Essaouira renoue avec la magie du Festival Gnaoua
Pour sa 26e édition, la soirée d’ouverture du Festival Gnaoua a offert au public une immersion au cœur des rythmes du monde, mêlant traditions gnaouies, percussions africaines et sonorités jazz.
Sous un ciel étoilé bercé par la rosée nocturne et les embruns de l’Atlantique, la ville d’Essaouira a renoué avec la magie du Festival Gnaoua, qui s'est ouvert ce jeudi 19 juin par une parade haute en couleur, ouvrant ainsi le bal de trois jours de festivités.
Bien plus qu'un événement musical, le Festival Gnaoua incarne "une célébration du patrimoine, du dialogue et de l’humanité partagée", a déclaré sa productrice Neila Tazi.
À travers ce festival, "nous souhaitons offrir non seulement des performances, mais aussi des rencontres, un espace où les cultures s’écoutent, les traditions sont honorées et où de nouveaux chemins artistiques se dessinent", a-t-elle poursuivi, notant qu'il représente un exemple vivant de la manière dont la culture peut bâtir des ponts au-delà des différences.

Sur la scène Moulay Hassan, les couleurs rouge, jaune et vert dominaient l’espace, donnant le ton d’un spectacle où les cultures dialoguent par la musique. La médina a été transformée pour l’occasion en scène à ciel ouvert.
Le voyage musical a démarré avec Hamid El Kasri, figure emblématique de la tagnaouite, qui a livré une performance magistrale. Il était accompagné de la Compagnie Bakalama, troupe sénégalaise aux danses traditionnelles envoûtantes et aux percussions puissantes avec des sabar et djembé, faisant résonner l’Afrique jusqu’au cœur d’Essaouira.

À leurs côtés, la chanteuse Abir El Abed a offert un souffle poétique et métissé, entre andalou et gnaoua, tandis que la voix grave et vibrante de Kya Loum, imprégnée de rock, soul et jazz, a capté toute l’attention du public.
La soirée s’est poursuivie avec une autre fusion audacieuse : celle de Maâlem Houssam Gania, héritier de l’immense Mahmoud Gania et gardien d’une tradition séculaire, et du batteur américain Marcus Gilmore. Ensemble, ils ont livré un dialogue percussif subtil, où le guembri ancestral croisait les envolées rythmiques d’un jazz contemporain habité.
Le Joudour Project de Majid Bekkas est venu clore cette première soirée. Pionnier de la fusion gnaoua-jazz depuis les années 1980, Bekkas démontre la richesse de son concept African Gnaoua Blues, en tissant des passerelles entre la transe gnaouie, le blues africain et les improvisations jazz.
Tout au long de la soirée, les spectateurs se sont laissés porter, tantôt guidés par les frappes vibrantes des tambours africains, tantôt envoûtés par les notes profondes du guembri. Mais, tous réunis sous le ciel d’Essaouira, dansaient, chantaient, respiraient cette ambiance unique qu’offre chaque année le Festival Gnaoua.
Un rendez-vous incontournable pour les maâlems et les passionnés de Gnaoua, mais aussi pour tous les amateurs de musiques du monde, de spiritualité douce et de good vibes.
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