img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Contributions

Baux commerciaux : le frein invisible qui étrangle les entrepreneurs marocains

Derrière les rideaux baissés de nombreux commerces marocains se cache un frein silencieux à l’initiative privée : le régime des baux commerciaux. Obsolète et inadapté aux dynamiques économiques actuelles, il dissuade propriétaires et jeunes entrepreneurs, étouffe la création d’activité et bloque la vitalité des centres urbains.

Baux commerciaux : le frein invisible qui étrangle les entrepreneurs marocains
Amine Karrakchou, architecte, designer et urbaniste
Le 13 mai 2025 à 11h13 | Modifié 13 mai 2025 à 11h27

Alors que le Maroc mise sur l’entrepreneuriat et l’économie locale, un frein méconnu continue de bloquer l’initiative privée : le régime des baux commerciaux. Derrière les vitrines fermées de nos villes, c’est un modèle dépassé, source d’injustice économique et de blocages, qui attend d’être réformé en urgence.

Baux commerciaux : le frein invisible qui étrangle les entrepreneurs marocains
Amine Karrakchou, architecte, designer et urbaniste

Un risque juridique qui dissuade les propriétaires

Aujourd’hui, au Maroc, louer un local commercial est une source d’angoisse pour les propriétaires. En cas de loyers impayés, les procédures judiciaires peuvent durer deux ans, voire plus. Pendant ce temps, les propriétaires doivent supporter taxes, charges et frais d’avocat, sans espoir de récupérer rapidement leur bien ni leur revenu. Beaucoup préfèrent donc garder leurs locaux fermés, aggravant la rareté des espaces commerciaux et alimentant la spéculation.

Le pas de porte : un verrou financier pour les jeunes porteurs de projets

Face à cette insécurité, les propriétaires imposent un 'pas de porte', parfois de plusieurs centaines de milliers de dirhams. Une somme non remboursable, inaccessibles aux jeunes entrepreneurs, et non finançable par les banques. En cas d’échec, le locataire perd tout, sans filet de sécurité, sauf à trouver lui-même un repreneur. Une pratique qui, au lieu de sécuriser le marché, décourage l’innovation et pénalise les plus modestes.

Une confusion entre logique sociale et logique commerciale

Il est normal que la loi protège les familles contre l’expulsion. Mais cette protection doit-elle s’appliquer à des locaux commerciaux, où réactivité et flexibilité sont vitales ? En maintenant des procédures rigides et lentes, le cadre actuel freine la rotation naturelle des commerces et asphyxie la dynamique des centres urbains.

Une réforme qui pourrait doper l’économie locale

Accélérer les procédures judiciaires à six mois permettrait de rétablir la confiance des bailleurs. Cela remettrait sur le marché des milliers de locaux aujourd’hui vides, ferait baisser mécaniquement les loyers et ouvrirait des portes à de nouveaux entrepreneurs. Réformer le bail commercial, c’est offrir un coup d’accélérateur à l’économie locale, à l’emploi et au tissu entrepreneurial marocain.

Un chantier à ouvrir d’urgence

Alors que le Royaume ambitionne de devenir un hub régional de l’entrepreneuriat et de l’innovation, et avec l’avènement des grandes manifestations telles que la CAN et la Coupe du monde 2030, il est temps de s’attaquer à ce chantier longtemps ignoré. Moderniser le régime des baux commerciaux n’est pas seulement une mesure juridique : c’est un levier de croissance nationale.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Amine Karrakchou, architecte, designer et urbaniste
Le 13 mai 2025 à 11h13

à lire aussi

ElGrandeToto au cœur d’un bras de fer judiciaire autour de ses concerts au Maroc
DROIT

Article : ElGrandeToto au cœur d’un bras de fer judiciaire autour de ses concerts au Maroc

Le rappeur marocain est visé par une plainte pour violation de contrat d’exclusivité, déposée par une société de production. Au cœur du litige, un accord dont les clauses auraient été enfreintes, selon des sources proches du dossier.

Addoha, Alliances, RDS. Three real estate groups, three very different market trajectories
Actus

Article : Addoha, Alliances, RDS. Three real estate groups, three very different market trajectories

Addoha, Alliances and RDS posted sharply improved 2025 results, helped by the recovery in the real estate cycle. Behind that shared momentum, however, their profiles diverge markedly in terms of growth, profitability and valuation.

Céréales. Une récolte en forte hausse au Maroc, mais toujours sous la menace d’un coup de chaleur
AGRICULTURE

Article : Céréales. Une récolte en forte hausse au Maroc, mais toujours sous la menace d’un coup de chaleur

Après une saison de pluies record, le Maroc s’attend à une campagne agricole nettement meilleure que celles des trois dernières années, mais la récente canicule accompagnée de chergui pourrait affecter les cultures arrivées au stade de pré-maturation. Voici ce qu’il faut savoir.

OCS-USM Alger. Once again, Moroccan hospitality meets violence
Football

Article : OCS-USM Alger. Once again, Moroccan hospitality meets violence

It was thought the authorities had learned the lessons of the 2025 AFCON final, but that is evidently still not the case. Al Massira Stadium in Safi was engulfed in chaos on Sunday, April 19, as violence by part of the visiting support erupted ahead of the second leg of the Confederation Cup semi-final between Olympique Club de Safi and USM Alger.

Addoha, Alliances, RDS. Trois groupes immobiliers, trois trajectoires très différentes en Bourse
Actus

Article : Addoha, Alliances, RDS. Trois groupes immobiliers, trois trajectoires très différentes en Bourse

Addoha, Alliances et RDS signent une amélioration nette de leurs résultats en 2025, portée par la reprise du cycle immobilier. Mais derrière cette dynamique, les profils divergent nettement entre croissance, rentabilité et valorisation.

Pour accélérer sa transformation, OCP restructure son organisation interne et remanie son état-major
BUSINESS

Article : Pour accélérer sa transformation, OCP restructure son organisation interne et remanie son état-major

Le groupe OCP a enclenché, le 11 avril, un vaste mouvement de réorganisation interne visant à refondre son architecture de décision et à renforcer ses capacités d’exécution. Structurée autour de la création de deux nouveaux pôles et accompagnée de plusieurs nominations, cette évolution s’inscrit dans une stratégie de diversification vers des secteurs devenus déterminants pour sa compétitivité future.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité