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Géopolitique

Le Maroc victime d’une campagne médiatique calomnieuse, quels enseignements pour la Coupe du monde à venir ?

La CAN 2025, organisée au Maroc, a exposé un risque sous-estimé : celui d’une compétition sportive transformée en champ de bataille médiatique. À quatre ans de l'échéance 2030, le Royaume n’a pas seulement à préparer des stades et des routes, il doit aussi apprendre à gérer une guerre du récit qui s’annonce plus intense que prévu.

Le Maroc victime d’une campagne médiatique calomnieuse, quels enseignements pour la Coupe du monde à venir ?
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Le 22 janvier 2026 à 18h38 | Modifié 22 janvier 2026 à 20h53

Le Maroc a été lésé sur sa propre CAN, à la suite d'une attitude très agressive et anti-sportive de la part de la délégation sénégalaise (joueurs, staff et supporters compris).

Cette manœuvre, qu’elle soit spontanée, improvisée ou préméditée, a été d’abord rendue possible en conséquence d’une campagne médiatique lancée à l’encontre du Maroc bien avant la CAN et qui a été amplifiée par les messages de haine sur les réseaux sociaux.

Force est de constater que le Maroc a perdu une bataille médiatique, qu’il ne pensait probablement même pas devoir mener. Or, il s’avère que quand un pays a des rivaux politiques et qu’il enchaîne les succès dans différents domaines, ce genre d’événements sportifs, censés être une vitrine du pays, deviennent un instrument de pression pour ses adversaires. Le déroulement de cette CAN nous offre des enseignements en or pour anticiper et se préparer à la Coupe du monde prévue au Maroc en 2030.

De la guerre hybride algérienne à l’amplification par les réseaux sociaux, en passant par le sensationnalisme de la presse française, chronique d’une dérive médiatique incontrôlable

Dans sa guerre hybride contre le Maroc, le régime algérien use de tous les moyens pour nuire à son voisin de l’Ouest. L’armement du polisario qui joue le rôle de "proxy", les cyberattaques qui s’intensifient et une propagande de grande ampleur à coups de fake news quotidiennes en sont les éléments les plus apparents.

Dans ce cadre, la CAN a fait l’objet d’une attaque systématique et organisée bien avant le début du tournoi. Le mot d’ordre était de distiller l’idée d’un complot qui vise à consacrer le Maroc comme champion grâce à l’arbitrage.

L’idée a été boostée par la forte présence algérienne dans la sphère médiatique sportive française, notamment chez les influenceurs. Les réseaux sociaux égyptiens les ont rejoints dans ce sens, habitués à utiliser ce même prétexte fallacieux quand les clubs marocains ont commencé à les concurrencer sur la scène africaine. La personnalité charismatique de Fouzi Lekjaa et le fait que le Maroc accueille pendant les dernières années de multiples compétitions de la CAF ont alimenté cette idée d’une influence démesurée.

Il est maintenant connu que les réseaux sociaux accélèrent la diffusion de discours haineux, même lorsqu’ils reposent sur des informations non vérifiées. Ce matraquage médiatique a fait qu’une partie de l’opinion africaine était déjà persuadée que le Maroc ne pouvait que l’emporter, à l’aide de l’arbitrage. Une fois cette conviction installée, il devient difficile d’être lucide : chaque décision arbitrale est alors interprétée comme une injustice.

C’est ce qui est arrivé, dès le début de la compétition. La presse française, pour qui la CAN est toujours un sujet vendeur, en a fait une polémique. Des commentateurs comme Romain Molina ou Grégory Schneider s’auto-érigent en juges de l’éthique sportive, multipliant les insinuations et les procès d’intention, là où on attend des faits, des sources et du contradictoire. Chaque action arbitrale est commentée, pour se demander s’il y a favoritisme envers le Maroc ou pas. Ils n’ont réalisé l’étendue de leurs dégâts que trop tard, quand le mal était déjà fait.

