OCP met en service un pipeline d’eau dessalée de 200 km entre Jorf Lasfar et Khouribga
Décrite comme "une prouesse technologique et opérationnelle", la nouvelle infrastructure permet désormais d'acheminer de l’eau dessalée sur plus de 200 kilomètres, depuis la côte atlantique jusqu’au cœur du principal bassin phosphatier marocain.
Le groupe OCP vient d'annoncer dans un communiqué diffusé ce lundi 14 juillet la mise en service par sa filiale en charge du développement, de la production et de la commercialisation d’eaux de sources non conventionnelles, OCP Green Water (OGW), du pipeline Jorf–Khouribga (J2K), reliant la station de dessalement de Jorf Lasfar au site minier de Khouribga.
Il s'agit, selon le groupe, d'une infrastructure majeure qui "permet désormais d'acheminer de l’eau dessalée sur plus de 200 kilomètres, depuis la côte atlantique jusqu’au cœur du principal bassin phosphatier marocain".
Le pipeline J2K repose sur la mobilisation d’une eau non conventionnelle, "rendue possible par l’usage exclusif d’une énergie renouvelable à bas coût dans les processus de production, ainsi que par l’introduction continue d’innovations et d’améliorations dans l’ingénierie et la conception des projets", poursuit la même source.
Ces avancées, ajoute-t-on, sont portées par OGW, les entités techniques du groupe et appuyées par plusieurs programmes de recherche menés à l'université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), notamment au sein de ses laboratoires spécialisés dans l’eau et l’énergie.
Au-delà de sa vocation industrielle, ce projet à grande échelle contribue aussi à l’effort national de lutte contre le stress hydrique, affirmant "une convergence stratégique entre ambition industrielle, efficience énergétique, innovation et engagement sociétal, en parfaite harmonie avec l’ADN du Groupe OCP".
Le groupe OCP rappelle qu'il a été sollicité par l’État en 2022 pour participer à la réponse à l’urgence hydrique qui touche le pays depuis 2018. En moins de trois ans, le programme OCP Green Water a permis d’approvisionner en eau potable les villes de Safi, d'El Jadida, puis de Casablanca Sud.
Avec l’entrée en service du pipeline Jorf–Khouribga (J2K), "Khouribga bénéficiera à son tour, dans une deuxième phase, de cette eau dessalée pour répondre à ses besoins en eau potable, en complément de ses besoins miniers".
Un ouvrage de pointe réalisé en un temps record
Long de plus de 200 kilomètres, ce pipeline est alimenté par une nouvelle unité de dessalement réalisée au niveau de la plateforme de Jorf Lasfar, dédiée à l’alimentation de Khouribga, permettant le transfert d’une capacité d’eau dessalée de 80 millions de m³ par an. Il devient ainsi le premier ouvrage du genre au Maroc à permettre le transfert d’eau dessalée sur une telle distance.
Selon la communication de l'OCP, l'ouvrage a été conçu avec le concours de JESA et de cabinets d’ingénierie de renommée mondiale et réalisé par un groupement d’entreprises marocaines sélectionné à l’issue d’un appel d’offres international. En outre, une synergie stratégique entre les expertises d’OGW, JESA et du Groupe OCP, renforcée par un savoir-faire international, a permis de "surmonter des défis techniques majeurs et d’achever la réalisation du projet en un temps record de 24 mois".
Au-delà de ses performances techniques et des efforts de R&D déployés, le projet a généré des retombées économiques et sociales notables. Sur le plan de l’emploi, le chantier a mobilisé environ un million de jours-homme, soit l’équivalent de 1.300 emplois en moyenne par jour pendant deux ans, avec un taux de 85 % de main-d’œuvre locale, affirme le groupe OCP. En phase d’exploitation, 100 emplois permanents sont créés, contribuant à la dynamique socio-économique du territoire.
À Benguerir, les installations du groupe OCP alimentées depuis la STEP de Marrakech
Par la même occasion, OGW a annoncé l’entrée en service, depuis le 15 juin 2025, du pipeline d’alimentation du site minier de Gantour (Benguerir-Youssoufia) par des eaux usées traitées, transférées depuis la station de traitement des eaux usées (STEP) de Marrakech. Ce projet structurant a été réalisé en moins d’un an, un temps record, grâce à une collaboration étroite avec le ministère de l’Intérieur et la Société régionale multi-services (SRM) de la région Marrakech–Safi.
L’eau traitée est acheminée sur plus de 80 km pour atteindre le site minier de Gantour, qui devient ainsi totalement autonome en eau non conventionnelle. Avec ces réalisations, l’objectif d’autonomie totale en eau non conventionnelle du groupe OCP, initialement fixé pour 2027, "est atteint avec deux ans d’avance, en 2025, grâce à une combinaison de projets de dessalement, de traitement des eaux usées et de transferts hydrauliques".
Prochain cap, le pipeline Safi–Gantour et l’eau potable pour Marrakech, Benguerir et Youssoufia
Ces réalisations s’inscrivent dans la stratégie industrielle du groupe OCP centrée sur la durabilité et viennent en soutien à la stratégie nationale de souveraineté hydrique, à laquelle OGW apporte une contribution significative. Son objectif premier reste "la sécurisation durable des besoins du Groupe OCP en eau non conventionnelle, en assurant l’autonomie pérenne de ses sites industriels et miniers".
Le prochain jalon de cette ambition sera "la mise en service, dès 2026, du pipeline Safi–Gantour (S2G)", qui reliera la nouvelle station de dessalement de Safi, en cours de réalisation, aux nouvelles plateformes industrielles et minières de Mzinda, Benguerir et Louta, tout en assurant l’approvisionnement en eau potable de la ville de Benguerir. Idem pour Marrakech et Youssoufia, dont l’alimentation en eau potable sera assurée, comme convenu avec les pouvoirs publics, à partir de la nouvelle station de dessalement OCP Green Water de Safi, via une autre conduite reliant Safi et Marrakech, en cours de réalisation par la SRM-MS, conclut-on.
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