurent prudents face au flou entourant les intentions américaines et les ripostes possibles. L’Union européenne plaide pour la négociation, tandis que Pékin menace de mesures similaires. Cette ambiance incertaine continue de peser sur les marchés.
Source: medias24.com