Le Maroc est arrivé en finale, prisonnier d’un récit perdant-perdant : gagner, c’était forcément l’arbitrage ; perdre, une justice divine. Coupable dans tous les scénarios.

L’organisation d’événements sportifs tels que la Coupe du monde peut générer des jalousies et des comportements hostiles.

Les compétitions sportives internationales, comme la CAN, permettent de braquer les projecteurs sur le pays hôte. L’un des objectifs est d’en tirer un gain d’image, en mettant en vitrine ses infrastructures, sa culture et ses capacités d’organisation aux yeux du monde entier.

Mais force est de constater que ces compétitions deviennent de plus en plus un terrain de bataille médiatique pour les adversaires du pays organisateur. L’exemple le plus frappant est celui du Qatar, qui a fait l’objet d’une attaque médiatique disproportionnée, notamment sur les thèmes de la climatisation des stades et sur de prétendues pertes de vies d’ouvriers sur les chantiers.

En effet, le risque ne vient pas uniquement de pays rivaux, mais aussi d’ONG et de médias qui trouvent en ces événements un outil facile pour attirer l’attention du public, en prétendant défendre telle ou telle cause. La véracité des faits est souvent reléguée au second plan.

Le premier pays arabe à organiser la Coupe du monde de football a subi un blocus de la part de ses voisins, dans une crise inédite qui aurait pu lui coûter son existence. Si la Coupe du monde n’a pas été citée parmi les causes officielles, son rôle n’est pas à écarter, tellement le privilège d’organiser une telle compétition vient avec son lot de jalousie.

La pratique de la politique est loin d’être rationnelle, le rôle des émotions est souvent sous-estimé. Ce genre d’événements sportifs, même si leur importance stratégique pour un pays peut être surestimée, peuvent être vécus avec autant d’émotions par les dirigeants que par le peuple, mêlant tensions, frustrations et jalousie.

Un signal d’alarme pour la Coupe du monde 2030 où il faudra anticiper une campagne beaucoup plus importante.

Dans cette trajectoire vers 2030, il faut s’attendre à voir se multiplier les attaques visant le Maroc, et à les voir gagner en ampleur. Mais au regard du manque d’imagination de ses principaux rivaux et au vu de leur rhétorique habituelle, les angles de critique sont déjà connus : la question du Sahara, la culture du cannabis, l’immigration clandestine, pour ne citer que ceux-là.

Mais celle qui va cristalliser tous les efforts, c’est la question des chiens errants. Depuis l’annonce de l’organisation de la Coupe du monde aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le Royaume fait l’objet de critiques récurrentes, souvent portées par des ONG de défense des droits des animaux. Ils accusent à tort le Maroc d’adopter délibérément une politique d’abattage de chiens errants, notamment en prévision de la Coupe du monde.

C’est pain bénit pour ces médias occidentaux souvent plus sensibles à la vie des animaux qu’à celle de populations qui ne leur ressemblent pas, qui en font des histoires qui virent au drame et au sensationnel. De telles campagnes de communication savamment orchestrées peuvent avoir un effet boule de neige et affecter le public. Lors de la Coupe du monde des clubs organisée l’été dernier aux États-Unis, un jeune avait envahi la pelouse du match entre le Wydad et Manchester City avec une pancarte où l'on pouvait lire : "Maroc, arrête de tirer sur les chiens et les chats".

L’organisation de la Coupe d’Afrique 2025 a été pour le Maroc un important jalon dans sa préparation à l’accueil de la Coupe du monde 2030. À titre d'exemple, la gestion des flux de supporters a ainsi connu une grande amélioration entre le match inaugural et celui de la finale.

Il faut donc tirer les enseignements de l’échec médiatique relatif de cette CAN pour préparer l’avenir. Une politique de communication anticipative est plus que jamais indispensable… dès à présent. Car, comme l’a montré cette expérience, il ne sert à rien d’apporter des preuves une fois que l’opinion est déjà convaincue.

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Le 22 janvier 2026 à 18h38

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