Standard & Poor’s a relevé la note souveraine du Royaume à BBB-/A-3, redonnant au Maroc l’accès à la catégorie "Investment Grade". Ce retour ouvre la voie à des financements internationaux plus favorable et à davantage d’investissements étrangers.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 26 septembre 2025 à 21h24
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Modifié 26 septembre 2025 à
22h06
Il convient de noter que le Maroc avait perdu ce statut d’Investment Grade en 2021, en pleine crise du Covid, lorsque ses finances publiques avaient subi une forte pression.
Les explications de S&P
L'agence de notation a expliqué sa décision de relever les notes souveraines du Maroc à «BBB-/A-3» par la "résilience dont a fait preuve l'économie marocaine face à des chocs économiques consécutifs, le plus récent étant l'instabilité du commerce mondial due aux droits de douane américains"
"Les perspectives de croissance économique sont solides, avec une croissance du PIB réel prévue en moyenne de 4 % sur la période 2025-2028. Ces perspectives sont toutefois fragiles en raison des effets néfastes du changement climatique sur la production agricole".
S&P pense que les performances économiques récentes du Maroc et ses perspectives sont soutenues par son policy mix et sa forte dynamique de réformes socio-économiques et budgétaires structurelles, qui, selon S&P, continueront à contribuer à formaliser et à diversifier davantage l’économie.
Par ailleurs, l'agence de notation prévoit que le déficit budgétaire se réduira à 3 % du PIB en 2026, soutenu par des recettes publiques plus élevées, ce qui entraînera une lente baisse du ratio dette publique/PIB, tandis que le déficit du compte courant restera contenu, s'établissant en moyenne à environ 2,1 % du PIB sur la période 2025-2028.
Elle explique que la révision à la hausse reflète sa vision "d'un dosage de politiques macroéconomiques favorables, contribuant significativement aux solides perspectives macroéconomiques du Maroc, à son assainissement budgétaire progressif et à la maîtrise de son déficit courant, ainsi qu'à la faible inflation et au niveau adéquat des réserves de change".
Pour l'Agence, la mise en œuvre de réformes structurelles soutiendra les perspectives de croissance économique. Des réformes engagées sous l'impulsion royale et ses orientations.
S&P en cite plusieurs : des réformes fiscales et des mesures pour attirer les investissements, le système unifié de sécurité sociale et l'élargissement de la couverture santé.
"Nous pensons que ces réformes continueront de soutenir la croissance et la diversification économiques, tout en élargissant l'assiette fiscale et en réduisant le déficit budgétaire", ajoute S&P.
Retour à l'Investment Grade" : que gagnera le Maroc ?
Ce retour change concrètement la donne. Être "Investment Grade" signifie que le pays est perçu comme un emprunteur solide, présentant un risque limité de défaut. Il pourra se financer à l’international à des taux plus bas. Moins d’intérêts à payer, c’est moins de pression sur le budget de l’État et plus d’argent disponible pour financer les projets publics.
De plus, une meilleure note attire aussi les investisseurs étrangers. Le Maroc devient plus crédible pour lever des fonds, placer ses euro-obligations, attirer des fonds de pension et convaincre des groupes internationaux de s’implanter.
Dans un contexte mondial où de nombreux pays ont vu leur note dégradée, dont récemment la France (passée de AA- à A+ selon Fitch), ce retour en "Investment Grade" offre au Royaume un avantage comparatif non négligeable.
Ce reclassement montre également aux marchés que le Maroc reste capable de gérer sa dette et de poursuivre ses réformes.
Mais il oblige aussi le pays à bien planifier et gérer ses finances publiques pour ne pas perdre à nouveau cette note, prouvant ainsi que ses comptes restent sous contrôle.
Les perspectives selon Standard & Poor’s
L'agence précise les scénarios qui pourraient modifier la note du Maroc :
- Scénario pessimiste : la note pourrait être abaissée si, contrairement à ses prévisions, la performance budgétaire du gouvernement se détériore de manière significative, ou si la position extérieure du pays s’affaiblit, par exemple en raison d'une baisse des exportations.
- Scénario positif : l’agence pourrait relever sa note si la croissance économique et la situation budgétaire s’amélioraient au-delà de ses prévisions actuelles, ou si le Maroc franchissait de nouveaux pas vers un régime de change plus flexible.
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