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POLITIQUE

PJD : un 9ᵉ congrès pour ressusciter un parti en pièces

Le Parti de la justice et du développement (PJD) tient son 9ᵉ congrès national les 26 et 27 avril à Bouznika. Abdelilah Benkirane part favori pour un nouveau mandat de secrétaire général, mais les enjeux vont au-delà pour cette formation politique. Explications.

PJD : un 9ᵉ congrès pour ressusciter un parti en pièces
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Le 15 avril 2025 à 17h40 | Modifié 15 avril 2025 à 18h12

Le PJD réunit son 9ᵉ congrès national les 26 et 27 avril à Bouznika. Les stigmates de la débâcle électorale du 8 septembre 2021 sont toujours là, et remonter la pente va être extrêmement difficile pour ce parti qui a dirigé le gouvernement pendant une décennie. Mais pas impossible, espèrent des dirigeants du PJD parmi les rares n’ayant pas claqué la porte. Abdelilah Benkirane et son clan ne veulent pas procéder à un travail collectif d’autocritique.

Une année de travail sans relâche

La commission préparatoire, présidée par l’ancien ministre Driss El Azami Idrissi et regroupant 25 membres, travaille depuis plus d’une année pour préparer ce rendez-vous et, surtout, pour élaborer deux principaux documents qui seront soumis aux congressistes. Selon des sources en interne, il s’agit d’une plateforme idéologique pour les prochaines années et d’un programme politique général qui couvrira le moyen terme.

"Nos bases dans tout le Maroc ont travaillé pendant une année pour élaborer ces deux documents. Nous n’avons pas été les commander auprès d’un bureau d’études", affirme Abdelaziz Aftati, ancien membre de la direction et ex-député d’Oujda, dans des déclarations à Médias24.

"Une manière de vous expliquer que ce sera le congrès des bases du PJD qui va décider de l’orientation et de l’avenir de leur parti, en toute indépendance", ajoute Abdelaziz Aftati.

"Celles et ceux qui ont des remarques sur les grandes lignes de ces documents auront l’occasion de s’exprimer lors du congrès et le vote tranchera", ajoute notre interlocuteur qui appelle à ne pas se focaliser seulement sur ceux qui sont en froid avec le parti ou sur un nouveau mandat pour Benkirane au secrétariat général. Et pourtant, ces deux questions se sont posées et se posent toujours à l’approche du jour "J".

Démissionnaires ou démis ?

"Il ne faut pas qu’on se voile la face. La plupart de ceux qui ont pris leurs distances avec le parti ont plutôt été poussés vers la sortie par le clan Benkirane. En général, ils ne pouvaient pas continuer à cautionner sa manière de gérer le PJD", commente un jeune cadre du parti. L’allusion vise surtout Saâd Eddine El Otmani, ex-secrétaire général du PJD et ancien chef du gouvernement, et ses anciens ministres.

"Comme il l’avait fait avec des rivaux politiques, Abdelilah Benkirane a fait de ses divergences avec d’autres dirigeants une affaire personnelle. Le traitement réservé à El Otmani est tout simplement ignoble", poursuit notre interlocuteur.

"D’autres aussi, pour des raisons ou des calculs personnels, ont préféré prendre leurs distances", conclut notre source.

Et ceux qui restent ? "Dans la conjoncture actuelle, le PJD a besoin de tous ses militants et de toutes ses forces. Il faut juste que le débat contradictoire soit permis au sein des instances du parti, en commençant par le congrès national", commente Abdelaziz Aftati.

Le rajeunissement, à oublier ?

Jusqu’à aujourd'hui, et à une dizaine de jours de la tenue du congrès national, aucun cadre du PJD ne s’est déclaré candidat pour succéder à Abdelilah Benkirane. En interne, on évoque les noms de Abdellah Bouanou, chef du groupe parlementaire et ancien maire de Meknès, voire de Driss El Azami Idrissi. Au sein du parti, il y a néanmoins une tradition qui veut que les candidats ne se prononcent pas, et que c'est la base qui décide qui sera candidat.

Tout porte à croire que le chemin est pavé pour Benkirane, même si la tradition au PJD est que trois noms soient proposés pour chaque poste de responsabilité.

"On a fini par installer chez les militants l’idée que Abdelilah Benkirane était toujours l’homme de la situation, mais beaucoup ont estimé qu’il était temps de tourner la page. J’en fais partie, car si la survie d’un parti comme le PJD ne dépendait que d’une seule personne, alors il vaudrait mieux fermer boutique. Nous sommes de cet avis, mais nous faisons moins de bruit que son clan", affirme un cadre du PJD.

D’autres militants ont une vision de la situation plus pessimiste encore : celle de voir le clan Benkirane tailler à sa mesure toutes les instances de décision et faire une OPA sur la formation politique.

Abdelilah Benkirane au gouvernail pour un énième mandat ? Cela lui ferait endosser une bien lourde responsabilité : essayer de se faire, à nouveau, une place au soleil pour le PJD à l’occasion des élections législatives de 2026. Mais, bien avant cette échéance, il devra travailler à préserver l'unité d'une formation politique qui a pris l'eau de toutes parts.

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Le 15 avril 2025 à 17h40

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