Volaille : les contributions professionnelles révisées, sans effet attendu sur les prix
Le ministère de l’Agriculture a révisé les contributions financières obligatoires versées par les organisations professionnelles membres de la FISA. Publié au Bulletin officiel, l’avenant ajuste certains montants à la baisse, selon nos informations, afin d’éviter toute pression sur les prix de la volaille.
Le ministère de l’Agriculture a procédé à la révision des contributions financières obligatoires versées par les organisations professionnelles membres de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). Cette révision a été officialisée par un avenant publié au Bulletin officiel.
Selon nos informations, certaines de ces contributions ont été revues à la baisse. Le gouvernement et la profession souhaitent éviter tout impact sur les prix de vente de la volaille, dans un marché déjà sensible aux fluctuations des coûts de production.
Un avenant dans le cadre de la loi 03-12 sur les interprofessions
Cette mise à jour "intervient dans le cadre de la loi 03-12 relative aux interprofessions agricoles et halieutiques", nous confie une source de la FISA.
"C'est cette loi qui reconnaît officiellement les fédérations représentatives et leur permet de mettre en place des prélèvements obligatoires destinés à contribuer à financer certaines de leurs activités". Ces prélèvements ne sont donc pas propres à la FISA. Ils concernent toutes les interprofessions reconnues.
Notre source souligne que ces contributions n’ont rien à voir avec le fonctionnement interne de la fédération. "Ces prélèvements ne sont pas destinés à financer le fonctionnement de la Fédération. Celle-ci fonctionne sur la base du bénévolat. Les sommes collectées servent plutôt à financer des activités, telles que la formation, la recherche ou encore des programmes de préservation génétique, comme celui mené actuellement par la FISA, relatif à la préservation du 'souss beldi''.
Notre source insiste également sur le fait qu'elles restent symboliques. "Ces prélèvements sont fixés à des montants très faibles, notamment sur les produits importés, afin de ne pas toucher le produit local. Ils existent d’ailleurs dans de nombreux pays".
Contrairement aux informations publiées sur certains médias, "ces contributions ne sont pas nouvelles. Elles sont déjà en vigueur, et ont été révisées par le ministère".
Les nouveaux montants fixés par le ministère
L’avenant publié par le ministère remplace intégralement l’article 2 de la convention initiale signée en 2021 avec toutes les associations membres de la FISA, notamment l'AFAC (Association des fabricants d'aliments composés), l’ANAM (Association nationale des accouveurs marocains), l’APV (Association des producteurs des viandes de volailles), l’ANPO (Association des éleveurs de poules pondeuses) et l’ANAVI (Association des abattoirs industriels avicoles).
Il étend ces contributions à l'ensemble des professionnels exerçant des activités d'importation dans le secteur, et les fixe désormais comme suit :
- Oiseaux de reproduction de type Gallus destinés à la production de viande ou d’œufs : 0,50 DH par oiseau de reproduction ;
- Poussins d’un jour de type poulet de chair ou poulet pondeur : 0,10 DH par poussin ;
- Oiseaux reproducteurs de dindes (Meleagris) : 3 DH par oiseau ;
- Dinde destinée à la production de viande : 0,30 DH par dinde ;
- Poussins d’un jour – catégorie canards : 0,30 DH par poussin ;
- Œufs à couver – oiseaux de type chair ou ponte : 0,05 DH par œuf ;
- Œufs à couver – dinde : 0,15 DH par œuf ;
- Maïs et blé fourrager importés destinés à l’alimentation animale du secteur avicole : 1 DH par tonne.
Il est également précisé dans l'avenant que ces contributions s’appliquent aux quantités importées, directement ou indirectement. Elles se basent sur les statistiques officielles, et ne doivent en aucun cas entraîner une hausse des prix à la consommation.
Un dispositif supervisé par une commission interministérielle
D'après nos informations, ces contributions sont proposées, à la demande du ministère de tutelle, par la FISA après consultation de ses associations membres. Elles sont systématiquement soumises à l’examen d'une commission interministérielle compétente, qui décide de leur maintien, de leur modification ou de leur réduction.
"Si un prélèvement est trop élevé, il devient inflationniste. C’est pourquoi nous avons privilégié des niveaux symboliques qui ne touchent en rien le prix des produits proposés à la vente aux citoyens", nous explique-t-on.
"D'ailleurs, nous avons demandé à baisser certains montants pour garder le strict minimum et éviter tout effet inflationniste", concluent nos interlocuteurs.
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