img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Santé

Santé oculaire : quand l’absence de cadre prive les Marocains d’un traitement efficace

Le Syndicat national des ophtalmologistes libéraux déplore l’absence de cadre réglementaire encadrant l’usage du bévacizumab (Avastin), une situation qui fragilise les praticiens et limite l’accès des patients à un traitement abordable.

Santé oculaire : quand l’absence de cadre prive les Marocains d’un traitement efficace
Par
Le 24 octobre 2025 à 15h45 | Modifié 24 octobre 2025 à 16h09

L’injection intravitréenne d’Avastin est utilisée dans le traitement de plusieurs pathologies rétiniennes graves, notamment la rétinopathie diabétique, l’occlusion veineuse rétinienne et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Ces affections, fréquentes chez les personnes âgées et les patients diabétiques, peuvent entraîner une perte de vision si elles ne sont pas prises en charge rapidement.

Contacté par nos soins, le Syndicat national des ophtalmologistes libéraux (SNOLM) confirme que, bien que le médicament dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour ses indications en cancérologie, son usage ophtalmologique n’est pas encore officiellement reconnu au Maroc, contrairement à d’autres pays comme la France, les États-Unis, le Royaume-Uni ou la Thaïlande, où il est autorisé et encadré.

Jusqu’à récemment, le bévacizumab était largement utilisé dans les centres ophtalmologiques publics et privés. Mais depuis l'incident  survenu à l'hôpital 20-Août, de nombreux praticiens ont cessé toute injection intraoculaire, par mesure de précaution.

Le syndicat précise qu’aucune complication directement liée à la molécule elle-même n’a été documentée au Maroc. Les rares litiges rapportés concernaient des facteurs médicaux indépendants du produit, comme l’état général du patient.

"L’injection dans l’œil suit un protocole rigoureux, avec des mesures de stérilisation et d’antibioprophylaxie avant et après l’intervention afin de minimiser tout risque d’infection", explique le Dr Miriem Wafi, présidente du SNOLM.

Un écart de coût significatif

Le traitement par Avastin reconditionné coûte environ 300 DH, contre 5.000 à 7.000 DH pour les alternatives disposant d’une autorisation de mise sur le marché. Pourtant, les études montrent une efficacité comparable entre les deux, selon notre interlocutrice.

Cette différence de prix, de l’ordre de 1 à 20, fait de l’Avastin une option cruciale pour les patients à faibles revenus, notamment les retraités et les malades chroniques.

"Continuer à rembourser des traitements plus coûteux alors qu’une alternative sûre et économique existe contribue à fragiliser les ressources de la CNSS", ajoute le Dr Miriem Wafi, qui appelle à intégrer l’Avastin dans le remboursement de l’AMO, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays.

Un vide réglementaire préjudiciable aux patients

En l’absence d’un cadre légal, de nombreux patients se trouvent privés d’un traitement pourtant efficace et validé internationalement, et certains ophtalmologistes renoncent à son utilisation par prudence juridique. Cette situation accroît les inégalités d’accès aux soins et compromet la prise en charge rapide de pathologies pouvant entraîner la cécité.

Le SNOLM indique avoir saisi le ministère de la Santé et les autorités compétentes pour solliciter une autorisation dérogatoire d’usage ophtalmologique de l’Avastin, sans réponse à ce jour.

"Il est urgent d’établir un cadre clair, à l’image de ce qui existe à l’international, pour permettre aux ophtalmologistes d’exercer sereinement et garantir aux patients marocains un accès équitable à un traitement efficace", conclut le Dr Miriem Wafi.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 octobre 2025 à 15h45

à lire aussi

Législatives 2026 : Laftit réunit les partis non représentés au Parlement
Elections 2026

Article : Législatives 2026 : Laftit réunit les partis non représentés au Parlement

Le ministère de l’Intérieur a présenté samedi 9 mai 2026, à Rabat, l’état d’avancement des préparatifs du scrutin du 23 septembre 2026, notamment la révision des listes électorales, les dispositifs logistiques et les plateformes numériques dédiées aux candidatures et aux procurations des MRE.

Tourisme : la SFI prépare une feuille de route pour accélérer l’investissement privé au Maroc
TOURISME

Article : Tourisme : la SFI prépare une feuille de route pour accélérer l’investissement privé au Maroc

La filiale du Groupe Banque mondiale chargée du secteur privé cherche à mandater un cabinet de conseil pour identifier les opportunités d’investissement dans le tourisme marocain, avec un accent sur la bancabilité des projets, l’emploi, la durabilité et la résilience climatique.

Affaire Maes : l’audience en appel renvoyée au 14 mai 2026 à Tanger
DROIT

Article : Affaire Maes : l’audience en appel renvoyée au 14 mai 2026 à Tanger

Le dossier du rappeur franco-marocain, condamné en première instance à sept ans de prison ferme, sera de nouveau examiné par la Cour d’appel de Tanger après un renvoi motivé par la convocation de la défense.

CFG Bank : Souad Benbachir quitte ses fonctions de directrice générale déléguée
Quoi de neuf

Article : CFG Bank : Souad Benbachir quitte ses fonctions de directrice générale déléguée

Administratrice de la banque, Souad Benbachir entend désormais se concentrer sur son rôle au sein du conseil d’administration et de ses comités, après plus de trente ans de contribution au développement de Casablanca Finance Group, devenu CFG Bank.

Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa
INTERNATIONAL

Article : Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa

La Cour constitutionnelle sud-africaine a jugé anticonstitutionnelle la décision du Parlement de bloquer une enquête parlementaire sur le scandale dit du “Farmgate”, lié à une importante somme en devises volée dans la ferme privée du président Cyril Ramaphosa.

Télécoms : Dominion renforce ses capacités au Maroc après l’intégration de Verne
Quoi de neuf

Article : Télécoms : Dominion renforce ses capacités au Maroc après l’intégration de Verne

Le groupe espagnol de services et de projets affirme que l’intégration de Verne consolide ses activités télécoms en Espagne et au Maroc, dans un contexte de recentrage sur les métiers récurrents et à plus forte valeur ajoutée.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité