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ECONOMIE

Verbatim. L’essentiel à retenir de la conférence de presse de Abdellatif Jouahri

Succursales marocaines en Europe, financements innovants, nouvelle loi bancaire… Abdellatif Jouahri a fait le tour de plusieurs sujets lors de sa conférence de presse consécutive à la réunion du conseil de Bank Al-Maghrib.

Abdellatif Jouahri lors de la conférence de presse à Bank Al-Maghrib. Ph. MAP
Abdellatif Jouahri lors de la conférence de presse à Bank Al-Maghrib. Ph. MAP
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Le 23 septembre 2025 à 19h32 | Modifié 25 septembre 2025 à 8h13

Après la décision de Bank Al-Maghrib de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25%, Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale, s’est présenté, comme à l’accoutumée, devant la presse.

Il a expliqué les motivations de ce choix de statu quo en matière de taux directeur et a répondu aux questions des journalistes sur plusieurs sujets, allant de la situation des banques marocaines en Europe aux finances publiques, en passant par le nouveau projet de loi bancaire.

Voici les points essentiels à retenir :

Succursales des banques marocaines en Europe

Il s’agit d’un sujet important et vital pour l’économie marocaine, puisque la directive européenne risque de nuire à l’activité des succursales marocaines en Europe et, par ricochet, aux transferts des MRE.

Pour Jouahri, les choses avancent de manière positive. Néanmoins, il reste à préciser quelques indications, qu’il qualifie de vagues.

"La task force a été mise en place et a continué de travailler sans relâche… Le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib, et les trois principales banques marocaines en particulier, qui ont leurs filiales en Afrique, y ont pris part. Après le vote et la publication en juin de cette fameuse décision, nous nous sommes attaqués au problème. La directive a laissé aux États le soin de la transposer dans chaque législation nationale. Nous, nous avons traité le côté français… Plusieurs réunions ont été tenues entre les parties françaises, le Trésor français et la task force", indique-t-il.
L’issue des négociations donne satisfaction, le deal trouvé ne va pas porter atteinte à l’activité relais des succursales marocaines"On est arrivé à un contour qui, grosso modo, nous donne satisfaction, ça ne va pas limiter l’activité relais des filiales des banques marocaines en Europe. Mais il faut que l’accord auquel nous avons abouti soit soumis à la Commission européenne, afin qu’elle donne son feu vert. Et puis, nous devons traiter avec les autres pays partenaires du Maroc dans lesquels il y a une implantation importante des filiales de nos banques : l’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, etc. Nous sommes sur la bonne voie, mais le Trésor français a laissé quelques points un peu vagues par rapport au régulateur français. J’ai indiqué à l’équipe qui négocie de préciser dès maintenant tout ce qui est flou. Il ne faut surtout pas laisser des termes qui peuvent prêter à confusion", poursuit le Wali.

La nouvelle loi bancaire

Le projet de la nouvelle loi bancaire vient renforcer le cadre macroprudentiel du système bancaire spécifiquement et financier en général. Parmi les dispositions de la loi, figure la consolidation du rôle de Bank Al-Maghrib, au-delà du strict cadre macroprudentiel, afin d’inclure des décisions opérationnelles en matière de résolution.

Selon Jouahri, il s’agit d’un élément clé qui va consolider la position du Maroc à l’approche des notations du FMI et de la Banque mondiale.

"Nous travaillons sur un nouveau projet de loi bancaire, car la loi actuelle, adoptée en 2014-2015, doit être mise à jour pour intégrer les nouveaux éléments prudentiels, renforcer le suivi des banques, prendre en compte les nouveaux risques, etc. Le texte sur la résolution bancaire a été acté en Conseil de gouvernement, il permettra, en cas de crise, de prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système. Ce travail intervient alors que le secteur financier marocain sera évalué par le FMI et la Banque mondiale, une mission désormais prévue pour débuter fin 2026", précise Jouahri.

