L’argent signe un troisième pic historique avec 80 dollars l’once
L’argent évolue depuis fin 2025 sur des niveaux inédits. La hausse des prix s’explique moins par une rareté géologique que par une tension sur le métal disponible dans les places de référence, sur fond de nouvelles contraintes à l’export en Chine et de repositionnement des stocks hors de Londres.
Le marché de l’argent aborde 2026 avec des prix et une volatilité qui tranchent avec sa longue histoire de fluctuations plus contenues.
Sur les contrats à terme, le prix évolue autour de 76 dollars l’once, après avoir atteint un pic historique le 6 janvier à 81,5 dollars l’once.
Les causes de la flambée actuelle des prix de l'argent
Cette nervosité est due principalement à la localisation du métal disponible, qui compte autant que le volume global, car le benchmark mondial se forme à Londres, et c’est précisément là que les stocks se sont fortement réduits.
C’est l’idée principale mise en avant par Goldman Sachs dans son analyse. La baisse des inventaires disponibles à Londres a amplifié les mouvements, en rendant le marché plus sensible à des flux d’achat pourtant habituels. Ainsi, lorsque le stock mobilisable est faible, une même vague de demande peut provoquer une hausse plus forte qu’en temps normal, et la correction peut être tout aussi violente en sens inverse.
À cette tension logistique s’ajoute une décision majeure de la Chine. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les exportations d’argent sont soumises à un système de licences. Concrètement, Pékin contrôle plus strictement les sorties de métal et n’autorise qu’un nombre limité d’acteurs à exporter, ce qui complique les échanges et peut créer des différences de prix selon les régions du monde.
Lorsque le raffinage et les exportations dépendent de ces autorisations, l’argent disponible immédiatement en dehors de l’Asie devient moins régulier. Cela peut provoquer des hausses de prix sur certaines grandes places de marché, comme Londres ou New York, et accentuer les écarts de prix entre les différents centres de négociation.
Contexte macrofinancier et historique des pics
Le contexte macro-financier joue aussi un rôle d’accélérateur. La détente attendue des taux et les interrogations sur le dollar réduisent le coût d’opportunité de détenir un métal sans rendement, ce qui encourage une rotation vers les actifs réels. C’est un ressort classique des métaux précieux, mais l’argent y ajoute une dimension industrielle plus marquée, puisque sa demande dépend aussi de secteurs comme l’électronique et le solaire.
Pour situer ce qui se passe aujourd’hui, il faut rappeler que l’histoire de l’argent est ponctuée de trois pics véritablement anormaux.
Le premier remonte à 1979-1980, lorsque la tentative des frères Hunt de contrôler le marché a propulsé les prix vers 35 dollars l’once, avant un retournement brutal devenu célèbre sous le nom de Silver Thursday.
Le deuxième pic s’est produit en 2011, quand l’once a de nouveau approché 50 dollars, atteignant un record avant de retomber.
Le troisième pic est celui que le marché est en train de vivre, avec un changement d’échelle clair, là où les plafonds des décennies précédentes se situaient autour de 30 à 40 dollars, les prix ont désormais testé une zone proche de 82 dollars, et les contrats à terme se maintiennent à des niveaux élevés malgré des replis quotidiens marqués.
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