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ECONOMIE

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

Entre 2019 et 2023, les investissements budgétés ont fortement augmenté. Mais les investissements réalisés n’ont pas suivi le même rythme, surtout dans le secteur de la santé, où le taux d’exécution tourne autour de 50%.

Les budgets d’investissement augmentent, mais les réalisations stagnent.
L’écart est important entre les crédits d’investissement ouverts et ceux réalisés, surtout dans le secteur de la santé.
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Le 9 octobre 2025 à 18h14 | Modifié 11 octobre 2025 à 7h46

L’analyse de l’exécution des investissements publics sur la période 2019-2023 met en évidence un écart marqué entre les enveloppes d’investissement inscrites dans les lois de finances et les montants effectivement réalisés.

Il s’agit d’une confusion fréquente. L’investissement réel correspond à ce qui est effectivement exécuté, non au volume budgété. Seuls les volumes effectivement réalisés et payés permettent d’établir une analyse ou un constat pertinent.

Médias24 a ainsi examiné les départements dont les crédits d’investissement, particulièrement importants, influencent directement la dynamique socioéconomique du pays. Il s’agit des ministères de l’Éducation, de la Santé, de l’Équipement et de l’Agriculture.

Un décalage entre prévisions et exécution des investissements

Sur la période 2019-2023, les budgets d’investissement des ministères étudiés ont connu une nette augmentation, mais les réalisations effectives n’ont pas suivi le même rythme.

Le ministère de l’Éducation nationale en est un exemple clair. Ses crédits d'investissement sont passés d’environ 7,1 MMDH en 2019 à 9,3 MMDH en 2023. Pourtant, une part importante de ces sommes reste non dépensée.

Il existe un écart significatif entre les crédits ouverts et les montants effectivement réalisés (payés). Cet écart, en valeur absolue, s’est accentué en 2023, atteignant son niveau le plus élevé sur l’ensemble de la période analysée.

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

La situation du ministère de la Santé et de la protection sociale est encore plus préoccupante. Les crédits d’investissement y ont plus que doublé, passant de 4,1 MMDH à 10,5 MMDH sur cinq ans.

Malgré cette hausse spectaculaire, l’exécution demeure la plus faible parmi les ministères analysés. Elle s’est même repliée lors des deux dernières années (2022 et 2023).

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

Pour le ministère de l’Équipement et de l’eau, le budget d'investissement est passé, entre 2019 et 2023, de 16,3 MMDH à 20,1 MMDH. De même, les investissements réalisés ont suivi une évolution parallèle, traduisant un effort soutenu dans la mise en œuvre des projets.

Il convient de noter que le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau a été scindé en deux départements à partir de 2022 : le ministère de l’Équipement et de l’eau, d’une part, et le ministère du Transport et de la logistique, d’autre part.

Ainsi, afin d’assurer l’uniformité de l’analyse, les budgets de ces deux départements ont été regroupés pour les années 2022 et 2023.

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture, dont les enveloppes d’investissement sont passées de 15,8 à 18,1 MMDH entre 2019 et 2023, se distingue par une performance solide en matière d’investissements réalisés.

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

Analyse comparée du taux d’exécution des investissements

Entre 2019 et 2023, les taux d’exécution (paiements ou dépenses, dans la loi de règlement) des investissements des quatre départements analysés traduisent des trajectoires distinctes.

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

Pour le ministère de l’Éducation nationale, la performance s’inscrit dans une trajectoire globalement stable. Le taux d’exécution varie entre 66,1% et 73,8% sur la période 2019-2023, avec un pic en 2022. Cette évolution traduit une certaine régularité dans la mise en œuvre des projets, mais le niveau d’exécution demeure perfectible au regard des besoins du secteur.Le ministère de la Santé affiche les taux d’exécution les plus faibles parmi les départements analysésAprès un recul marqué en 2020 à 50%, le ratio d’exécution du ministère de la Santé s’est légèrement redressé jusqu’à 61,8% en 2022, avant de retomber à 50,5% en 2023. Cette évolution irrégulière traduit des difficultés persistantes à concrétiser les crédits d’investissement.

Le ministère de l’Équipement et de l’eau affiche un taux d'exécution en hausse constante, passant de 65% en 2019 à 77,6% en 2023. Cette progression traduit la capacité du département à maintenir une dynamique d’investissement solide, portée notamment par les projets d’infrastructures routières, hydrauliques et de barrages.

Les taux d’exécution relatifs au ministère de l’Agriculture se maintiennent à un niveau élevé, oscillant entre 74,1% et 81,3% sur la période 2019-2023. Cette stabilité traduit une forte capacité de mise en œuvre des programmes agricoles.

-oOo-

Un investissement de l'État passe par trois phases : budgétisation (il figure dans la loi de finances), engagement (le projet est engagé après le choix du prestataire ou fournisseur), le projet est réalisé et le prestataire payé.

L'engagement signifie une volonté de réaliser, pas une réalisation.

L'absence de paiement signifie que le projet n'est pas réalisé, que le crédit budgétaire n'est pas consommé. Le critère de l'efficacité, c'est la réalisation, donc le paiement.

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