img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Retenue à la source : malgré l’amendement, le dispositif jugé incohérent

Malgré son amendement et le relèvement du seuil d’application à un chiffre d’affaires de 500 MDH, la retenue à la source continue d’alimenter les débats. Des praticiens y voient un dispositif encore incohérent et appellent à une formule mieux ciblée et davantage adaptée aux réalités du secteur privé.

La retenue à la source continue de susciter des interrogations parmi les praticiens.
La retenue à la source continue de susciter des interrogations parmi les praticiens.
Par
Le 4 décembre 2025 à 18h20 | Modifié 4 décembre 2025 à 18h42

La retenue à la source (RAS) continue de susciter des interrogations parmi les praticiens, tant sur son architecture que sur sa cohérence interne.

Une réforme revue en profondeur

La proposition initiale du PLF, qui prévoyait d’étendre la retenue à la source aux banques, aux compagnies d’assurance et aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 50 MDH, a été profondément revue lors des amendements.

Le seuil a été relevé à 500 MDH pour l'année 2026, avec une baisse progressive prévue par la suite afin d’élargir la RAS à davantage d’entreprises à horizon 2028. Ce qui n'est pas pour déplaire aux praticiens du chiffre que cette mesure inquiétait.

Interrogé par Médias24, le chef d’une grande entreprise indique que la forme finale de la RAS après amendement reflète le choix d’une approche expérimentale, avant de passer à la généralisation prévue initialement.

"Les amendements vont servir d'évaluation réelle de la retenue à la source lorsqu’elle sera appliquée à une grande partie des entreprises. Le fait de commencer par les entreprises disposant d'un chiffre d'affaires de plus de 500 MDH permettra de mesurer les effets du dispositif", explique-t-il.

Un manque de cohérence

Pour notre interlocuteur, l’application de la retenue à la source au secteur privé souffre d’un manque de cohérence interne.

"Le problème de l’élargissement de la retenue à la source au secteur privé, telle qu’elle est pensée aujourd’hui, c’est qu’elle manque de cohérence. Lorsqu’on demande à une grande entreprise, déjà en pleine conformité fiscale et travaillant étroitement avec l’État, d’opérer la retenue à la source pour des fournisseurs plus petits, cela reste concevable", précise-t-il.

"Mais l’incohérence apparaît quand le mécanisme fonctionne dans les deux sens. On demande à une entreprise à laquelle l’État fait confiance pour collecter la TVA et la reverser, et à laquelle on fait confiance pour payer correctement ses propres impôts, d’être en même temps soumise à la retenue à la source par d’autres entreprises, grandes ou petites. C’est là où se situe la non-cohérence".

Selon notre interlocuteur, le système actuel gagnerait à être resserré. Plutôt que d’étendre la retenue à la source à l’ensemble du tissu entrepreneurial, il serait plus pertinent d’en limiter l’application aux grandes entreprises.

"Le système tel qu’il est prévu aujourd’hui mérite d’être revu. La stratégie la plus cohérente serait de limiter la retenue à la source aux grandes entreprises uniquement. Elles feraient la retenue sans la subir, ce qui leur permettrait d’appuyer l’administration dans la collecte de la TVA et de l’IS. Cela éviterait de transférer cette responsabilité vers des opérateurs plus petits, dont la situation fiscale est souvent plus fragile et marquée par un risque plus élevé de retard ou de défaut de paiement de leurs propres impôts", analyse notre chef d'entreprise.

"Leur confier davantage de TVA à reverser accroîtrait mécaniquement le risque pour l’administration.Étendre la retenue à ces entreprises rendrait donc le dispositif plus lourd et moins sûr, alors qu’un mécanisme clair, unidirectionnel et concentré sur les grandes structures serait plus cohérent et plus facile à gérer", poursuit-il.

Il convient par ailleurs de noter que les taux applicables n’ont pas été revus. "Les taux n’ont pas été revus. Ni le taux de l’IS en retenue à la source, ni celui de la TVA. On reste sur les mêmes niveaux, avec une TVA retenue à la source qui reste à 75%", conclut notre interlocuteur.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 4 décembre 2025 à 18h20

à lire aussi

Casablanca : la commune dément auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
SOCIETE

Article : Casablanca : la commune dément auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa

La commune de Casablanca a démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.

Football : le Salvador annonce un amical contre le Maroc le 3 juin en vue du Mondial 2026
Football

Article : Football : le Salvador annonce un amical contre le Maroc le 3 juin en vue du Mondial 2026

Annoncée par le président de la fédération salvadorienne, la rencontre doit se jouer à Landover, dans le Maryland, alors que la FRMF n’a pas encore confirmé officiellement cette affiche.

Sahara: Brussels is already turning its attention to investment
DIPLOMATIE

Article : Sahara: Brussels is already turning its attention to investment

On Medi1TV, the EU’s High Representative for Foreign Affairs suggested that a “political” resolution of the dispute over the Southern Provinces could accelerate a European dynamic already taking shape on the ground.

Mondial 2026 : 150 dollars pour se rendre au MetLife Stadium, Maroc-Brésil plombé par la flambée des transports
Football

Article : Mondial 2026 : 150 dollars pour se rendre au MetLife Stadium, Maroc-Brésil plombé par la flambée des transports

Alors que huit matches, dont la finale, doivent se tenir dans cette enceinte du Grand New York, les autorités locales invoquent la nécessité de ne pas faire supporter la facture aux contribuables, au prix d’un renchérissement du déplacement des supporters, y compris ceux des Lions de l’Atlas attendus en nombre face à la Seleção brésilienne.

Transport public : Tétouan reçoit une première livraison de nouveaux bus urbains
Régions

Article : Transport public : Tétouan reçoit une première livraison de nouveaux bus urbains

La ville de Tétouan, dans le nord du Royaume, a reçu une première livraison de nouveaux bus urbains, dans le cadre d’une opération destinée à renforcer l’offre de transport public sur le périmètre de l’établissement de coopération intercommunale "Al Chamal Al Gharbi" (Nord-Ouest), ont indiqué les autorités locales.

Hôtellerie. Un programme inédit de visites mystères en préparation
TOURISME

Article : Hôtellerie. Un programme inédit de visites mystères en préparation

Dans le cadre de la refonte du système de classement hôtelier et de la montée en gamme de l’offre touristique, la SMIT prépare le déploiement d’un dispositif inédit de visites mystères. Un marché de près de 150 millions de dirhams vient d’être attribué à trois cabinets internationaux pour évaluer, partout au Maroc, les établissements classés 3 étoiles et plus. Détails exclusifs.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité