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Pétrole et gaz : quel est le potentiel du Maroc ?

ROUNDUP. Les récentes découvertes au Maroc ont ouvert l’appétit pour des découvertes plus consistantes capables de hisser le Maroc parmi les grands producteurs d’hydrocarbures. Peut-on vraiment trouver mieux ?

Pétrole et gaz : quel est le potentiel du Maroc ?
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Le 10 août 2025 à 15h30 | Modifié 10 août 2025 à 14h56

Le démarrage proche du champ gazier de Tendrara, dans la région de l'Oriental, est l'aboutissement de plusieurs années de développement. Il est également le fruit d'efforts menés depuis le début du millénaire, mais aussi sur les explorations du siècle dernier qui ont mené aux découvertes de petites exploitations dans le Gharb et à Meskala.

Malgré le va-et-vient de nombreuses entreprises d'exploration, notre pays dispose d'un potentiel non découvert important en onshore et en offshore pour le pétrole, le gaz, ainsi que pour les ressources non conventionnelles comme le gaz de schiste et, plus récemment, l'hydrogène naturel. Ces ressources nécessitent toutefois des investissements conséquents pour localiser avec précision les meilleures opportunités.

L'exploration d'hydrocarbures n'est pas une tâche simple qui se résume à des forages. C'est un processus de plusieurs années de recherche pour identifier les zones les plus prometteuses en matière de ressources.

Exploration pétrolière au Maroc : quel potentiel?

Ces dernières années, une dynamique importante de nouvelles découvertes a été observée dans la région offshore ouest-africaine, qui concentre environ 60% des récentes découvertes mondiales, comme en témoignent les cas de la Mauritanie, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et du Ghana. Une question se pose alors : pourquoi pas le Maroc ?

À ce jour, les découvertes confirmées se limitent au gisement gazier de Tendrara en onshore, dont le potentiel est estimé à 10,6 milliards de mètres cubes, et au champ d'Anchois en offshore, où des ressources contingentes d'environ 18 milliards de mètres cubes de gaz naturel ont été identifiées, en attente de développement.

Ces découvertes s'ajoutent aux champs historiques du Gharb et de Meskala, où l'on produit principalement du gaz naturel comprimé destiné aux industriels ainsi que du condensat. La production moyenne y était autrefois de 100 millions de mètres cubes avant de chuter à seulement 40 millions de mètres cubes en raison de l'épuisement progressif des réserves au demeurant très modestes.

Les découvertes récentes de Tendrara et Anchois ne seront probablement pas les dernières, car le potentiel inexploré reste considérable, tant en onshore qu'en offshore. De nombreux prospects et indices présentant un potentiel significatif en hydrocarbures ont déjà été identifiés à travers le pays.

Pétrole et gaz : quel est le potentiel du Maroc ?
Carte montrant la répartition des prospects de gaz et de pétrole au Maroc (Source : ONHYM)

Les prospects gaziers se concentrent principalement dans les bassins onshore des Hauts Plateaux (zone de la découverte de Tendrara), de Missour, d'Assa-Zag, de Doukkala-Abda, du Gharb et d'Essaouira, ainsi qu'en offshore au nord du Maroc (région du champ d'Anchois).

En revanche, les prospects susceptibles de contenir du pétrole sont localisés le long de la côte, depuis la Méditerranée jusqu'à l'Atlantique. Cependant, aucune découverte majeure de pétrole n'a encore été faite.

Il est important de préciser que ces prospects présentent des caractéristiques géologiques favorables à l'accumulation d'hydrocarbures, mais leur contenu exact reste inconnu en l'absence de forage, selon le principe bien connu en exploration : "il faut forer pour savoir".

Le défi majeur de l'ONHYM consiste à convaincre les compagnies d'exploration d'investir dans un pays où aucune découverte majeure n'a encore été enregistrée. Les récentes découvertes, bien que modestes, pourraient néanmoins renforcer l'attractivité du Maroc pour les compagnies d'exploration. Il est donc important de maintenir un rythme soutenu des travaux d'exploration, tant en onshore qu'en offshore, car les premières trouvailles, même limitées, peuvent parfois déclencher une série de découvertes plus importantes.

