Effet CAN : les dépenses étrangères au Maroc ont bondi de près de 200% (étude)
La compétition continentale a provoqué un afflux inédit de visiteurs et stimulé l’activité commerciale dans l’ensemble des villes hôtes. Séjours prolongés, achats liés au football et consommation du quotidien ont tiré vers le haut les transactions durant toute la période du tournoi, selon les dernières analyses de Visa.
Les dépenses des visiteurs dans les villes hôtes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) TotalEnergies CAF Maroc 2025 ont connu une nette progression durant la période du tournoi, tenue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. C’est ce que révèlent les dernières analyses publiées le 13 février par Visa, à partir du Retail Spend Monitor élaboré par son équipe Visa Consulting & Analytics.
Les résultats mettent en évidence une croissance annuelle marquée des transactions transfrontalières, illustrant l’impact des grands événements sportifs sur les flux touristiques et les comportements de consommation.
Une hausse marquée des dépenses internationales
Durant le tournoi, les dépenses entrantes ont fortement progressé, avec une augmentation de plus de 190% des transactions transfrontalières en provenance des pays participants, en glissement annuel. Cette dynamique a été principalement portée par les visiteurs issus de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la République démocratique du Congo, qui ont représenté à eux seuls plus de 60% de la croissance.
Tous marchés confondus, les visiteurs provenant de France, des États-Unis et du Royaume-Uni ont compté pour près de la moitié de la hausse totale des dépenses.
Séjours courts et longs en nette progression
Dans le prolongement de cette activité transfrontalière accrue, les dépenses des visiteurs de courte durée (de 1 à 4 jours) originaires des pays participants ont augmenté de 120%, tandis que celles des visiteurs de longue durée (5 jours et plus) ont progressé de 210%.
Les six villes hôtes ont toutes enregistré une hausse des dépenses entrantes. Rabat se distingue avec la plus forte progression (+70%), suivie de Tanger (+55%) et Casablanca (+50%).

Les dépenses directement liées au sport ont également progressé de 45 % sur la période du tournoi. Cette évolution s’explique notamment par la hausse des achats de produits dérivés par les supporters ainsi que par une activité renforcée au sein des clubs sportifs.
Parallèlement, les dépenses du quotidien ont elles aussi augmenté : les livraisons de repas à domicile et les courses alimentaires ont enregistré une hausse de 55% durant la compétition.
Pour Sami Romdhane, directeur général de Visa Maroc, ces tendances traduisent une dynamique positive : "Ces tendances de dépenses révèlent une dynamique positive et généralisée sur des catégories clés, allant des transactions internationales et des séjours de courte durée aux achats liés au sport et aux dépenses domestiques. Ensemble, elles offrent un aperçu de la manière dont les supporters et les visiteurs ont choisi de s’engager à travers le Maroc durant ce magnifique tournoi".
De son côté, Nicolas Khoury, senior vice president et Head of Visa Consulting & Analytics région CEMEA, souligne l’intérêt stratégique de ces données : "Les données recueillies pendant la période du tournoi offrent une vision de l’évolution des comportements de consommation lors des événements majeurs. Ces analyses permettent aux émetteurs et aux commerçants de concevoir des solutions, des campagnes et des offres plus ciblées, répondant à de réels besoins clients".
Méthodologie et cadre de l’analyse :
Le Retail Spend Monitor de Visa Consulting & Analytics analyse l’ensemble des activités liées au commerce de détail, aux voyages et aux expériences pendant la période de la CAN. L’étude repose sur un sous-ensemble de données VisaNet, complété par des estimations issues d’enquêtes couvrant les autres moyens de paiement.
Visa précise que les points de vue, opinions et estimations exprimés relèvent de l’équipe Visa Consulting & Analytics, sont fournis à titre informatif uniquement et ne doivent pas servir de base à des décisions opérationnelles, marketing, juridiques, techniques, fiscales ou financières. L’entreprise ne garantit pas l’exhaustivité ni l’exactitude de ces analyses, susceptibles d’évoluer selon les conditions de marché.
À découvrir
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.