La large victoire du Sénégal contre l’Angleterre, signe d’une transition réussie ?
Si le Maroc ambitionne de remporter la Coupe d’Afrique des nations 2025 à domicile, il lui faudra tôt ou tard en découdre avec les plus grandes nations du continent pendant la compétition. À l’image du Sénégal qui a fait forte impression en battant l’Angleterre (3-1) le mardi 10 juin à Nottingham.
Pendant que la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, n’arrivait pas à se défaire d’une équipe du Canada moribonde (0-0), le mardi 10 juin à Toronto, le Sénégal, champion d’Afrique en 2021, réalisait une remarquable performance de l’autre côté de l’Atlantique, en venant à bout de l’Angleterre, à Nottingham (3-1).
Une victoire à l’écho retentissant, mais qui a eu du mal à se dessiner. Menés dès la 7ᵉ minute par l’incontournable Harry Kane qui envoya au fond des filets un tir mal repoussé par Édouard Mendy, les Lions de la Teranga ont réussi à revenir au score juste avant le retour au vestiaire (40’). Une réalisation signée Ismaïla Sarr.
Alors que les Anglais ont baissé de pied en seconde mi-temps, en mettant moins d’engagement et d’intensité dans leurs courses, les hommes de Pape Thiaw ont appuyé sur l’accélérateur pour estoquer leur adversaire sur une action de jeu quasi similaire au but égalisateur (65’).
Les Sénégalais ont pris à défaut une défense anglaise à l’alignement plus que douteux. Habib Diarra était à la conclusion de cet énième mouvement en profondeur des Sénégalais qui ont aggravé le score en fin de match sur un contre grâce à Cheikh Sabaly (93’).
Acquis en l’absence de Sadio Mané, le joueur phare du Sénégal, ce succès est multifactoriel. D’abord, il tient à la supériorité athlétique flagrante des Lions de la Teranga sur les Three Lions. En particulier lors du second acte, où l’entrejeu anglais est apparu émoussé et n’a pas réussi à contrôler les projections des milieux sénégalais.
Ensuite, sur le plan tactique, Iliman Ndiaye et ses coéquipiers ont parfaitement joué le coup en exploitant le manque d’automatisme et de cohésion entre les quatre défenseurs anglais. Composé de Kyle Walker, Trevor Chalobah, Levi Colwill et Myles Lewis‑Skelly, le back‑four aligné par le sélectionneur allemand Thomas Tuchel a souffert d'un manque de communication.

Certes, les Anglais ont eu plusieurs occasions de revenir au score, mais leur défaite aurait pu être beaucoup plus cinglante sans les multiples parades de Dean Henderson. Une chose est sûre, les Sénégalais ont tenu la dragée haute à leur adversaire.
Il faut dire que plusieurs joueurs convoqués par Pape Thiaw n’ont pas été dépaysés. Certains connaissent très bien le football anglais car ils y ont évolué, tandis que d’autres n’ont même pas eu à prendre l’avion car ils étaient déjà de l’autre côté de la Manche :
– Édouard Mendy (ancien de Chelsea, Angleterre) ;
– Seny Dieng (Middlesbrough) ;
– Moussa Niakhaté (Nottingham Forest) ;
– Fodé Ballo-Touré (ancien de Fulham) ;
– Pape Matar Sarr (Tottenham) ;
– Cheikhou Kouyaté (Nottingham Forest) ;
– Idrissa Gueye (Everton) ;
– Ismaïla Sarr (Crystal Palace) ;
– Sadio Mané (ancien de Liverpool) ;
– Nicolas Jackson (Chelsea).
Un renouvellement générationnel à infusion lente
En outre, cet accomplissement valide a priori le renouvellement à infusion lente, entamé par la sélection sénégalaise après une décevante CAN 2023 conclue par une sortie prématurée dès les huitièmes face au futur champion, la Côte d’Ivoire.
"Le Sénégal est dans une phase de transition entre une génération qui a remporté le titre continental en 2021 et la jeune garde qui pousse pour faire sa place. Le succès à la prochaine CAN dépendra de la réussite de cette transition", explique à Médias24 un observateur avisé de la sélection sénégalaise.
En effet, depuis que Pape Thiaw a succédé à Aliou Cissé en décembre 2024, l’effectif n’a pas vraiment été rajeuni. Le technicien sénégalais, qui était de la formidable aventure lors de la Coupe du monde 2002, a opéré des changements par dose homéopathique. Ainsi, contre l’Angleterre, seulement cinq joueurs de l’effectif n’étaient présents ni à la CAN 2023 ni à la CAN 2021 :
– Cheikh Sabaly ;
– Édouard Diouf ;
– Habib Diarra ;
– Iliman Ndiaye ;
– Nicolas Jackson.
Cela dit, ce n’est pas parce qu’un joueur était présent à la CAN 2021 ou 2023 qu’il faisait partie des cadres ou qu’il jouait régulièrement. À l’instar de Pape Matar Sarr, présent lors de l’avant-dernière édition à seulement 19 ans, très peu utilisé, mais qui est désormais considéré comme un élément incontournable.
Idem pour Lamine Camara qui monte clairement en puissance. De fait, Pape Thiaw a pour objectif de constituer un groupe à travers un savant mélange entre des joueurs d’expérience et des jeunes pétris de qualité. Pour preuve, la moyenne d’âge du groupe a quelque peu augmenté entre la CAN 2023 (26,9) et la fenêtre internationale du mois de juin 2025 (27,8).
Suffisant pour prétendre à remporter la 35ᵉ édition du tournoi continental ? L’avenir nous le dira. En tout cas, le Sénégal semble plus avancé dans sa préparation que le tenant du titre ivoirien. Plus encore que l’Algérie, qui a sombré pendant la première heure de jeu en Suède (0-4), avant de se reprendre pour finalement s’incliner (3-4).
Futur adversaire du Maroc dans la poule A de la CAN 2025, le Mali s’est aussi incliné en République démocratique du Congo (0-1). Les Comores ont également subi un revers face au Kosovo (2-4), alors que la Zambie a fait match nul face au Botswana (3-3).
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