Le potentiel offshore promoteur du Maroc

L’Atlantique du Maroc continue d’attiser les convoitises des compagnies internationales d’exploration pétrolière et gazière. Avec son potentiel encore largement inexploité et des conditions géologiques favorables, cette zone suscite un intérêt croissant. Actuellement, Le major d’exploration américain ESSO mène des prospections sur un vaste périmètre offshore, s’étendant de Safi au nord jusqu’à Tarfaya au sud, dans l’espoir d’y découvrir des gisements commercialisables.

Long de 3.000 kilomètres, l’offshore atlantique demeure encore largement sous-exploré. Depuis 1968, seuls 45 puits ont été forés dans l’Atlantique, ce qui représente une moyenne d'environ un forage par 7.974 km² sur l'ensemble de la superficie du bassin atlantique.

Les premières découvertes de pétrole au Maroc ont eu lieu à terre, dès les premières années du protectorat. Il a cependant fallu attendre la période de 1968 à 2004 pour que les premières traces de pétrole soient trouvées en mer. Ces indices étaient trop faibles pour révéler des réservoirs d'hydrocarbures commercialement exploitables.

Après les premiers suintements de 2004, des résultats plus encourageants ont été enregistrés entre 2013 et 2018. Trois puits forés en 2013, 2014 et 2015 ont révélé la présence de gaz et de condensats dans des grès à faible épaisseur. Par ailleurs, sur cinq puits forés entre 2014 et 2018, trois ont montré des indices d’huile.

Par zones de découvertes, ces puits qui ont révélé des accumulations pétrolières mineures ont prouvé l'existence de systèmes pétroliers actifs :

  • Dans la région de Tarfaya, le puits Mo-2 a mis en évidence du pétrole lourd, tandis que le puits Mo-8, situé dans la même zone et la même structure salifère, a rencontré du pétrole léger.
  • Dans la région de Sidi Ifni, le puits SM-1 a permis de découvrir des hydrocarbures, mais les tests de production se sont avérés non concluants.
  • Dans la région d’Agadir, le puits BTS-1, quant à lui, a enregistré des indices d’huile dans les argiles du Crétacé supérieur.

En somme, le Maroc est logiquement bien placé pour une découverte majeure. L'enjeu pour l'ONHYM est non seulement de couvrir toutes les zones d'exploration par des permis, mais également de bien choisir les compagnies d’exploration. Celles-ci doivent être capables d'investir non pas dans un seul puits, mais dans plusieurs, une capacité qui est généralement l'apanage des grandes compagnies.

Actualités de l'exploration et de la production d'hydrocarbures au Maroc en 2025

  • Le ministère de la Transition (MTEDD) s'apprête à lancer, durant le second semestre 2025, un appel d'offres pour la première phase de développement de l'infrastructure gazière du Maroc.
  • Le champ de Tendrara, opéré par Mana Energy, devrait entrer en production de gaz naturel fin 2025. La première phase de ce projet permettra de produire 100 millions de mètres cubes par an.
  • Sound Energy et Mana Energy devront finaliser les études pour le lancement de la deuxième phase de Tendrara, qui permettra d'augmenter la production pour une utilisation destinée à la production d’électricité.
  • Sur la licence de Guercif, la compagnie britannique Predator prévoit un nouveau forage avant la fin de l'année pour tenter de débloquer la production du gaz biogénique destiné à des utilisations industrielles.
  • Genel Energy s'est retirée du Maroc en juin 2025, n'ayant pas réussi à trouver de partenaire pour financer le puits Banasa-1.
  • La compagnie américaine Esso Exploration développe deux licences offshore : Safi-Essaouira au nord et Agadir-Ifni au sud, couvrant une superficie totale de 130.064 km².
  • La compagnie américaine Hunt Oil a obtenu une prolongation de deux ans pour sa licence offshore Mogador, située entre Essaouira et Agadir. Cette prolongation est valable jusqu'au 3 janvier 2027.

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Le 10 août 2025 à 15h30

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