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Ce que pensent les élus de la ville ocre du plan d’aménagement Marrakech-Ouest

Après la finalisation de la phase de l'enquête publique, le conseil communal de la ville a récemment adopté le plan d'aménagement de Marrakech-Ouest, couvrant la partie ouest de Guéliz et l'arrondissement de Ménara, dernière étape avant son approbation finale.

Ce que pensent les élus de la ville ocre du plan d’aménagement Marrakech-Ouest
Exposition du plan d'aménagement de Marrakech Ouest et M'hamid Sud au hall de l'hôtel de ville de Marrakech
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Le 1 juillet 2025 à 12h10 | Modifié 1 juillet 2025 à 15h31

En marge d’une session extraordinaire tenue le lundi 23 juin 2025, le conseil communal de la ville de Marrakech a adopté à l’unanimité le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest qui couvre un vaste secteur correspondant à 40% de la superficie totale de Marrakech, relevant de l'arrondissement de Ménara et de la zone ouest de Guéliz.

Ce que pensent les élus de la ville ocre du plan d’aménagement Marrakech-Ouest
Ordre du jour de la session extraordinaire du conseil de la commune de Marrakech du 23 juin 2025.

L'adoption de ce projet par les élus de la ville a été précédée d'une enquête publique, close le 11 juin 2025, et qui a permis aux citoyens de formuler leurs remarques et observations.

En phase d’approbation finale, le plan d’aménagement de Marrakech Ouest est remis entre les mains du département ministériel chargé de l'urbanisme, qui devrait statuer sur les remarques soulevées par les citoyens et les élus, en coordination avec l’agence urbaine et la commune.

Une fois les modifications intégrées, un décret, proposé par le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, sera publié au Bulletin officiel et permettra de déclarer l'utilité publique pour la construction des équipements prévus dans le plan, tels que la voirie, les espaces verts et les infrastructures publiques (article 28 de la loi 12-90 relative à l'urbanisme).

Nos précédentes publications ont détaillé ce nouveau plan d'aménagement, mettant en lumière ses principales composantes : huit nouveaux projets urbains conçus pour redynamiser l'ouest de la ville, le nouveau zonage urbain et les interventions urbanistiques programmées pour les six prochaines années, ainsi que les prescriptions architecturales qui y sont intégrées.

Choix adoptés : les explications du directeur de l'Agence urbaine

Amine Belqasmi Idrissi, directeur de l’Agence urbaine de Marrakech, a expliqué que le plan d’aménagement de Marrakech-Ouest a suivi un long processus de préparation avec la consultation de plus de 20 intervenants institutionnels et qui, durant la tenue de la commission technique locale en octobre 2024, a permis de recueillir plus de 300 avis étudiés techniquement et profondément.

Ce nouveau plan d'aménagement, conçu pour accompagner le développement de cette zone stratégique de 9.000 hectares, intègre 534 équipements publics s'étendant sur 551 hectares. En plus des 284 espaces publics existants (51 hectares), il prévoit l'ajout de 200 hectares supplémentaires d'espaces publics.

Amine Belqasmi Idrissi a précisé que le nouveau plan d'aménagement de Marrakech-Ouest repose sur plusieurs déterminants clés. Premièrement, sa localisation au sein du Grand Marrakech, une métropole d'envergure internationale qui accueillera, en tant que ville hôte, la Coupe du monde 2030. Deuxièmement, plusieurs chantiers et programmes en cours, notamment le programme "Villes sans bidonvilles" au sein du périmètre de ce document.  Troisièmement, il intègre les différents enjeux de la durabilité et de l'environnement.

Afin de répondre effectivement à ces déterminants, le nouveau plan d’aménagement a mis en avant huit projets urbains. Le directeur de l’Agence urbaine a souligné que ce sont des zones qui, soit nécessitent une redéfinition de leur fonction urbaine devenue obsolète, soit sont situées aux entrées de la ville, soit se trouvent à proximité d'infrastructures structurantes à l'échelle urbaine, exigeant une réflexion plus approfondie et, au-delà d'un simple zonage, une programmation opérationnelle consensuelle qui requiert une forme d'innovation dans leur développement.

"Nous avons introduit ce concept de projets urbains, qui permet une approche plus flexible. Il ne contraint pas ces zones à un zonage rigide et figé pour les dix prochaines années, mais offre au contraire la flexibilité nécessaire pour s'adapter aux diverses évolutions futures. Leur gestion sera confiée à une gouvernance locale qui valide les orientations d'aménagement spécifiques à ces zones", a déclaré Amine Belqasmi Idrissi.

