Rose à parfum : une production record, portée par une dynamique d’investissement soutenue
Grâce à des conditions climatiques favorables et à des efforts soutenus d’investissement, la production de roses à parfum devrait franchir un nouveau cap en 2025, dépassant les 4.000 tonnes. Production en hausse, investissements massifs, mais aussi défis persistants : tour d’horizon au lendemain de la 60e édition du Salon international de la rose à parfum.
Emblématique de la vallée du Dadès, la rose à parfum (Rosa damascena) s’annonce particulièrement abondante cette année. Grâce à des conditions climatiques favorables, la production prévisionnelle pour la campagne agricole 2024-2025 devrait dépasser les 4.800 tonnes, contre 3.500 tonnes l’année précédente, selon l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) de Ouarzazate. Une progression qui confirme la dynamique positive d’une filière ancrée dans le terroir et portée par des efforts soutenus d’investissement et de valorisation.
Cultivée sur 1.020 hectares dans la province de Tinghir, la rose à parfum reste une richesse oasienne d’exception, concentrée dans les communes de Aït Sedrate Sahl Gharbia (31%), Khémis Dadès (29%), Aït Sedrate Sahl Charkia (19%), Kelâat M’Gouna (11%) et Aït Ouassif (10%).
Ses exportations atteignent aujourd’hui environ 60 tonnes.
Cette production est protégée par deux appellations d’origine, "Rose de Kelâa M’Gouna-Dadès" et "Eau de rose de Kelâa M’Gouna", gages de qualité et d’authenticité. Cette matière première, qui donne lieu à des produits finis comme l’huile essentielle, l’eau de rose et les pétales séchés, est au cœur d’un dispositif de valorisation structurant.
Il faut entre 3.500 et 4.000 kg de roses fraîches pour produire un seul litre d’huile essentielle, ce qui explique sa rareté et sa valeur. L’eau de rose et les pétales séchés complètent cette gamme à forte valeur ajoutée.
Un mode de culture exigeant, mais adapté à l’environnement local
La rose à parfum se développe exclusivement dans les régions à climat froid et sec, ce qui explique son absence des zones côtières. Elle est particulièrement sensible à l’irrigation, qui doit être pratiquée au goutte-à-goutte, tôt le matin ou en fin d’après-midi, surtout durant sa phase de floraison qui s’étend de mars à mai et dure entre 25 et 45 jours. En hiver, sauf en cas de sécheresse, l’irrigation n’est généralement pas nécessaire.
Dans ce sens, le programme d’économie d’eau dans la province de Tinghir a connu une avancée notable. Les superficies équipées en goutte-à-goutte sont passées de 106 hectares en 2008 à 2.284 hectares en 2025, grâce à une subvention globale de 101,5 millions de DH ayant bénéficié à 409 agriculteurs.
La stratégie Génération Green, levier structurant pour la rose à parfum
Selon des données récentes du ministère de l’Agriculture, un investissement global de 80 millions de DH a été mobilisé pour le développement de la filière. Ce soutien a permis la mise à niveau de 35 km de réseau d’irrigation, l’extension des superficies de plantation, la conception et la diffusion de référentiels techniques, l’équipement de 22 unités de valorisation, ainsi que la construction et l’équipement de la Maison de la rose. Il a également contribué à la labellisation des produits et à l’encadrement des producteurs.
Grâce à ces efforts, la superficie plantée a atteint 1.020 hectares, les rendements ont augmenté de 25%, et les revenus des agriculteurs ont connu une progression significative de 153%. La production globale de roses à parfum s’en est trouvée renforcée.
Plus globalement, le Plan d’action de la stratégie Génération Green dans la province de Tinghir bénéficie d’une enveloppe budgétaire de plus de 1,35 milliard de DH.
Des contraintes techniques et commerciales à lever
Tout en appelant à promouvoir la recherche scientifique au service de la filière, Abdellah Abdellaoui, chef du service de la production agricole à l’ORMVA de Ouarzazate, a rappelé, lors d'une récente intervention, certaines contraintes qui freinent encore son développement.
Il a notamment cité le recours limité à des techniques modernes dans le traitement de la rose à parfum, ainsi que la concurrence déloyale de produits de mauvaise qualité, souvent écoulés de manière illégale. Il s'exprimait en marge de la 60e édition du Salon international de la rose à parfum au Maroc, organisée du 5 au 8 mai à Kelâat M’Gouna.
Un salon emblématique pour une filière en pleine mutation
Placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, le Salon international de la rose à parfum met en lumière l’importance économique, sociale et culturelle de cette filière emblématique, tout en soulignant son rôle stratégique dans le développement durable des zones oasiennes.

Organisé par le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en partenariat avec la province de Tinghir et plusieurs partenaires nationaux et internationaux, cet événement a choisi cette année pour thème : "Filière de la rose à parfum : levier de développement durable dans le cadre de la stratégie Génération Green ».
Cette 60ᵉ édition anniversaire célèbre six décennies de valorisation de la rose à parfum, érigée en richesse patrimoniale, levier de développement local et symbole culturel de Kelâat M’Gouna.
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