Carte 2025 de l'emploi féminin : Meknès en tête, les provinces rurales décrochent
Il existe de grands écarts dans l’emploi féminin selon les provinces. À Meknès, Tanger ou Marrakech, plus d'un tiers des emplois sont occupés par des femmes. Alors que Driouch ou Taounate restent très en retard. L’écart vient surtout de la différence entre provinces à dominante urbaine et provinces à dominante rurale.
La dernière édition de la Cartographie des établissements économiques, publiée en mars 2025 par le haut-commissariat au Plan (HCP), offre une radiographie détaillée de l’emploi au Maroc.
Parmi les indicateurs les plus révélateurs, figure la part de l’emploi féminin dans l’emploi total, par province.
Au-delà des chiffres globaux présentés à l’échelle régionale, l’analyse provinciale révèle des écarts profonds qui traduisent une participation très inégale des femmes à l’économie.
Meknès en tête, suivie par les grands pôles urbains
La province de Meknès affiche l’un des taux les plus élevés du pays. 35,5% des emplois de la province sont occupés par des femmes, soit une proportion qui dépasse largement la moyenne nationale.
Meknès concentre un tissu important d’activités industrielles et de services, où les femmes sont davantage représentées. Elles représentent 55,9% dans l’industrie et 39% dans les services.
Derrière Meknès, on retrouve la province de Tanger-Assilah avec une part de l’emploi féminin de 34,2%, suivie des provinces de Marrakech (32%), Kénitra (31,8%), Rabat (31,7%) et Casablanca (31,2%).
Ces pôles urbains concentrent des services modernes, des industries légères et des administrations, autant de secteurs où la présence des femmes est plus visible.
Casablanca se distingue aussi en valeur absolue, avec plus de 228.000 femmes en emploi, et la métropole constitue le principal bassin d’emplois féminins du pays.


L’emploi féminin recule dans les provinces à dominante rurale
À l’opposé, certaines provinces affichent des parts extrêmement faibles. À Driouch, la part de l’emploi féminin dans l’emploi total ne dépasse pas 9,4%.
De même, les provinces de Taounate (12,7%), Al Hoceima (14,6%), Ouazzane (15,4%) et Azilal (15,4%) enregistrent également des taux très bas. Dans ces régions, le tissu productif reste dominé par le commerce ou encore la construction, des secteurs où l’emploi féminin est structurellement limité.
Il convient de souligner que dans les préfectures et les centres urbains, la part de l’emploi féminin dépasse fréquemment 30%, tandis que dans les territoires à forte composante rurale, elle plafonne souvent à un maximum de 20%.Là où dominent l’industrie et les services, l’emploi féminin progresse ; ailleurs, il reculeL’analyse met en évidence un pattern qui explique les écarts dans la part de l’emploi féminin. Tout dépend de la structure économique de chaque province.
Dans les provinces où l’industrie et les services dominent, les femmes occupent une place importante dans l’emploi. À l’inverse, dans les provinces où le commerce et la construction restent prépondérants, la part de l’emploi féminin chute fortement.
Les données du HCP mettent ainsi en évidence une géographie de l’emploi féminin à deux vitesses, opposant un Maroc moderne et diversifié à un Maroc périphérique où les femmes demeurent largement en marge de l’activité économique.
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