Cinéma. Les tournages étrangers s’acheminent vers 2 milliards de DH en 2025
Après avoir généré 1,5 MMDH d’investissements en 2024, les tournages étrangers totaliseront plus de 2 MMDH en 2025. Selon Mehdi Bensaïd, le chiffre d’affaires croissant et la création de nouveaux métiers permettront de construire un écosystème pour maîtriser, à terme, toute la chaîne de production et engranger, d’ici 2035, autant d’entrées en devises que la florissante industrie de l’automobile.
"La dynamique de croissance des investissements liés aux tournages de films étrangers s’inscrit en réalité dans notre volonté de construire un écosystème cinématographique qui fera du Maroc une destination incontournable de la production internationale à l’horizon 2035", nous explique le ministre de tutelle Mehdi Bensaid en ajoutant que le chiffre d’affaires du secteur ne cesse d’augmenter depuis son arrivée à la tête du ministère en octobre 2021.
2 MMDH de chiffres d’affaires en 2025
À l’image du tourisme qui avait connu une baisse importante de la fréquentation des marchés internationaux lors de la crise sanitaire de 2020 avant de rebondir à partir de 2022, le nombre de tournages étrangers n’a cessé d’augmenter avec des recettes en devises en très forte croissance après deux années de quasi-paralysie du secteur.
Optimiste sur les perspectives financières de 2025, Mehdi Bensaid prédit que l’année en cours, marquée par une multiplication des productions étrangères désireuses de tourner au Maroc, devrait s'achever avec un chiffre d’affaires d’au-moins 2 MMDH, soit 30% de hausse par rapport à 2024.
Tout en se réjouissant de cette évolution, notre interlocuteur révèle que son département, qui a pour priorité d’augmenter le nombre de jours de tournage dans des régions comme Ouarzazate, n’exclut pas de détaxer les salaires des acteurs étrangers, qui représentent 20% à 30% du budget d’un film.
En dehors de cette disposition pécuniaire à l’étude qui permettra d’encourager les boîtes de production étrangères et les grandes stars bankables à tourner au Maroc, le ministre estime primordial de créer de nouveaux services liés à la post-production dans des studios fermés.
Maîtriser toutes les étapes de conception d’un film
"Si la variété de nos décors naturels attire depuis toujours les cinéastes étrangers, nous souhaitons monter en gamme en termes de technicité avec des services liés aux nouvelles technologies pour qu’ils n’aient plus besoin d’aller en Europe ou aux États-Unis pour boucler le montage de leurs films", explique Mehdi Bensaid. Pour le ministre de la Culture, le Maroc doit devenir, dans la décennie à venir, une destination qui, en dehors du classique volet de tournage de films, maîtrisera l’ensemble de la chaîne de conception.
Pour cela, il estime nécessaire de multiplier les formations de 2 à 3 ans de nouveaux métiers encore inexistants ou émergents, et de développer des partenariats avec des experts étrangers pour initier les jeunes Marocains à la maîtrise d’outils liés aux nouvelles technologies.
En d’autres termes, au lieu de se borner à un produit cinématographique semi-fini, voire brut, la terre de cinéma qu'est le Maroc se doit de construire un écosystème qui proposera l'ensemble des savoir-faire nécessaires à la confection d’un film, du tournage au montage final avant sa projection en salle.
Se distinguer à l'international avec un savoir-faire concurrentiel
Citant l’industrie du gaming qui attire un nombre croissant d’étudiants au Maroc, le ministre affirme que ce domaine voisin de celui des effets spéciaux doit être développé dans le cadre de formations communes en cinéma, qui sont en train d’être mises en œuvre par son département ministériel.
"Contrairement aux autres écosystèmes industriels qui dépendent étroitement du matériel de production, celui du cinéma est surtout lié à l'expertise humaine et, donc, à la qualité des formations qui est au cœur de notre politique de développement", insiste Mehdi Bensaid pour qui, plus il y aura de savoir-faire concurrentiel au niveau du coût, plus les investisseurs répondront présent au Maroc.
Réaliser le même chiffre d’affaires que l’écosystème automobile
Et d’ajouter qu’un nombre croissant de boîtes américaines de gaming, qui travaillent avec des studios de production cinématographiques comme Marvel pour la saga Star Wars, veulent investir au Maroc.
"En mettant en place des partenariats avec les investisseurs qui vont nous permettre de gagner de l’expertise, nous allons optimiser l’offre marocaine avec de nouveaux métiers, et développer par conséquent le taux d’intégration de l’écosystème", annonce Mehdi Bensaid. Cette politique va générer selon lui une dynamique économique positive pour l’État en termes de créations d’emplois et de récolte d’impôts, qui fera du Maroc, à moyen terme, un véritable poids lourd mondial de l’industrie cinématographique.
Tout en estimant possible d’atteindre un chiffre d’affaires de 3 MMDH à la fin de son mandat en 2026, le ministre vise beaucoup plus loin en avançant que la pose actuelle des fondements de l’écosystème cinématographique devrait ouvrir la voie, à l’horizon 2035, à un volume de recettes au moins égal à celui de l’industrie automobile, qui a généré plus de 100 MMDH en 2024.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.