Traitement du cancer : le nivolumab passe à l’injection sous-cutanée
Déjà reconnu comme une avancée majeure en immunothérapie, le nivolumab peut désormais être administré en quelques minutes par voie sous-cutanée. Cette nouvelle formulation, équivalente en efficacité à la perfusion intraveineuse, allège considérablement le parcours de soins pour les patients atteints de cancers.
C’est une avancée médicale et logistique de taille. Le nivolumab, un médicament d’immunothérapie largement utilisé dans le traitement de divers cancers, peut désormais être administré par injection sous-cutanée en 3 à 5 minutes, au lieu d’une perfusion intraveineuse durant jusqu’à 60 minutes. L’annonce a été faite par NHS England (National Health Service England), qui devient ainsi le premier système de santé en Europe à adopter cette nouvelle forme de traitement.
Un gain de temps pour 15 types de cancer
Indiqué pour 15 types de cancer, dont ceux de la peau, du rein, de la vessie, de l’œsophage et de la tête et du cou, ce nouveau mode d’administration est destiné à alléger le parcours thérapeutique des patients tout en optimisant les capacités hospitalières.
En Angleterre, environ 1.200 patients par mois pourraient en bénéficier. Selon les estimations de la NHS, la transition vers l’injection pourrait permettre d’économiser plus de 1.000 heures de soins chaque mois, soit l’équivalent d’une année entière de temps de traitement en cumulé, pour les patients comme pour les professionnels de santé.
Lors des essais cliniques, les patients se sont déclarés largement satisfaits de cette nouvelle méthode, beaucoup la préférant à l’ancienne, plus lourde et plus longue. Environ deux patients sur cinq actuellement sous perfusion pourraient passer à l’injection, et la plupart des nouveaux patients débuteront directement avec la nouvelle formule, selon le NHS.
L’arrivée des premières doses est prévue dès le mois prochain au Royaume-Uni, ajoute la même source.
Comment fonctionne le nivolumab ?
Le nivolumab est un anticorps monoclonal humain qui cible la protéine PD-1, un récepteur présent à la surface des cellules T. En bloquant l’interaction entre PD-1 et ses ligands (PD-L1/PD-L2), le médicament réactive le système immunitaire face aux cellules tumorales, qui utilisent normalement ce mécanisme pour échapper à la destruction. Le résultat : une meilleure reconnaissance et élimination des cellules cancéreuses par l’organisme.
Il ne s'agit pas d'un traitement chimiothérapeutique classique, mais d'une immunothérapie : il stimule les défenses naturelles du corps contre la tumeur, en réactivant une réponse immunitaire spécifique.
La possibilité de l’administrer désormais par injection sous-cutanée représente un gain logistique et humain considérable, tant pour les patients que pour les équipes soignantes.
Une innovation sans coût supplémentaire
Le passage à la version injectable ne représentera aucun coût additionnel pour le système de santé britannique, grâce à un accord conclu avec le laboratoire Bristol Myers Squibb, qui commercialise le nivolumab sous le nom "Opdivo". Une avancée que la NHS inscrit dans une stratégie plus large, articulée autour de trois axes : favoriser les traitements innovants, mieux utiliser les médicaments génériques et biosimilaires, et libérer du temps médical.
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