Excès de vitesse : le PV n'est valable que si le radar est visible (Jugement)
En contestant un PV d’excès de vitesse le concernant, un conducteur obtient gain de cause. Le tribunal de Chefchaouen a annulé un procès-verbal pour excès de vitesse, estimant que le constat, établi sur un radar non visible et une transmission à distance entre gendarmes, ne respecte pas les exigences légales, à savoir la matérialité, la clarté et la présence de l’auteur de la constatation. En l’absence de ces conditions, le tribunal a jugé le PV invalide et ordonné la restitution de l’amende.
Un jugement rendu récemment par le tribunal de première instance de Chefchaouen vient invalider l’usage des radars non visibles et les constats à distance. L’affaire concerne une contravention pour excès de vitesse, enregistrée le 6 janvier 2024, à l’encontre d’un conducteur circulant sur la route nationale n° 2, en direction de Chefchaouen.
Ce dernier a été arrêté à l’entrée de la ville, au niveau d’un barrage de sécurité. Après avoir exécuté les ordres des gendarmes et présenté les documents du véhicule, il a été informé par l’un d’eux qu’il venait de commettre un excès de vitesse. Mais, selon lui, cette infraction est irrégulière, car "le gendarme qui l’a verbalisé ne disposait pas de radar de contrôle de vitesse, n’a pas assisté personnellement à l’infraction et n’a pas pu lui fournir ni l’image de la prétendue infraction ni la localisation précise du radar".
Le conducteur conteste donc la légalité du procès-verbal, soulignant qu’il ne sait même pas "si la vitesse mesurée le concernait, ou s’il s’agissait d’un autre véhicule".
Selon le jugement consulté par Médias24, le chef de l’escadron de la gendarmerie motorisée de Chefchaouen a déclaré, en date du 25 mars 2024, que "c’est un autre gendarme, posté en retrait avec un radar, qui a transmis l’information de l’infraction par talkie-walkie aux membres de la patrouille". Ce détail a été décisif pour le tribunal, qui a estimé que le constat ne respectait pas les exigences de légalité.
La juridiction invoque notamment l’article 12 du décret n° 2.10.419. Selon ce texte, les constatations d’agents d’autorité sont nulles si elles ne sont pas effectuées selon les conditions prévues par la loi, notamment la matérialité, la clarté et la présence de l’auteur de la constatation.
De plus, l’article 14 du même texte, pris en application de la loi n° 52.05 relative au Code de la route, précise que "la contravention d’excès de vitesse est prouvée par un radar de contrôle de vitesse qui permet, durant les opérations de contrôle, de mesurer la vitesse et de présenter une preuve matérielle de la contravention".
Pour le tribunal de première instance de Chefchaouen, cet article indique qu’il est "nécessaire" de présenter une preuve de la contravention "au moment du contrôle, sans que le contravenant n’ait besoin de suivre la procédure de contentieux prévue à l’article 230 du Code de la route".
De ce fait, le tribunal en question a donc annulé le procès-verbal dressé à l’encontre du conducteur et ordonné la restitution de l’amende déjà payée.
À découvrir
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.