Maroc-Tunisie : victoire marocaine 2-0, un avant-goût de la CAN 2025
En étant à la réception d’un corner (80’), le capitaine de l’équipe nationale du Maroc a arraché la victoire face à la Tunisie, ce vendredi 6 juin à Fès, avant que Ayoub El Kaabi n’aggrave le score d’un sublime tir enroulé (94’). Une rencontre qui a également mis en évidence la marge de progression des protégés de Walid Regragui dans leur quête de la Coupe d’Afrique des nations 2025.
Ce match Maroc-Tunisie a tenu ses promesses. La physionomie de la victoire du Maroc face à la Tunisie (2-0), ce vendredi 6 juin, est un avant-goût de ce qui attend les hommes de Walid Regragui pendant la Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc en décembre prochain. À savoir : des adversaires hargneux, peu d’espace dans le dernier tiers du terrain, ainsi qu’un soutien constant des supporters.
Mais cette rencontre a également mis en relief les difficultés des Lions de l’Atlas à trouver le cadre, tout en soulignant l’importance indiscutable d'Achraf Hakimi en équipe nationale, qui a ouvert le score sur corner à dix minutes de la fin du temps réglementaire. Juste avant la fin du match, Ayoub El Kaabi a doublé le score d'une magnifique frappe enroulée à l'entrée de la surface de réparation sur une passe de Maroan Sanadi (94').

Dans un complexe sportif de Fès plein à craquer, les supporters ont vibré pendant l’hymne national. Ils ont donné le ton d’une rencontre disputée, même si elle n’était pas prolifique en buts. En tout cas, en termes d’âpreté, ce derby maghrébin a tenu toutes ses promesses.
Walid Regragui rencontre la presse après le match du Maroc contre la Tunisie
Un Maroc-Tunisie plein d’enseignements
La rencontre a été tendue comme un arc dès le coup d’envoi. En témoigne l’accrochage entre Montassar Talbi et Sofyan Amrabat. L’intervention de l’arbitre malien Boubou Traoré, qui n’a pas fait le match de sa vie, a calmé les ardeurs des 22 acteurs. Il le fallait pour que les joueurs retrouvent calme et concentration.
Les Marocains ont eu du mal à trouver des points d’appui entre les lignes tunisiennes afin de gagner du terrain, car le bloc adverse fermait les passes intérieures. D’ailleurs, c’est sur une transition rapide amorcée par Adam Masina que les Marocains se sont montrés dangereux pour la première fois, sur une tête de Youssef En-Nesyri, occasionnant un corner sur lequel Bilal El Khannouss a failli tromper le gardien Ayman Dahmane (9’).
Il faut avouer que les Tunisiens ont bien défendu, laissant peu d’espace aux Lions de l’Atlas. Mais à la demi-heure de jeu, Achraf Hakimi a réussi à tromper la vigilance de son adversaire direct. Le récent vainqueur de la Ligue des champions était à la réception d’une transversale millimétrée d’un Azzedine Ounahi en jambe. Il enchaîna contrôle-centre pour trouver la tête de Youssef En-Nesyri d’un centre au cordeau.
Mais l’avant-centre marocain n’a pas trouvé le cadre (30’). Comme transcendé par le fait de jouer devant sa famille et ses amis, le natif de Fès prenait quasiment à chaque fois le dessus sur la charnière tunisienne, qui a éprouvé énormément de difficulté à contrôler ses déplacements. Mais il a manqué de précision dans le dernier geste.
"Youssef a l’habitude de jouer avec un deuxième attaquant de pointe à Fenerbahçe, notamment Edin Džeko. Il pourrait être plus performant sous le maillot de l’EN dans cette configuration, mais mon choix porte sur un avant-centre. Il fait son travail et épuise la charnière centrale par sa combativité et son énergie débordante", a expliqué Walid Regragui en conférence d’après-match.
Toutefois, le manque d’efficacité n’était pas l’apanage du seul Youssef En-Neysiri. Ce fut un peu le cas de tous ses coéquipiers, qui n’ont cadré aucun des six tirs qu’ils avaient tentés en première mi-temps. "On a eu la possession mais contre ce type de défense en bloc bas il faut jouer plus vite et on a aussi eu beaucoup de déchet technique en première mi-temps", a souligné le technicien marocain.
Mais au moins, les Lions de l’Atlas se sont créés des occasions, à l’inverse des Tunisiens, qui n’ont pas existé offensivement (aucun tir en première mi-temps) face à des Lions de l’Atlas dominateurs (65 % de possession). C’était un peu mieux au retour des vestiaires pour les hommes de Sami Trabelsi. Mais ils n’ont pas réussi à tenir la distance.
D’autant que les changements de Walid Regragui ont redonné un coup de fouet à l’attaque marocaine. On pourrait juste regretter le côté brouillon des offensives du Maroc en raison des nombreuses permutations. Aussi, l’attaque était orpheline d’un joueur de rupture, capable en un dribble d’éliminer un ou deux adversaires, à l’image de Abdessamad Ezzalzouli.
En effet, le sélectionneur a étonnamment aligné plusieurs joueurs aux profils similaires au coup d’envoi et qui se sont parfois marché sur les pieds : Azzedine Ounahi, Ismaël Saibari et Bilal El Khannouss. Seul Eliesse Ben Seghir aurait pu apporter de la variété, mais il a tout fait à l’envers, dans la continuité d’une fin de saison loin de son niveau habituel, que ce soit en club ou en sélection.
"Nous avons tenté une nouvelle défense mais aussi une nouvelle attaque avec Ismail Saibari et Eliesse Ben Seghir sur les côtés dans une position de faux dix. Mais en première mi-temps, on jouait beaucoup dans les pieds et on manquait de profondeur", a regretté le sélectionneur.
D’ailleurs, les entrées simultanées de Ayoub El Kaabi et surtout de Soufiane Rahimi ont fait du bien aux Marocains et énormément de mal aux Aigles de Carthage. Moins de cinq minutes après leur entrée, le premier nommé a attaqué la profondeur, obligeant Adam Masina à le trouver d’un long dégagement avant de décaler Soufiane Rahimi, qui a raté le cadre de peu d’un tacle glissé (65’), synonyme du premier tir cadré de l’EN.
Soufiane Rahimi aurait pu enregistrer un deuxième si sa tête croisée n’avait pas frôlé le poteau gauche d’Adam Dahmane (70’). Quelques minutes plus tard, Marouane Sennadi était à deux doigts de fêter sa première sélection par un but si Ayoub El Kaabi ne lui avait pas volé un ballon de la tête au second poteau (79’). Mais il ne lui en a pas tenu rigueur, puisque l’attaquant de l’Athletic Bilbao n’a pas hésité à décaler son coéquipier pour le but du break.
En somme, "c’était une bonne opposition contre une équipe tunisienne difficile à manœuvrer. Malgré les absences et la fatigue accumulée par les joueurs en cette fin de saison, ils ont été au rendez-vous. En particulier les joueurs qui sont sortis du banc de touche. Maintenant, on doit penser au match de lundi contre le Bénin qui est très important pour décrocher une douzième victoire consécutive et battre un record", a conclut le sélectionneur national.
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