Selon eux, le Maroc subirait ainsi une chute de l’offre qui inciterait le gouvernement à poursuivre la réforme de la compensation et à relever les prix des bonbonnes. Ce récit est complètement faux.
Publicité
Fact-checking. Le Maroc n'importe plus de gaz butane algérien depuis 2022
Contrairement à ce qu’affirme une partie de la presse algérienne, aucune hausse du prix du gaz butane n’est prévue pour le moment. Même si c’était le cas, cela n’aurait rien à voir avec un prétendu arrêt des exportations algériennes. Le Maroc n'importe plus de butane algérien depuis 2022.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 10 novembre 2025 à 17h01
|
Modifié 10 novembre 2025 à
17h54
Depuis quelques jours, plusieurs médias algériens affirment qu’une hausse du prix du gaz butane est prévue au début de l’année 2026 au Maroc, et que cette hausse serait liée à une décision d’Alger de couper ses exportations de butane vers le Royaume.
Le prix du gaz butane au Maroc n’est pas fixé par le marché. Il est administré par l’État à travers la Caisse de compensation, qui prend en charge la différence entre le coût réel d’importation et le prix de vente au consommateur.
Cette évolution s’inscrit dans une démarche de maîtrise et de rationalisation du système de soutien, visant à passer d’un régime de subventions généralisées à un dispositif de ciblage plus efficace, fondé sur des aides sociales directes destinées aux ménages éligibles.
Dans ce cadre, le programme prévoyait une première hausse de 10 DH en mai 2024, suivie d’une seconde augmentation de 10 DH au début de 2025, puis d’une troisième au début de 2026, afin d’atteindre un prix cible de 70 DH. Toutefois, après la revalorisation appliquée en 2024, l’augmentation programmée pour 2025 n’a finalement pas été mise en œuvre.
Selon nos informations, aucune décision pour appliquer une nouvelle hausse en 2026 n'a été prise pour le moment.
Le projet de loi de finances 2026 ne prévoit aucune poursuite de la réforme de la compensation. Il se limite à indiquer que l’enveloppe globale de la Caisse s’élèvera à environ 13,8 MMDH.
Les importations marocaines du gaz butane
Contrairement à ce que la presse algérienne laisse entendre, le Maroc n’importe plus de butane d’Algérie. Les données de l’Office des changes montrent qu’en 2021, l’Algérie représentait encore environ 19% des importations, avant de disparaître complètement du tableau à partir de 2023.
Les prix peuvent donc fluctuer dans les comptes de la Caisse de compensation sans que les consommateurs marocains ne voient de différence sur leurs factures. Le gouvernement choisit de maintenir cette stabilité pour préserver le pouvoir d’achat et éviter tout choc social.
Ainsi, la thèse selon laquelle l’Algérie "punit" le Maroc en coupant le butane, provoquant ainsi une hausse des prix, est absurde.
À découvrir
Si vous voulez que l'information se rapproche de vous
Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 10 novembre 2025 à 17h01
à lire aussi
Quoi de neuf
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
TOURISME
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Quoi de neuf
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
La séance du jour
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Mines
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Quoi de neuf
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.
