Le Portugal veut une connexion électrique directe avec le Maroc pour sécuriser son réseau
Après la panne géante du 28 avril qui avait touché près de 60 millions de personnes dans la péninsule ibérique, Lisbonne prépare un plan de 400 millions d’euros pour réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de l’Espagne et renforcer ses liens avec le Maroc.
Le gouvernement portugais veut mettre fin à sa vulnérabilité énergétique révélée lors du blackout du 28 avril. Ce jour-là, une coupure massive avait plongé la péninsule ibérique dans le noir, montrant que le réseau portugais dépendait presque entièrement de l’Espagne, dont il importait environ 33% de sa consommation électrique, selon le journal espagnol El Debate.
Pour éviter une nouvelle crise, la ministre de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, a annoncé l’étude d’un plan de 400 millions d’euros. Celui-ci vise à renforcer la sécurité du système électrique et à créer une interconnexion directe avec le Maroc. La responsable a confirmé que des contacts préliminaires avaient déjà eu lieu et qu’une première rencontre entre les deux pays sera bientôt organisée.
Le Maroc, partenaire énergétique clé
Lors de la panne d’avril, le Maroc avait joué un rôle clé en soutenant l’Espagne avec 900 mégawatts d’électricité grâce à la liaison sous-marine Tarifa-Fardioua, opérationnelle depuis 1997 et renforcée en 2006. Rabat avait mobilisé 38% de sa production pour aider son voisin, ce qui a renforcé son image de partenaire fiable. Aujourd’hui, Lisbonne envisage de rejoindre ce réseau d’interconnexions dans lequel le Maroc coopère déjà avec d’autres pays européens, notamment l’Allemagne et le Royaume-Uni.
En parallèle, le Portugal prévoit de multiplier par 60 sa capacité de stockage en batteries, passant de 13 à 750 mégawatts, afin d’augmenter sa résilience face aux crises futures. Cette stratégie traduit la volonté de Lisbonne de diversifier ses sources et de réduire son exposition aux failles de la seule interconnexion espagnole.
De son côté, l’Espagne peine à réagir. Le décret-loi présenté après la crise pour moderniser le réseau a été rejeté au Parlement, retardant des mesures essentielles comme le développement du stockage ou l’amélioration des infrastructures. Une situation qui contraste avec la dynamique portugaise et qui pourrait freiner l’intégration des énergies renouvelables, déjà majoritaires dans la production électrique espagnole.
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