Le retour du dollar faible : une opportunité à saisir par le Maroc !
Le recul du dollar rappelle au Maroc l’épisode 2001-2008, marqué par une forte croissance et des excédents extérieurs. À l’inverse, la période 2008-2022 a montré les limites d’un dirham rigide. Le cycle actuel pourrait rouvrir une fenêtre de compétitivité pour l’économie nationale.
Le cycle actuel de baisse du dollar ravive un souvenir encore frais dans l'histoire économique moderne du Maroc. Entre 2001 et 2008, l'économie marocaine évoluait déjà à un rythme jamais égalé.
Le PIB, indice de la richesse nationale, a plus que doublé en l'espace de huit ans, passant de 44 à 101 milliards de dollars. Autre fait rare : c’est la seule et unique fois où le pays a enregistré des excédents successifs au niveau de sa balance des devises (balance des paiements).

Néanmoins, à partir de 2008 et jusqu’à 2022, la tendance s'est radicalement inversée. Le dollar reprend son hégémonie et repart à la hausse sous l’effet combiné du climat d’incertitude dans lequel gisait le monde à la suite de la crise des subprimes de 2007, puis celle de la zone Euro et de la dette grecque en 2015.
Pour de nombreux pays émergents, c'était le timing idéal et l'occasion propice pour amorcer une attaque commerciale sans précédent. Un dollar cher équivaut à une devise locale faible et donc à des prix agressivement compétitifs à l’exportation. La Chine, la Turquie, le Mexique, la Thaïlande, le Brésil et le Vietnam ont tous joué cette carte, au point de se livrer à une véritable guerre monétaire sur qui pourrait atteindre les limites de la dévaluation.
Une guerre monétaire qui va essouffler les USA, l'Europe, et dont les effets seront ressentis également chez les pays à monnaie rigide, ceux dont la devise nationale résiste à la dépréciation.
Pendant ce temps, le Maroc, lui, est resté ligoté à un régime de change quasi rigide (système de panier). Le dirham ne pouvait baisser que très modestement ; parfois même, il s’appréciait sans motif clair.
Résultat : aggravation du déficit commercial avec tous les partenaires – Turquie, Chine, Égypte et l’ensemble de l’Asie – et perte relative des parts de marché dans le tourisme et autres, y compris dans des débouchés historiques à l'instar de l'Europe et des USA. Avec pour seule exception, les phosphates et l'automobile.
Un dollar faible peut devenir une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie marocaine
De 2008 à 2022, le PIB du Maroc trébuchait et augmentait d'à peine 30% sur un espace temporel plus vaste de quinze ans, en comparaison d'une hausse de 130% en seulement huit ans durant la période qui avait précédé.
Mais, aujourd'hui, le pire semble derrière nous et l’histoire est sur le point de se répéter. La configuration actuelle rappelle la parenthèse ouverte au début des années 2000 où un dollar faible peut devenir une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie marocaine.
Ainsi, de vastes secteurs et branches pourvoyeurs d’emploi, autrefois délaissés, ont l’opportunité de renaître comme l’industrie du papier, le textile, le cuir, les produits artisanaux, l’électroménager, la métallurgie, l’agroalimentaire... et la liste est longue.
En effet, un affaiblissement du dollar entraîne généralement une forte appréciation des autres devises. Or, dans le cas du Maroc, cette appréciation est partiellement amoindrie par la pondération du panier à 20% (relevée plus tard à 40%). Cela dit, en règle générale, quand le dollar se déprécie de 10% (c’est le cas de l’indice DXY depuis le début de l’année en cours), les autres devises des concurrents tendent à s’apprécier d’autant, voire plus, sous l’effet du déplacement des capitaux "chauds".
Le dirham, quant à lui, ne peut s’apprécier que moyennement, limité en partie par sa pondération face au dollar. Si cette tendance à la baisse du billet vert se poursuit pendant plusieurs années, la lente appréciation du dirham pourrait, à terme, soutenir la croissance économique nationale et devenir un véritable levier de compétitivité commerciale. Et c’est à partir de là que le panier devient un véritable atout.
Dans le scénario inverse, le dirham fort pénalise le made in Morocco en rendant les produits marocains plus chers et moins compétitifs face aux importations. Creusant ainsi le déficit extérieur et accentuant le besoin en financement de la balance des paiements. Au final l’épargne nationale recule, entraînant l’essoufflement de l’investissement, et donc de la croissance. C’était la configuration observée durant le deuxième cycle.
Alors que tous les indicateurs macroéconomiques vacillaient et que la rareté des devises pressait, les décideurs économiques se sont retrouvés dans l’incapacité de laisser le dirham se déprécier. Face à l’étroitesse des marges de manœuvre, il ne leur restait qu’une seule option : recourir à la ligne de précaution et de liquidité du FMI pour financer une facture importatrice qui devient année après année asphyxiante et incontrôlable.
L’expérience commerciale du Maroc est riche en leçons. Elle nous enseigne qu’une monnaie n’est pas uniquement un simple outil de stabilité. Elle peut être un puissant levier de croissance ou un fardeau qui asphyxie l’économie. À nous de choisir !
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