Plan d’aménagement Marrakech Ouest : les habitants du quartier militaire de Guéliz refusent leur relogement en périphérie
Lors de la session ordinaire d’octobre 2025, Fatima Ezzahra El Mansouri, présidente du conseil communal de Marrakech, a fait face à des protestations d’habitants du quartier militaire de Guéliz qui refusent le projet de relogement prévu par le nouveau plan d’aménagement de Marrakech Ouest.
La session d’octobre du conseil communal de Marrakech a été agitée, ce 7 octobre, marquée par la colère de plusieurs habitants des douars du quartier militaire qui ont perturbé et interrompu la session. Ils rejettent leur relogement dans la périphérie de la ville, près de la nouvelle gare routière d’Al Azzouzia, prévu par le nouveau plan d’aménagement de Marrakech Ouest, alors qu'ils étaient au centre-ville.
Les vidéos de la session montrent l'intervention de certains habitants, qui a entravé à plusieurs reprises l’avancement des débats, et particulièrement la prise de parole de Fatima Ezzahra El Mansouri, malgré une réunion préalable tenue juste avant la session, selon la maire.
De Guéliz à Al Azzouzia : les habitants des Bin Lakchali rejettent le nouveau Plan d'aménagement de Marrakech Ouest
Situé au cœur de Marrakech, le quartier militaire jouit d'un emplacement stratégique. Il abrite actuellement des casernes et des installations militaires, ainsi que des logements pour d'anciens militaires, sur une superficie totale de 260 hectares.
Le nouveau plan d'aménagement considère que la dynamique urbaine actuelle ne justifie plus la présence d'installations militaires au cœur des zones résidentielles, et encore moins dans un quartier aussi attractif que Guéliz. Il paraît donc plus pertinent de déplacer ces installations en dehors de la ville et de reloger les habitants concernés à proximité de la nouvelle gare routière d'Al Azzouzia.
Après la délocalisation des entités militaires, cette zone libérée (identifiée par le sigle ZPU6 dans le Plan d’aménagement) deviendra un pôle urbain multiservices. Celui-ci comprendra, outre des logements, des équipements d’intérêt général, des commerces, divers services et toute autre activité visant à renforcer sa vocation de pôle urbain structurant.

Cependant, le projet de relogement des habitants du quartier militaire (Camp Tachfine) dans une nouvelle zone (identifiée par le sigle ZPU1 dans le Plan d’aménagement), située près d’un projet résidentiel en cours de réalisation par l'Agence du logement et des équipements militaires (ALEM), est rejeté par plusieurs habitants de Bin Lakchalli.

En raison de l’éloignement du site et de l’absence d’équipements de base, plusieurs résidents demandent la restructuration de leur habitat sur place, bien qu’ils n’aient pas la propriété du foncier qu’ils occupent depuis des décennies.
Située au nord-ouest de la ville, la zone d’Al Azzouzia accuse un important retard de développement. La nouvelle gare routière, pourtant achevée, n’a toujours pas été mise en service, faute d’un réseau de transport adapté pour y accéder.
Le plan d’aménagement prévoit plusieurs projets destinés à renforcer la connectivité et la mobilité urbaine dans cette partie de Marrakech. Il devra intégrer les nouvelles orientations en matière de déplacements et s’articuler avec l’écosystème d’intermodalité créé par les futurs grands projets de transport de l’ouest de la ville, notamment le bus à haut niveau de service (BHNS) et la gare LGV.
Les explications de Fatima Ezzahra El Mansouri sur le sujet
Dans ses déclarations à la presse régionale, la présidente du conseil communal de Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri, a reconnu la complexité du dossier et appelé à la patience et à la concertation pour parvenir à des solutions durables.
Elle a précisé que les autorités locales n’ont en aucun cas imposé le relogement, mais ont proposé une démarche volontaire. Les habitants concernés pouvaient ainsi choisir de s’installer dans la zone d’Al Azzouzia, avec la possibilité de devenir propriétaires, en contrepartie de l’abandon de leurs logements actuels, occupés sans titre foncier. "D’autres voies étaient possibles pour les autorités, notamment le recours à la justice, mais nous avons préféré une approche participative", a-t-elle expliqué.
Selon elle, "une partie importante des familles concernées a accepté cette proposition, car ils obtiennent un terrain, une aide financière et la possibilité de construire un R+3. D’autres, en revanche, refusent et demandent une restructuration sur place", a déclaré Fatima Ezzahra El Mansouri.
Les habitants opposés au projet rejettent le nouveau plan d’aménagement, qui modifie la vocation de leur zone en la classant comme zone de projet urbain (ZPU), ouvrant ainsi la voie à leur relogement. "Le plan d’aménagement n’a pas gelé la zone, il l’a définie comme une zone de projet urbain. C’est un cadre de gouvernance locale où le Wali, l’agence urbaine et les élus décident ensemble du devenir de ce territoire", a précisé la présidente du conseil communal.
Fatima Ezzahra El Mansouri a indiqué vouloir temporiser avant de trancher définitivement. Elle propose de finaliser d’abord le relogement des ménages volontaires ayant accepté la proposition des autorités, puis de soumettre le dossier au Wali de la région pour évaluer les scénarios possibles, y compris celui d’une restructuration in situ.
Le Plan d’aménagement de Marrakech Ouest attend son homologation finale
À ce jour, le plan d’aménagement de Marrakech Ouest n’est pas encore adopté et il est maintenant en phase finale, où le département de l’urbanisme statue sur les remarques en coordination avec l’Agence urbaine de Marrakech et la commune, avant la publication au Bulletin officiel pour produire ses effets.
Le projet a été adopté à l’unanimité par le conseil communal lors d’une session exceptionnelle tenue le 23 juin 2025. Cette approbation des élus a été accompagnée d’une requête de l’arrondissement de Ménara, ainsi que de plusieurs remarques soulevées, afin que la version finale du plan d’aménagement prenne en considération ces observations.
Parmi les remarques soulevées par les élus figurent l’indemnisation insuffisante des habitants de certains douars et des logements menaçant ruine. Cette situation risque de faire proliférer l’habitat insalubre dans d’autres zones et d’entraver les efforts déployés.
Durant la phase d’enquête publique, du 12 mai au 11 juin 2025, 783 observations et oppositions ont été formulées par les citoyens.
Outre le quartier militaire, le plan d’aménagement de Marrakech Ouest prévoit de traiter et de restructurer l’ensemble des habitats insalubres situés au sein du périmètre. Pour les douars implantés dans des propriétés privées, soit le relogement sur place, soit le relogement dans d’autres projets, conformément aux engagements contractuels des opérateurs privés, tels qu’établis lors de l’autorisation de leurs projets.
Pour les douars implantés sur du foncier privé encore non urbanisé, le plan a précisé qu’aucune urbanisation ne pourra y être autorisée sans une convention préalable conclue et validée par l’ensemble des parties prenantes, garantissant le relogement des habitants concernés.
D’autre part, d’autres douars comme les douars Bouchareb, Azib Goundafi et Aït Ssi, situés dans l’arrondissement de Ménara, bénéficieront d’un programme de requalification piloté par les pouvoirs publics.
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