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Infrastructure

Casablanca : comment les nœuds de Sidi Maârouf et Aïn Harrouda vont désengorger la circulation

Alors que les nouveaux nœuds autoroutiers de Sidi Maârouf et d’Aïn Harrouda entrent progressivement en service, la question de la justification de ces travaux lourds et coûteux se pose. Ces aménagements, bien que spectaculaires, interrogent sur leur nécessité réelle et sur le rapport coût-bénéfice de tels investissements. Le point.

Nœud de Sidi Maârouf
Nœud de Sidi Maârouf ©Neogenesis
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Le 1 décembre 2025 à 17h42 | Modifié 1 décembre 2025 à 17h42
 

Les nouveaux nœuds autoroutiers de Sidi Maârouf et de Aïn Harrouda entrent progressivement en service.

Initialement prévus pour être achevés, respectivement, en juillet et en août 2026, ces deux chantiers ont été accélérés et sont aujourd’hui quasiment finalisés, à quelques jours du démarrage de la CAN 2025, conformément aux exigences de la wilaya de Casablanca-Settat.

Dans ce contexte d’accélération des travaux, des questions demeurent : que vont réellement changer ces nouveaux aménagements pour le trafic ? Étaient-ils nécessaires ? Quid de leurs prix ? N’était-il pas possible de désengorger le trafic avec des budgets inférieurs ?

Un trafic quotidien de plus de 120.000 véhicules à gérer

Ces deux nœuds absorbent quotidiennement un trafic colossal, dépassant les 120.000 véhicules par jour. À Aïn Harrouda, la situation est encore plus complexe, en raison du double flux quotidien en provenance de Mohammedia et Rabat vers Casablanca, ainsi que du trafic du contournement.

Cette configuration provoquait régulièrement de très longues files d’attente, des cisaillements dangereux entre les bretelles, souvent à l’origine d’accidents, ainsi que des ralentissements qui se répercutaient sur l’autoroute principale, pouvant paralyser plusieurs kilomètres.

L’aménagement de ces deux nœuds était donc devenu indispensable, d’autant plus à l’approche de la CAN 2025, qui entraînera une hausse significative du trafic entre Rabat et Casablanca, mais aussi en préparation du Mondial 2030, où les flux seront encore plus importants.

Autoroutes du Maroc (ADM) a donc lancé leur refonte, avec pour objectifs de sécuriser et fluidifier la circulation, tout en mettant à niveau des infrastructures essentielles pour la métropole et pour les grands axes Marrakech - Casablanca - Rabat.

ADM a annoncé vers début novembre dernier la mise en service du nouveau passage inférieur reliant Rabat, Aïn Harrouda, Zenata et Casablanca. Les tronçons assurant la connexion entre le contournement de Casablanca, Mohammedia, Rabat et Marrakech sont également opérationnels.

Concernant le nœud de Sidi Maârouf, sa branche principale a été ouverte aux usagers venant de l’autoroute de contournement de Casablanca en direction de l’aéroport Mohammed V et de Marrakech le 12 novembre dernier. Plusieurs autres tronçons et ouvrages d’art y sont déjà fonctionnels.

À Sidi Maârouf, l'ancien trèfle était devenu obsolète

Plus en détail, le nœud de Sidi Maârouf était autrefois un trèfle complet, modèle courant il y a plusieurs années.

Avec plus de 140.000 véhicules/jour, il posait de nombreux problèmes, notamment des bretelles qui se croisent, des zones de cisaillement, des entrées et sorties trop proches, une saturation aux heures de pointe et des ralentissements vers l’aéroport et Bouskoura.

Cette configuration devenait donc obsolète. Voici à quoi ressemblait ce nœud auparavant et les problèmes qu'il posait :

Pour résoudre ces difficultés, ADM a opté pour un trèfle-turbine hybride à 3 étages, combinant les avantages du "trèfle" et de la "turbine", supprimant les croisements dangereux et augmentant la capacité du flux, tout en maintenant la circulation pendant les travaux.

Nous sommes donc passés d'un schéma surchargé vers un schéma hybride avec une séparation des flux majeurs, ce qui implique moins de conflits, plus de capacité, mais avec un niveau d'ouvrage d'art de haut niveau.

Notons également que pour l'aménagement de ce nœud, ADM est resté dans l'emprise existante. Elle n'a donc pas eu à recourir à l'expropriation, qui aurait retardé le projet, et impacté à la hausse son coût.

Comme le montrent les images ci-dessous, le projet de réaménagement a mobilisé 8 ouvrages d’art (4 supérieurs, 4 inférieurs) :

Sidi Maârouf est un point d’échange stratégique de la capitale au niveau de sa sortie sud. Il connecte le contournement de Casablanca, l'autoroute Casablanca-Berrechid et la desserte vers l'aéroport Mohammed V. Son amélioration avant des événements d'envergure tels que la CAN et le Mondial 2030 était donc indispensable.