Les financements innovants

Interrogé au sujet des financements innovants, Jouahri a indiqué qu’il s’agit d’un mécanisme qui a aidé à faire face aux dépenses auxquelles l’économie marocaine a dû répondre, tout en insistant sur le fait que ces montants vont commencer à diminuer.

"Concernant les financements innovants, ils sont considérés comme des recettes, mais pas comme des éléments de financement. Et cela est admis par le FMI conformément à son recueil de données et statistiques. Il le fait avec nous comme avec d’autres pays lorsqu’ils recourent à ce type de financement", explique-t-il.

"Mais certainement, dans les années à venir, les montants vont faiblir. En 2025, c’était 35 MMDH. En 2026, on verra ce que prévoira la loi de finances. Mais vraisemblablement, dans la programmation budgétaire triennale (PBT) 2026-2028, ce montant devra diminuer. On aurait dû l’encadrer, mais dans la mesure où il a été admis par le FMI, et dans la mesure où il a permis de combler les besoins, notamment pour faire face aux dépenses liées à la crise, au tremblement de terre et aux années de sécheresse, je pense que ça a été un instrument utile. Mais c’est un élément qui devra diminuer", poursuit Jouahri.

En ce qui concerne la prise en considération des charges de loyer à long terme de l’État dans la trajectoire de la soutenabilité de la dette publique, Jouahri a indiqué qu’elles sont prises en considération.

"Les loyers vont commencer à être payés. Si ma mémoire ne me trompe pas, le montant prévu au titre de l’année 2025 est de 7 MMDH. Ces loyers devraient être intégrés dans les charges, de la même manière que vous avez inclus les recettes issues des financements innovants dans les recettes. Il faut les inclure dans les charges courantes", précise-t-il.

La réforme du régime de change:passage au ciblage d'inflation en 2027

Pour Jouahri, le passage au ciblage de l’inflation sera lancé en 2026 comme année de test, avant d’entrer officiellement en vigueur à partir de janvier 2027. Quant à l’abandon du panier de change et au passage à une fluctuation libre de la valeur du dirham, il affirme que ce n’est pas à l’ordre du jour et que le FMI l’a bien compris.

"Ce que j'ai dit au FMI, c'est que je ne peux pas passer à la deuxième étape, c'est-à-dire abandonner l'ancrage au panier et commencer une étape où c'est le marché qui va déterminer la valeur externe de la monnaie. Je l'ai expliqué malgré l'insistance du FMI. Le tissu économique marocain n'est pas encore tout à fait prêt à cette étape. Nous passons d'un ancrage de taux de change à un ancrage qui est la politique monétaire et donc le taux directeur. Il est impossible que je fasse ce choix sans être convaincu que pratiquement l'ensemble des opérateurs économiques sont en mesure de saisir la portée du passage, ses implications, ce qu'elles doivent faire pour ne pas subir les conséquences négatives", souligne-t-il.

"Avec le FMI, nous avons trouvé un terrain d'entente. Nous leur avons dit que nous pouvions faire le passage au ciblage d'inflation mais sans réaliser ce deuxième saut au titre de la réforme du régime de change. Ils ont accepté, et d'ailleurs, dans les comptes rendus des consultations au titre de l'article IV, il n’y a plus de référence à cela. Avec l'assistance du Fonds monétaire, nous avons travaillé pour que les outils, la méthodologie et les ressources humaines soient prêts pour ce passage au ciblage d'inflation. Nous serons prêts pratiquement en fin d'année, mais ce que nous comptons proposer au Fonds monétaire international, c'est de faire une année test, une année blanche, en 2026, où nous allons appliquer les deux méthodes, celle que nous utilisons actuellement et celle du ciblage d'inflation, pour nous assurer que nous sommes réellement à l'aise pour lancer la réforme. Pour nous, l'étape fixée est de lancer officiellement le ciblage d'inflation et sa mise en œuvre à partir du 1ᵉʳ janvier 2027", conclut Abdellatif Jouahri.

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Le 23 septembre 2025 à 19h32

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