L'essentiel de la conférence de presse de Abdellatif Jouahri
Cession BMCI, financements innovants, inflation et prix, TMPE... Comme à l'accoutumée, le Wali de Bank Al Maghrib a été interpellé sur plusieurs sujets. Voici l'essentiel de ses réponses.
Dans le cadre de sa dernière réunion trimestrielle de l'année, le Conseil de Bank Al-Maghrib a maintenu inchangé le taux directeur à 2,25%.
Et comme à l’accoutumée, le wali de Bank Al-Maghrib a tenu un point de presse pour échanger et répondre aux questions des journalistes.
Voici l'essentiel des réponses du gouverneur.
Discussions entre BNP Paribas et Holmarcom
"Effectivement, il y a un début de discussions entre les deux parties. Nous sommes au courant bien sûr", déclare Abdellatif Jouahri en réponse à la question de Médias24.
"Bien sûr, nous n'intervenons pas dans l'orientation de l'acheteur et du vendeur (...). À ce niveau, nous sommes informés, ce sont des discussions préliminaires qui peuvent aboutir ou ne pas aboutir",
Si on se projette dans l'hypothèse qu'elles vont aboutir, Bank Al-Maghrib interviendra car "dans la loi bancaire, quand il y a un changement de contrôle qui est opéré, cela donne lieu nécessairement à l'octroi d'un nouvel agrément, et ce nouvel agrément est octroyé par le régulateur, qui est Bank Al-Maghrib, après examen du dossier".
Le wali poursuit ses explications. "Un dossier d'agrément est un dossier assez épais, qui regarde d'abord quel est le projet industriel. Qu'est-ce qu'on vise par cette opération ? Sachant que l'acheteur potentiel a déjà reçu un agrément il y a quelque temps". Abdellatif Jouahri fait ici allusion à la récente prise de contrôle de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom.
"Donc on verra quel est son projet industriel à moyen terme, vers quoi il veut aller, et qu'est-ce qu'il veut par cette opération".
"Nous voyons également dans ce cadre-là tous les aspects qui répondent aux règles prudentielles du secteur. Est-ce que nous avons un acteur, un actionnaire de référence en mesure d'y faire face... Donc tout ça, c'est un travail habituel technique d'examen d'agrément, parce que c'est un nouvel agrément qui doit concerner tous les points inscrits pour le dossier d'agrément. Alors on tire nos conclusions".
"Ensuite, ce dossier est présenté devant un comité des établissements de crédit qui est composé de représentants du ministère des Finances et de Bank Al-Maghrib. La décision finale revient en quelque sorte à ce comité des établissements de crédit".
"Voilà le processus habituel qui est suivi. Donc à ce niveau-là, on est informés, mais nous n'intervenons pas".
Financements innovants : un risque pondéré à zéro
"Pour ce qui est des financements innovants, vous avez dit que tout est souscrit par les organismes de protection sociale dont la CDG (...). Cependant, la CDG ne souscrit pas toute seule, elle compose un tour de table d'OPCVM, de caisses, d'organismes de retraites", commente le Wali.
"Il n'y a pas de lien entre l'opération qui est faite et le déficit que connaissent certaines caisses de retraite. Nous sommes, d'ailleurs, en train de regarder le rééquilibrage de ces caisses de retraite. Pourquoi il n'y a pas de lien ? Parce que l'opérateur est l'État, c'est l'État qui vend. C'est l'État qui se porte garant des loyers qui sont payés et c'est l'État qui inscrit, dans le cadre de la loi de finances, les charges relatives à ses loyers".
"Nous, en tant que banque centrale, nous donnons l'accord en ce qui concerne ces opérations de financement parce qu'ils souhaitent que ça soit pondéré à zéro. C'est là où nous intervenons. C'est la pondération que l'on donne à ces opérations. On souhaite qu'elles soient pondérées à zéro. C'est-à-dire que le risque est un risque qui peut être assimilé à un risque étatique et que par conséquent, on peut lui donner la pondération zéro. Nous examinons cela et nous demandons la confirmation que les loyers sont inscrits directement au niveau de la loi de finances".
"Mais nous ne pouvons pas dire si les Caisses peuvent souscrire ou pas. Nous ne sommes pas la tutelle. Ensuite, elles disposent d'organes d'administration qui ont la responsabilité d'apprécier et de décider si elles doivent y aller ou non. Cela dit, a priori, il n'y a pas de risque pour ces caisses et le rendement est meilleur".
Financements des TPME
"Nous suivons ce sujet depuis longtemps, car 30% du refinancement de ce secteur bancaire doivent aller aux TPME. En application des instructions royales dans deux discours, nous avons décidé de prendre d'autres initiatives, en capitalisant sur l'expérience Intelaka (9 MMDH de financement et 38.000 entreprises financées)".
"Ce que nous avons remarqué, c'est que plus de 40% des projets d'investissement présentés aux banques étaient refusés. (...) Nous avons été attentifs à ce point. Et le plus important, c'est l'accompagnement, mais pas comme ce que nous avions mis en place à Intelaka. Mais plutôt depuis le début du processus jusqu'à la fin. Notre objectif à moyen terme est que cette TPME sorte de la vulnérabilité et qu'on renforce ses fondations et qu'elle puisse grandir".
"Pour cela, nous avons décidé de mettre en place un scoring national de la TPME. Nous travaillons dessus avec le Credit Bureau. C'est en cours de finalisation. Les banques seront obligées de l'utiliser".
"C'est-à-dire que c'est nous qui disons à la banque : voici le scoring de cette TPME et si la banque le change, elle doit justifier sa décision. Et si elle rejette le dossier de financement, elle doit l'expliquer".
"Pour l'accompagnement, le CRI et Maroc PME assureront un programme qui doit prendre en considération les zones en dehors de l'axe Casa-Rabat. S'ajoute à tout cela la sensibilisation et l'éducation financière".
L'objectif est de doubler les réalisations du programme Intelaka. Pour ce faire, Tamwilcom a revu les conditions de garantie.
Le rapport final sur le cash est prêt
Par ailleurs, le Gouverneur affirme que "le rapport final sur le cash est finalisé et a été transmis au ministère de l'Économie et des finances et à la Chefferie du gouvernement. Et nous leur avons demandé de nous réunir pour discuter les moyens de le réduire et de réduire l'informel".
Libéralisation du change
Pour ce qui est de la libéralisation du change, Jouahri insiste sur la prudence.
"Tant que j’assume cette responsabilité, nous avancerons de la manière la plus prudente possible. Le FMI insiste, mais je refuse de foncer. Nous mettrons en œuvre la première étape du processus, à savoir le ciblage de l’inflation, mais je ne passerai pas à la deuxième étape, celle de la libéralisation du régime de change. Le ciblage de l’inflation commencera en 2026, à titre d’année pilote, puis sera appliqué en 2027", explique-t-il.
Pour Jouahri, l’insuffisante préparation du secteur privé constitue la raison de fond qui empêche d’aller plus vite vers la libéralisation du change.
"Cela tient à la situation des TPME. Le jour où ces entreprises commenceront à maîtriser ce que signifie l’esprit entrepreneurial, un business plan, un projet finançable, une gestion de trésorerie, alors on pourra poursuivre. Nous transmettons les statistiques au FMI et nous leur expliquons que ce n’est pas un refus. C’est simplement que les TPME ne sont pas prêtes", poursuit le Wali de la banque centrale.
Impact des investissements sur la croissance
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