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SOCIETE

Casablanca-Settat : mise en cause par les élus locaux, la SRM invoque une transition complexe

Malgré une nouvelle absence de quorum, la session ordinaire du Groupement des collectivités territoriales de Casablanca-Settat, tenue ce 13 mai, a été marquée par l’intervention du directeur général de la SRM Casablanca-Settat. Youssef Ettazi a saisi cette occasion pour défendre le bilan de la société régionale, critiquée sur la dégradation des services publics.

Casablanca-Settat : mise en cause par les élus locaux, la SRM invoque une transition complexe
Youssef Tazi, directeur de la SRM Casablanca-Settat pour la distribution
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Le 13 mai 2025 à 16h22 | Modifié 13 mai 2025 à 18h21

Après un premier report le jeudi 8 mai, la session ordinaire du Groupement des collectivités territoriales (GCT) de Casablanca-Settat pour la distribution n’a une nouvelle fois pas pu se tenir ce mardi 13 mai, faute de quorum (à peine une trentaine de membres présents sur 214).

L'adoption des points qui étaient à l'ordre du jour a donc été reportée au vendredi 16 mai.

Le groupement a toutefois profité de la présence du directeur général de la Société régionale multiservices (SRM) Casablanca-Settat pour la distribution et de son équipe pour discuter des problèmes soulevés par les élus de la région.

La fusion de cinq sociétés en une seule et la continuité des services, principaux défis de la SRM à son démarrage

Plusieurs élus – en particulier ceux de la métropole – ont récemment exprimé leurs préoccupations face à la dégradation constatée des services de l'eau potable, de l'électricité et de l'assainissement dans la région, depuis le démarrage de la SRM en octobre 2024.

Pour répondre à ces préoccupations, le directeur général de la SRM a pris la parole ce mardi 13 mai en mettant en lumière les réalisations de la société régionale, ainsi que les difficultés rencontrées depuis son lancement.

"Depuis son lancement en octobre 2024, les défis initiaux de la SRM étaient de taille : fusionner cinq sociétés différentes en une seule entité régionale cohérente et assurer la continuité des services de l'eau potable, de l'électricité et de l'assainissement", a expliqué Youssef Ettazi.

"La SRM a démarré le premier octobre 2024, et la première rencontre avec les membres du groupement a eu lieu le 8 octobre 2024 ; une réunion durant laquelle nous avions présenté notre plan de travail, l'organigramme initial et les investissements prévus", a-t-il rappelé. "Nous avons ensuite mis en place un plan de travail de proximité".

"Cependant, pour le démarrage effectif de la SRM, il a d'abord fallu fusionner cinq entités, notamment Lydec, l'ONEE et les autres régies qui étaient en service, en une seule société régionale cohérente. C’était l’un de nos plus grands défis", a-t-il souligné.

"Dans l'organigramme initial de la SRM, nous avions convenu de nommer un directeur provincial dans chaque province afin de rapprocher la gestion des services des citoyens, ce qui n'était pas le cas dans l'ancienne organisation des sociétés délégataires".

Cette nouvelle organisation a impliqué d'importants recrutements. "33 directeurs ont été nommés, mais il leur était difficile de constituer leurs équipes. Ce type de transformation ne peut se faire en une journée. Des études préalables doivent être menées. La procédure dans son ensemble nécessite du temps".

La mobilisation des moyens humains s'est donc avérée complexe. Pour rappel, plus de 4.700 employés ont été transférés à la SRM, dont les statuts étaient différents. Pour renforcer ce capital humain, "300 recrutements sont déjà en cours", selon Youssef Ettazi, et "de nouveaux concours seront bientôt lancés pour recruter un total de 600 personnes".

"En février dernier, nous avons entamé des tournées dans certaines provinces et préfectures afin de présenter notre plan de travail, les investissements prévus, et surtout, de dresser un état des lieux précis du patrimoine, des réseaux et des besoins spécifiques de chaque territoire".

Un exercice loin d’être anodin. "Il faut savoir que recenser le patrimoine de chaque préfecture exige un travail considérable. Nous avons hérité de plus de 23.000 kilomètres de réseau d’eau potable, près de 11.000 kilomètres de réseau d’assainissement, ainsi que 43 postes source avec 4,1 GWh, soit le plus élevé au Maroc", a souligné le directeur général.

La société a donc été confrontée aussi bien à des contraintes d’ordre organisationnel qu'à des contraintes structurelles. "Nous avons travaillé à deux vitesses, d'abord pour réaliser les recrutements, puis pour assurer la continuité de ces services vitaux."

Entre urgence de planification et reprise en main du service d’éclairage public

En ce qui concerne le flou qui entoure le projet d'investissement pour l'année 2025, évoqué par certains membres du GCT, Youssef Ettazi a expliqué que "lorsqu'on a pris les rênes de la SRM, nous avions un challenge de taille sur ce volet : sortir le projet d'investissement de 2025 en deux mois".

"Nous avons commencé le travail en octobre, et le projet d'investissement devait être finalisé vers fin novembre. Un exercice normalement long, qui suppose de nombreux échanges notamment avec les présidents de communes. Ces derniers doivent être consultés et leurs besoins et priorités relevés. Cela prend du temps. Mais nous avons réussi à tenir ce délai grâce à un rythme de travail particulièrement soutenu".

Et de préciser : "Le contrat qui lie la SRM avec le groupement porte sur trois services, à savoir l'eau potable, l'éclairage et l'assainissement. Mais, lorsque nous sommes arrivés, nous avons également été chargés d'assurer la continuité du service de l'éclairage public durant 2024 et 2025", alors que la gestion de ce service ne faisait pas partie des prérogatives de la société.

Casablanca-Settat : mise en cause par les élus locaux, la SRM invoque une transition complexe

En effet, le conseil de la ville de Casablanca avait adopté, durant la session ordinaire du mois d’octobre 2024, le contrat de gestion du service de l’éclairage public qui a par la suite été signé avec la SRM Casablanca-Settat. Ce contrat, qui s’étale sur une durée de 30 ans, a été élaboré dans l’urgence, puisque ce service était géré par la société Lydec avant son départ. C'est également un chantier important qui doit être mis à niveau, en prévision du Mondial 2030.

"On a donc été contraints d'estimer les travaux à réaliser et les investissements nécessaires pour assurer la maintenance de plus de 220.000 poteaux d’éclairage public", a-t-il souligné. Un chantier colossal, qui a mobilisé d’importantes ressources techniques et humaines.

Plus de 120 marchés lancés par la SRM totalisant 6 MMDH

Pour mettre en œuvre les programmes d'investissement prévus et assurer la continuité de ces services vitaux, notamment pour 2025, "de nombreux marchés devaient être lancés", précise par ailleurs Youssef Ettazi. "À ce jour, 120 appels d'offres ont été lancés par la SRM, avec un investissement totalisant 6 milliards de DH (MMDH), dont 1 MMDH déjà adjugé, un montant qui sera mobilisé pour la réalisation des travaux de curage et de pose de câbles électriques notamment".

"Il faut savoir que le lancement d’un appel d’offres ne se fait pas du jour au lendemain. Il nécessite en amont la préparation d’un cahier des charges précis, qui repose sur des études techniques, des consultations locales et une définition claire des besoins. Un processus qui demande un temps considérable".

"Par ailleurs, nous devions également unifier les systèmes d'information. Lorsque nous sommes arrivés, nous avions des systèmes d'information propres à chaque délégataire. Le transfert et la centralisation des données provenant de ces différents SI prennent énormément de temps et de ressources".

"Nous avons aussi été confrontés à des problématiques liées aux ressources hydriques", a-t-il rappelé. "Lors de notre prise de fonction en octobre, le taux de remplissage du barrage de l’Oum Er-Rbia ne dépassait pas 2,5%", une situation critique.

Un marché récent de 2,15 MMDH pour le transfert annuel de 300 Mm³ d'eau dessalée d'El Jadida à Casablanca

"Si les précipitations récentes ont permis une certaine amélioration, la SRM a dû, en parallèle, mettre en place des solutions d’urgence. Nous avons travaillé de manière accélérée pour assurer le transfert d’eau depuis Jorf Lasfar vers Daourate qui fournit en grande partie Casablanca, Berrechid et Settat. En novembre, nous avions réussi à transférer 20 millions de m³ (Mm³), et on frôle actuellement les 60 Mm³.

Toujours au sujet des ressources hydriques, "nous avons récemment lancé un marché de 2,15 MMDH relatif au transfert de l'eau dessalée à partir d'El Jadida jusqu'à Casablanca, avec une capacité de 300 Mm³ par an. Ce grand projet implique 120 km de réseau, deux stations et deux bassins. Il a nécessité plusieurs jours de travail, notamment pour la préparation du cahier des charges", a conclu Youssef Ettazi.

Lors de cette rencontre, le directeur général a reconnu que la SRM souffrait actuellement d'un déficit de communication et s'est engagé à améliorer ce volet. Quant aux membres du groupement, ils ont notamment appelé à la facilitation des procédures administratives pour les usagers.

Il faut dire que la présence du directeur général a permis d’apaiser les tensions au sein de cette entité. Si les membres ont, une nouvelle fois, fait part de leurs doléances, le dialogue renoué semble ouvrir la voie à une coopération plus fluide.

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