Le président du Conseil de la concurrence appelle à une régulation "adaptée" des plateformes numériques, qui protège la concurrence sans freiner l’innovation. Ahmed Rahhou s’exprimait ce mercredi 5 novembre à Marrakech, lors de la 4ᵉ édition de la conférence annuelle du Conseil de la concurrence, consacrée à l’économie des plateformes.
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Rahhou prône une régulation souple mais vigilante des plateformes numériques
Le président du Conseil de la concurrence défend une régulation "équilibrée" des plateformes numériques, qui préserve la concurrence sans freiner l’innovation ni étouffer les nouveaux acteurs.
Par
Abdelali El Hourri
Le 5 novembre 2025 à 14h48
|
Modifié 5 novembre 2025 à
16h14
Selon lui, ces acteurs "hybrides" bouleversent les règles du marché en reliant clients et prestataires tout en devenant parfois leurs propres concurrents. Leur poids croissant et la captation d’une part importante de la valeur ajoutée soulèvent, dit-il, "des questions d’équité et de durabilité pour les marchés".
Ahmed Rahhou reconnaît que les outils classiques du droit de la concurrence se révèlent souvent "démunis" face à ces modèles fondés sur la gratuité apparente et la gestion algorithmique. Il plaide pour une approche équilibrée, entre régulation préventive et liberté d’initiative. "Il ne faut pas qu’un excès de régulation bloque l’innovation, mais il faut intervenir suffisamment tôt pour prévenir les positions dominantes".
Le président du Conseil de la concurrence rappelle la doctrine marocaine en la matière. "Nos outils doivent être dissuasifs, mais nous n’avons pas le droit à la peine de mort économique". Il insiste également sur la transparence des algorithmes et la nécessité d’un partage équitable de la valeur, certains acteurs captant "jusqu’à 50%" de la richesse créée sans être prestataires directs.
Sur le plan social, Ahmed Rahhou met en garde contre le risque de précarisation des travailleurs des plateformes, tout en soulignant leur rôle dans la création d’emplois. Il appelle aussi à un cadre de protection des données "mesuré", estimant qu’un excès de contraintes pourrait freiner le développement de ces nouveaux acteurs.
"Les sujets évoluent très vite, conclut-il. Ils doivent rester ouverts à la réflexion, y compris dans le monde académique, pour que nous restions armés face à ces mutations rapides".
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Par
Abdelali El Hourri
Le 5 novembre 2025 à 14h48
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