La campagne agricole relancée par les pluies, les grandes cultures et le maraîchage en forte progression
Après un début de saison incertain, les pluies récentes ont redonné de l’élan à la campagne agricole 2025-2026. Grandes cultures et maraîchage affichent une progression soutenue, offrant de meilleures perspectives aux agriculteurs. Le point avec le ministère de l'Agriculture.
Les pluies enregistrées ces dernières semaines à travers plusieurs régions du Royaume ont redonné de l’élan à la campagne agricole en cours, longtemps suspendue aux aléas climatiques.
Après un début de saison marqué par l’incertitude, les précipitations, particulièrement significatives dans le Nord, le couloir atlantique (Kénitra, Rabat, Casablanca, El Jadida, et Safi…) et certaines zones du Moyen Atlas, ont amélioré les conditions d’installation des cultures d’automne et renforcé l’humidité des sols.
Bien que les effets de ces précipitations restent contrastés selon les régions, ces apports hydriques ont permis de soulager la pression sur les exploitations agricoles, ravivant les espoirs d’une campagne meilleure que les précédentes, fortement affectées par la sécheresse.
"Une progression soutenue aussi bien pour les grandes cultures que pour le maraîchage"
Démarrée officiellement à la mi-novembre, la campagne agricole 2025-2026 s’est installée sous le signe de la prudence. Mais les épisodes de pluies successifs observés jusqu'au 5 janvier 2026 redonnent espoir aux agriculteurs. Les premiers signaux d’une reprise commencent à apparaître, mais encore faut-il que les précipitations se poursuivent jusqu’au mois de mars prochain.
Contacté par Médias24, le ministère de l’Agriculture nous a fait le point sur l’avancement de la campagne, soulignant les progrès réalisés tant sur les grandes cultures que sur le maraîchage.
"Les opérations de la campagne en cours affichent une progression soutenue, aussi bien pour les grandes cultures que pour le maraîchage", nous explique-t-on.
Plus en détail, "du côté des grandes cultures, la superficie labourée a atteint 4,02 millions d’hectares. Il est prévu que les semis des cultures céréalières atteignent 3,5 millions d’hectares, notamment avec le semis tardif au niveau des zones de montagnes où cette opération devrait se poursuivre jusqu’à fin janvier".
"Pour les cultures maraîchères, le programme du maraîchage d’automne qui s’est achevé le 15 décembre est bouclé, avec 100.000 hectares réalisés, portant principalement sur les cultures maraîchères majeures et les cultures saisonnières", souligne notre source.
Le maraîchage d'hiver démarre sur une dynamique très positive, avec 20% du programme réalisés en deux semaines
S'agissant du "maraîchage d’hiver qui se poursuit jusqu’au 15 mars, il démarre sur une dynamique très positive", ajoute le ministère. "Au cours des deux premières semaines, 20% du programme ont déjà été réalisés, avec plus de 13.400 hectares mis en place, notamment l’oignon et la pomme de terre".
"Les superficies déjà installées continueront de bénéficier des pluies enregistrées, qui constituent un appui important pour la suite de la campagne".
"Longtemps attendues par les agriculteurs, ces précipitations envoient un signal encourageant", estime le ministère de l'Agriculture, "incitant à cultiver les terres et à poursuivre la mise en place des cultures".
"Dans ce contexte, les conditions actuelles sont de nature à favoriser l’inscription des agriculteurs dans un nouveau cycle de production, en vue d’assurer l’approvisionnement du marché national dans de bonnes conditions".
Un cumul de 252 mm au 5 janvier, en hausse de 167% par rapport à l'an passé
Cette progression observée résulte de l’amélioration des conditions climatiques et des précipitations enregistrées depuis le début du mois de septembre.
En effet, selon le ministère de tutelle, le cumul pluviométrique enregistré entre le 1er septembre 2025 et le 5 janvier 2026 s’établit à 252 mm. Il est en hausse de 36% par rapport à la normale, calculée sur la moyenne des 30 dernières années, et de 167% par rapport à la même période de la campagne précédente, marquée par une sécheresse prononcée.
Les données détaillant la répartition des précipitations par région confirment une amélioration notable à l’échelle nationale, mais avec de forts contrastes territoriaux.
Les régions du Nord et du couloir atlantique figurent parmi les principales bénéficiaires, notamment Casablanca-Settat, qui affiche un excédent de 58% par rapport à la normale et une progression de 281% sur un an, ainsi que Rabat-Salé-Kénitra (+33% par rapport à la normale et +230% par rapport à l'an passé) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (+11% par rapport à la normale et +148% par rapport à l'an passé).
Le centre et le Moyen Atlas enregistrent également des évolutions positives, avec Béni Mellal-Khénifra (+25% par rapport à la normale et +236% par rapport à l'an passé) et Fès-Meknès (+17% par rapport à la normale et +182% par rapport à l'an passé), améliorant les conditions d’installation des cultures.
En revanche, la situation demeure plus contrastée dans le Sud et le Sud-Est. Drâa-Tafilalet (Ouarzazate) accuse un léger déficit par rapport à la normale (-8%), tandis que la progression reste limitée à Errachidia (+24% par rapport à l'année passée).
Les régions sahariennes, bien que faiblement arrosées en volume absolu, affichent de fortes hausses relatives, notamment à Laâyoune (+777% par rapport à l'an passé) et Dakhla (+512% par rapport à la même période), traduisant un rattrapage après une campagne précédente exceptionnellement sèche.
Dans l’ensemble, ces précipitations offrent de meilleures perspectives à la campagne agricole.
Un volume supplémentaire de 1,6 MMm3 pour les barrages agricoles au 5 janvier
Outre leur impact sur la campagne agricole, les épisodes de pluies enregistrés au 5 janvier 2026 ont également impacté positivement les barrages, "dont le taux de remplissage s'établit actuellement à 42,5%, contre 28,4% l'an dernier à la même date. La réserve globale de l’ensemble des barrages est de 7,123 milliards de m3 (MMm3)", rappelle le ministère de l'Agriculture.
Pour ce qui est de la réserve des barrages à usage agricole, "elle s'établit à 5,244 MMm3 soit un taux de remplissage de 37% contre une réserve de 3,612 MMm3 la campagne précédente, soit un volume supplémentaire de 1,632 MMm3".
"Les apports d’eau enregistrés au niveau de l’ensemble des barrages depuis le 1er septembre sont de 2,525 MMm3, dont 2,090 MMm3 (83%) enregistrés lors du dernier épisode pluvieux du 11 décembre 2025 au 5 janvier 2026".
"La situation hydrique va s’améliorer dans les jours ou les semaines à venir grâce à la continuité des écoulements dans les oueds et à la fonte des neiges", conclu le ministère.
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