Ce nouveau plan d’aménagement aborde également un second défi important pour Marrakech à l’approche de ses prochaines échéances internationales, à savoir la fluidité et la mobilité urbaines. Trois axes de développement ont été précisés :

  1. Relier les infrastructures clés dédiées à la Coupe du monde par des axes routiers structurants : stade, gares ferroviaires (ancienne et nouvelle), gare routière, aéroport et zones touristiques…
  2. Intégrer une stratégie d’interconnexion des extensions urbaines du Grand Marrakech, notamment via la rocade urbaine et son raccordement aux différents quartiers.
  3. Renforcer l’accessibilité des futures zones en développement périphériques.

En ce qui concerne l'habitat insalubre, Amine Belqasmi Idrissi a indiqué que 150 zones avaient été recensées et classifiées aux périmètres de ce document. Chaque zone sera traitée d’une manière convenable (restructuration, requalification…), qui permettra aux autorités de disposer des outils juridiques nécessaires pour agir efficacement et assurer la réussite du programme "Ville sans bidonvilles" à Marrakech.

Le président de l’arrondissement Ménara envisagela prise en compte d'un grand nombre d'observations

Pour sa part, le président de l’arrondissement de Ménara a indiqué que ce nouveau document était très attendu par les habitants de Marrakech. "Un outil qui stimulera l’investissement, débloquera un ensemble de projets routiers, créera des espaces industriels, commerciaux et économiques, et dynamisera l’activité de la ville".

Cependant, Abdelouahed Chafaqi a émis des réserves et des remarques quant à cette version du plan d’aménagement et espère que les observations seront prises en considération, étant donné leur importance et leur nécessité.

"Il y a là une contradiction que je ne comprends pas. L'expansion urbaine, comme nous le disons, consiste à tailler et à étendre la ville. Nous ne devrions pas aller aux limites de Marrakech pour y développer l'urbanisation tout en laissant des zones non exploitées au cœur de la ville. Laisser le cœur de la ville à l'arrêt et en friche est une contradiction majeure et incompréhensible", a-t-il fait observer.

La remarque du président de l'arrondissement de Ménara pointe particulièrement la présence de zones agricoles mitoyennes d'habitations au sein de l'arrondissement de Menara, une situation pour laquelle l'agence urbaine a choisi de maintenir leur vocation agricole dans le nouveau plan. Il propose cependant d'allouer une zone stratégique où le comité de gouvernance pourra décider comment résoudre ce problème, plutôt que de laisser ces terrains exposés à de potentielles spéculations futures.

"Le caractère rural au sein du périmètre urbain est inacceptable si nous parlons d'une ville. Comment pouvons-nous parler de zones rurales au sein du périmètre urbain ? Demain, d'un point de vue pratique, comment vais-je le gérer ? Vais-je le gérer avec des tentes ou avec des logements ?" a ajouté Abdelouahed Chafaqi.

De leur côté, les élus de l’arrondissement ont également émis des remarques, en espérant qu'elles seront prises en compte lors de la préparation de la version finale de ce document. Parmi ces remarques figurent :

– Le zonage actuel qui présente une anomalie : des immeubles de type R+5 ou R+3 se trouvent directement aux côtés de zones villas. Une situation qui nécessite une correction future pour assurer une meilleure cohérence urbaine.

– Une indemnisation insuffisante des habitants de certains douars et des logements menaçant ruine. Cette situation risque de faire proliférer l'habitat insalubre dans d'autres zones et d'entraver les efforts déployés.

– L'importance d'encourager concrètement les promoteurs à s'engager dans la lutte contre l'habitat insalubre. Des mesures incitatives claires doivent être mises en place pour favoriser leur implication dans ces projets de restructuration et de requalification urbaines.

– La possibilité d'autoriser, au sein du règlement, une flexibilité quant à la vocation des équipements. Cela permettrait de saisir d'autres opportunités si le projet d'affectation initiale n'est pas concrétisé.

Rappelons que durant la phase d'enquête publique, du 12 mai au 11 juin 2025, 783 observations et oppositions ont été enregistrées par les citoyens. Bien que le conseil ait adopté le projet de plan d'aménagement à l'unanimité, des recommandations du conseil communal de Guéliz lors de la session normale tenue en juin 2025, et une requête par l'arrondissement de Menara ont été émises pour que la version finale du plan d'aménagement prenne en considération plusieurs remarques soulevées.

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Le 1 juillet 2025 à 12h10

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