Sahara. Le très attendu briefing de De Mistura au conseil de sécurité
ROUND UP. Ce lundi 14 avril, Staffan De Mistura se présentera devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour un briefing sur la question du Sahara. Un rendez-vous pour lequel le Maroc part armé de davantage de soutien international à son intégrité territoriale et au plan d’autonomie.
Le briefing, qui se déroule à huis clos, n’est suivi d’aucun vote et aucune résolution n’y est examinée. Sur le programme officiel du Conseil de sécurité de l'ONU, il est indiqué "consultations au sujet de la Minurso".
Le Royaume y va avec plus de soutien international à sa première cause et à la solution qu’il a proposée depuis 2007 pour mettre fin à l’un des plus vieux conflits du monde : le plan d’autonomie sous souveraineté nationale.
Au cours de cette semaine du 7 avril, Nasser Bourita était en déplacement aux États-Unis, où il a rencontré son homologue américain, une première depuis la prise de fonction de Marco Rubio. Une première aussi pour un chef de la diplomatie du Maghreb, et les Américains prennent bien soin de souligner qu’une telle visite intervient sur invitation du Département d’État.
Lors de la rencontre Bourita-Rubio, l’Administration américaine a renouvelé sa reconnaissance de la marocanité du Sahara, comme décidé par Donald Trump le 10 décembre 2020. De quoi mettre fin à une sorte de flou que l’administration américaine avait entretenu durant le mandat de Joe Biden.
En plus de Marco Rubio, Nasser Bourita a multiplié les rencontres avec d'influents membres du Congrès dont certains, en plus d’apporter leur soutien au Maroc, n’hésitent pas à dire haut ce qu’ils pensent vraiment du polisario. C’est le cas de Joe Wilson qui qualifie les séparatistes de "terroristes".
Le 10 avril, Staffan De Mistura a été reçu à Washington par Lisa Kenna, la sous-secrétaire d'État US. Le bras droit de Marco Rubio avait deux messages à transmettre au diplomate onusien : l'informer du renouvellement de la position de l'administration Trump au sujet du Sahara. "Une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution envisageable", a déclaré la responsable américaine sur son compte X.
Quant au deuxième message, non moins clair, Lisa Kenna a déclaré à De Mistura que "les parties doivent s'asseoir à la table des négociations pour parvenir à un résultat mutuellement acceptable".
Met with UN Personal Envoy Staffan de Mistura to consult on his valuable and ongoing contributions to advancing peace in the Western Sahara. @SecRubio has reiterated a clear U.S. position – genuine autonomy under Moroccan sovereignty is the only feasible solution. The parties… pic.twitter.com/99s9IQCt4q
— Lisa Kenna (@UnderSecStateP) April 10, 2025
Du côté algérien, la diplomatie du voisin de l’Est a réagi avec un insipide communiqué pour dire qu’elle "prenait note" des récentes déclarations américaines.
Dépité, le régime algérien a dépêché Ahmed Attaf, ministre des Affaires étrangères, à Tunis pour essayer de remettre sur les rails le projet d'un bloc régional composé de l'Algérie, de la Tunisie et d'une partie de la Libye (la partie ouest). Ce bloc, sans le Maroc et auquel n'adhère pas la Mauritanie, viendrait, dans les rêves du régime militaire algérien, supplanter l'Union du Maghreb arabe (UMA).
Entre Paris, Londres et Washington
Les récentes déclarations américaines en faveur de la marocanité du Sahara ont été précédées par de nouvelles réaffirmations de la même position de la part de la France.
"Il y a quelques mois, nous avons exprimé notre vision du présent et de l’avenir du Sahara occidental, qui s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine en conséquence directe du plan d’autonomie marocain" a déclaré le chef de la diplomatie française lors d'une audition, le 2 avril, devant la Commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale.
"Il n’y a pas aujourd'hui d’autres solutions réalistes et crédibles", a tenu à rappeler Jean-Noël Barrot.
Au Royaume-Uni, l’idée d’un alignement sur les positions françaises et américaines concernant l’affaire du Sahara continue de faire son chemin, y compris au sein des institutions législatives et au sein de beaucoup de cercles de réflexion.
Lundi prochain sera un jour décisif pour Staffan De Mistura. Il sera amené à proposer une fin du statu quo qui dure depuis près de six ans, quand le processus des tables rondes a été rompu après deux rounds à Genève. À moins de déclarer forfait et de rendre le tablier comme l'ont fait plusieurs de ses prédécesseurs.
Un scénario qui pourrait amener la communauté internationale à s'interroger également sur l'utilité du maintien de la Minurso. Certaines voix aux États-Unis ont multiplié les sorties récemment pour demander à mettre fin au mandat de cette mission jugée onéreuse pour le contribuable américain, inutile, et surtout dépassée par l'évolution de la situation.
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