Voici à quoi il ressemble à présent :

Aïn Harrouda, un nœud encore plus critique

Le nœud de Aïn Harrouda posait pour sa part un défi plus complexe. Le problème ne concernait pas seulement le nœud, mais la section entière Mohammedia et Aïn Harrouda, cœur du trafic pendulaire et point d’entrée du contournement de Casablanca.

Cette zone présentait deux zones de cisaillement majeures, la première au niveau de Mohammedia vers Tit Mellil, et la seconde au niveau de la sortie du contournement de Casablanca, entre les usagers se dirigeant vers Mohammedia et ceux arrivant de l'autoroute urbaine.

Ces zones de cisaillement engendraient des blocages sur la section principale, aggravés par les conflits permanents entre le trafic de transit Rabat‑Casablanca, le trafic local Mohammedia‑Casablanca et la circulation des poids lourds.

La refonte a donc été plus lourde qu’à Sidi Maârouf. Douze ouvrages d’art ont été construits, avec des voies pouvant atteindre jusqu’à huit par sens, accompagnés de la démolition de deux structures anciennes, de la reconfiguration des bretelles, de la construction d’un carrefour surélevé et de la séparation des flux pendulaires.

Casablanca : comment les nœuds de Sidi Maârouf et Aïn Harrouda vont désengorger la circulation

L’objectif principal d'ADM était d’éliminer tout point de cisaillement et d’optimiser la capacité globale de l’axe. A présent, des axes directs ont été créés :

- depuis le contournement de Casablanca vers Mohammedia Ouest ;

- depuis le contournement de Casablanca vers Rabat ;

- depuis Mohammedia vers Casablanca ou le contournement de Casablanca ;

- depuis Rabat vers Casablanca ou le contournement de Casablanca. L les usagers en provenance de Rabat et à destination de l’autoroute urbaine en direction de Aïn Harrouda, Zenata et Casablanca, ils peuvent désormais emprunter le nouveau passage inférieur, ouvert à la circulation depuis le dimanche 2 novembre dernier.

Casablanca : comment les nœuds de Sidi Maârouf et Aïn Harrouda vont désengorger la circulation

Avec plus de 120.000 véhicules par jour, Aïn Harrouda était donc devenue le goulot d’étranglement structurel du contournement Est de Casablanca. Sans intervention, la saturation aurait été totale lors de la CAN 2025, et la situation ne ferait que s’aggraver à l’horizon 2030. Sa refonte a donc permis de distinguer les flux longue distance des flux pendulaires locaux.

Ces deux nœuds souffraient d’un problème similaire. Ils avaient été conçus à une époque où le trafic était nettement moins important. Avec l’urbanisation de Bouskoura, la montée en charge de Mohammedia, ainsi que l’essor logistique et industriel au nord de Casablanca, ces points stratégiques étaient devenus particulièrement vulnérables.

Les travaux récents ont ainsi permis de supprimer les zones de cisaillement, d’augmenter la capacité des flux et de sécuriser la circulation, en réduisant le risque de blocage total de l’autoroute, une situation qui se produisait régulièrement à Aïn Harrouda. Ils ont également offert une meilleure séparation des flux, garantissant un trafic plus fluide face à la croissance future.

Plus de 1 MMDH pour les deux projets

Pour mener à bien ces projets, un budget de plus d’un milliard de dirhams a été alloué par ADM, le ministère de l’Équipement, le ministère de l’Économie et le conseil régional de Casablanca-Settat : 500 MDH pour le nœud de Sidi Maârouf, contre 750 MDH pour celui de Aïn Harrouda.

Ces montants peuvent sembler élevés, mais ils restent cohérents pour des projets autoroutiers de cette envergure, notamment en raison du maintien de la circulation pendant toute la durée des travaux.

Ils peuvent être comparés au grand projet d’échangeur de Pokuase à Accra, au Ghana, réalisé entre 2018 et 2021. Cet échangeur à quatre niveaux visait à désengorger un carrefour fortement saturé, à fluidifier un trafic dense et à améliorer les connexions entre les axes majeurs.

Son coût de réalisation est estimé à environ 94 millions de dollars, soit environ 990 millions de DH.

Des budgets de 500 MDH pour Sidi Maârouf ou de 720 MDH pour Aïn Harrouda restent donc dans les normes pour un chantier lourd, composé essentiellement d’ouvrages d’art, qui restent toujours coûteux.

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Le 1 décembre 2025 à 17h42

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