img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Grève des avocats au Maroc : ce qu’il faut savoir sur les délais judiciaires

La grève des avocats interroge les justiciables sur le respect des délais légaux et le sort des procédures en cours. Voici comment cela se passe sur le terrain.

Grève des avocats au Maroc : ce qu’il faut savoir sur les délais judiciaires
Image générée par IA
Par
Le 27 janvier 2026 à 17h04 | Modifié 27 janvier 2026 à 17h04

Depuis le lundi 26 janvier, les avocats observent une grève de cinq jours consécutifs, dans un contexte déjà marqué par des arrêts de travail successifs ces dernières semaines. Cette situation soulève une inquiétude majeure chez les justiciables : qu’advient-il des délais légaux, notamment pour faire appel ou introduire un recours, lorsque les tribunaux tournent au ralenti, voire lorsqu’ils sont à l’arrêt ?

Les délais légaux sont-ils suspendus pendant la grève des avocats ?

Sur le terrain, les avocats sont unanimes sur un point essentiel : les délais légaux ne sont pas concernés par la grève. Autrement dit, les délais pour interjeter appel, former un pourvoi ou accomplir une procédure encadrée par un délai strict continuent de courir.

Selon un avocat interrogé par nos soins, “les procédures liées aux délais n'entrent pas dans le champ de la grève”. Il rappelle que “lors de précédents mouvements similaires, des commissions mandatées par le bâtonnier étaient mises en place dans les tribunaux afin de faciliter le dépôt des actes, le paiement des droits et le respect des délais, sans pour autant briser le mouvement de grève”.

Un autre avocat explique que, “dans la pratique, les confrères anticipent autant que possible. Les démarches sont souvent effectuées en amont, ou durant les journées où il n’y a pas de grève, afin d’éviter que les droits des clients ne soient compromis”.

Un troisième avocat, également contacté par Médias24, rappelle qu’une “exception est toujours prévue pour éviter la forclusion des droits des justiciables, notamment lorsqu’il s’agit de délais légaux impératifs”.

Un impact lourd pour les justiciables malgré tout

Si les délais sont préservés, l’impact de la grève sur les justiciables reste indéniable. Les reports d’audience s’accumulent depuis près de trois semaines pour certaines affaires, en raison de la succession de journées de grève.

Cette situation est particulièrement sensible dans les affaires pénales, où certains prévenus sont détenus dans l’attente de leur jugement, mais aussi dans les contentieux civils, commerciaux et sociaux. Des justiciables attendent des décisions cruciales, parfois liées à des remboursements, à des situations familiales complexes ou à des dossiers où l’urgence est réelle, comme certains divorces ou litiges sociaux.

Une grève qui frappe aussi les avocats économiquement

Mais au-delà des justiciables, la grève a également un coût humain et économique pour les avocats eux-mêmes. L’un des avocats contactés estime que “sur environ 6.000 avocats inscrits à Casablanca, seuls 1.000 parviennent réellement à vivre correctement de leur profession. Les autres se trouvent dans une situation de grande précarité”.

Pour cet avocat, le projet de loi contesté aurait dû prévoir “de véritables garanties économiques, notamment en consacrant le monopole de la consultation juridique au profit des avocats”. “Aujourd’hui, n’importe qui peut s’improviser conseiller juridique, ce qui fragilise encore davantage la profession”, déplore-t-il.

Il pointe également l’ouverture accordée aux cabinets étrangers, autorisés à accompagner des investisseurs au Maroc à titre exceptionnel. Les avocats marocains vivent cette situation comme une injustice, alors même que de nombreuses structures étrangères accompagnent de nombreux grands projets nationaux.

“On ne donne pas à l’avocat marocain les moyens de se renforcer, de se former et de se structurer”, regrette-t-il, appelant à une vision à long terme pour bâtir, à l’horizon 2030, des barreaux solides et compétitifs à l’échelle internationale.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 27 janvier 2026 à 17h04

à lire aussi

Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
ECONOMIE

Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite

Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.

Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
ECONOMIE

Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages

Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.

Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
BUSINESS

Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice

Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.

L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance
SOCIETE

Article : L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance

Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.

La météo pour le lundi 27 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
Architecture et urbanisme

Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar

L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité