CAN 2025. Ce qu’il faut savoir sur la Commission d’appel de la CAF, saisie par la FRMF
Insatisfaite des sanctions infligées par la Commission disciplinaire de la Confédération africaine de football, la Fédération royale marocaine de football a décidé de faire appel eu égard aux incidents ayant marqué la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal. Mais comment se déroule le processus ? Et qui sont les personnes appelées à juger ?
Médias24 l’avait annoncé dès le 29 janvier 2026, avant que la chose ne soit officialisée cinq jours plus tard : la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a donc bel et bien fait appel des sanctions émises par la Commission disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) à la suite des incidents enregistrés lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).
Sanctions qui, pour le moins, n’avaient pas vraiment rendu justice à la partie marocaine, mise quasiment sur le même pied que son homologue sénégalaise alors que les faits reprochés à l’une et à l’autre sont loin d’être d'une gravité comparable. “Les sanctions prononcées par la Commission de discipline [de la CAF] ne sont pas proportionnelles à la gravité et à la dangerosité de ces faits”, déplore la FRMF dans son communiqué diffusé le 3 février 2026.
De fait, c’est une nouvelle commission de la CAF qui se retrouve directement saisie de l’affaire, à savoir la Commission d’appel.
Présidée par la Nigériane Roli Daibo Harriman, cette instance compte, au total, neuf membres, provenant d’autant de pays africains, dont deux du Maghreb (le Tunisien Moez Ben Tahar Nasri et le Mauritanien Hamoud T’feil Bowbe). Autre caractéristique : ses membres n’ont pas, forcément, tous à voir avec le milieu du football.
Dans son article 15, le Code disciplinaire de la CAF, dont l’actuelle mouture avait été adoptée au Caire en mai 2018, dispose d’ailleurs explicitement qu’en ce qui concerne les présidents de commission, ils se doivent d’avoir “une formation juridique”.
À cet égard, Roli Daibo Harriman compte à son actif un CV long comme le bras. Née le 12 septembre 1960 à Sapele (Nigeria), elle est avocate de formation et de carrière, en plus d’avoir également exercé comme juge dans la Haute Cour de l’État nigérian du Delta.
C’est en juillet 2023, à l’occasion de la 45ᵉ Assemblée générale ordinaire de la CAF à Abidjan, qu’elle avait été désignée à la tête de la Commission d’appel, et ce, pour une durée de quatre ans. Un mandat qui est le même que celui de son vice-président, Faustino Varela Monteiro, un ressortissant cap-verdien dont le principal fait d’armes avant son arrivée à la CAF avait été un passage par la présidence de la Commission nationale de protection des données (CNPD) de son pays.
Selon l’article 53 du Code disciplinaire de la CAF, la Commission d’appel peut être saisie contre toute décision rendue par la Commission de discipline ou par une commission permanente pourvu que la sanction ne soit pas un avertissement, une réprimande, une suspension inférieure à trois matchs ou n’excédant pas deux mois au cours d’une même saison, ou une amende inférieure à 5.000 dollars américains.
Et pour interjeter l’appel, la partie concernée dispose, selon l’article 55, d’un premier délai de trois jours pour notifier son intention par écrit, suivi d’un deuxième délai de sept jours supplémentaires pour communiquer les motifs de l’appel.
Dernier point, statué par l’article 8 du Code disciplinaire : “Les décisions rendues par la Commission d’appel sont définitives et s’imposent à l’ensemble des parties concernées”. Une seule exception, c’est quand une partie décide d’aller au Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse). Et vu que les décisions que la Commission d’appel est appelée à prendre ne vont certainement pas ravir tout le monde – notamment la Fédération sénégalaise de football (FSF), si la FRMF obtient gain de cause –, les chances ne sont pas nulles pour que cette étape ultime finisse par intervenir à un moment de la procédure.
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