Région minière de Tafilalet et Figuig : ce qu'il faut savoir sur les blocs miniers ouverts à la concurrence
L'ouverture à la concurrence de ces 361 blocs d'exploration a pour ambition de relancer l'attractivité du Tafilalet et de Figuig, une zone historiquement marquée par l'activité artisanale. La part du lion revient à la province de Figuig, dont le fort potentiel est confirmé par la présence d'indices historiques de plomb, de cuivre, d'antimoine et de fer.
Le ministère de la Transition énergétique et du développement durable a récemment lancé un appel public à concurrence pour l'octroi de 361 blocs miniers situés dans les régions minières de Tafilalet et Figuig. Couvrant une superficie de 13.000 km², il fait suite à deux précédents appels lancés en 2020 et 2021, lesquels ont permis l'octroi de 94 blocs miniers à 17 sociétés.
Une telle promotion minière est pensée pour redynamiser le développement d’une région à la très longue histoire minière, et dont le sous-sol pourrait receler de nouveaux gisements.
Un maillage géographique dominé par la région frontalière de Figuig
Ce nouvel appel d'offres propose quatre catégories de permis de recherche, variant selon la taille des blocs (144 ; 16 ; 4 et 1 km²). Ces blocs ouverts à la concurrence concernent uniquement l’octroi de permis de recherche minière, et non de licences d’exploitation.
Sur le plan géographique, ils sont répartis sur trois grandes zones : le Haut Atlas oriental (aux environs de Figuig), la plaine du Tafilalet (aux environs d’Errachidia) et le Tafilalet-Maïder (aux environs d’Alnif-Rissani).
En termes de surface, la région de l’Oriental, qui s'inscrit dans le domaine du Haut Atlas oriental, se taille la part du lion. Elle regroupe à elle seule la plus grande superficie ouverte à la compétition (8.050 km²), avec des blocs situés principalement entre Figuig et Bouarfa.

Le choix des concurrents devrait prendre en considération plusieurs paramètres, notamment la capacité technique et financière du candidat, mais également le respect des standards environnementaux, sociaux et de gouvernance. À cet effet, le montant financier minimum destiné à la réalisation des travaux d’exploration est de 33.000 DH/km².
Dans le processus de sélection, il a été décidé qu'un bonus pourrait être attribué aux projets présentant un modèle de mine durable qui intègre des énergies renouvelables, promeut l’économie circulaire responsable en cohérence avec la déclaration de Marrakech, optimise les processus miniers, crée de l’emploi local et favorise l’inclusion des PME locales…
D'autre part, le ministère peut proposer une assistance pour les optimisations relatives à la transition énergétique, aux énergies renouvelables, à l’économie circulaire et au développement durable.
En quoi l'investissement minier dans cette région est-il différent ?
L'investissement dans le périmètre de la région minière de Tafilalet et Figuig doit préserver les intérêts des artisans mineurs, conformément aux dispositions de la loi 74-15 relative à l'organisation de l'activité minière dans cette région.
Conformément à l'article 5 de la loi 74-15, tout investissement minier est subordonné au lancement d'un appel public à la concurrence. Le permis de recherche ainsi octroyé a une durée de validité de trois ans, renouvelable une seule fois pour une période n'excédant pas une année.
Par ailleurs, lorsqu'une zone faisant l'objet de l’appel à concurrence abrite déjà une activité minière artisanale, un droit d'accès est institué à la charge de l'investisseur. Ce droit est payable en deux tranches, soit 20% du montant total à la signature du contrat et 80% du montant en cas d'octroi d'une ou plusieurs licences d'exploitation.
À cela s'ajoute, en cas de passage en phase d'exploitation, le versement de redevances. Exprimées en pourcentage du chiffre d'affaires annuel, celles-ci portent sur toutes les substances minières exploitées dans la zone concernée par l'appel à concurrence. L'investisseur s'engage à s'acquitter de ces redevances annuellement, au cours des trois mois suivant la clôture de chaque exercice comptable, et ce, durant toute la phase d'exploitation.
Le potentiel minier de la région du Tafilalet et de Figuig
La région minière de Tafilalet et Figuig est connue pour son activité minière artisanale très ancienne, qui s'intéresse particulièrement au plomb, au zinc et à la barytine. La région était autrefois riche en mines, mais celles-ci ont dû fermer progressivement en raison de la chute des cours des métaux exploités, ne laissant derrière elles que des artisans miniers qui continuent de chercher des métaux pour leur gagne-pain.
À la différence de l'exploitation artisanale, l'exploitation minière conventionnelle accroît les chances de découvrir de nouveaux gisements, en particulier grâce aux récents développements des méthodes d'exploration, devenues de plus en plus précises.
L'appel à concurrence du ministère a inventorié la présence de diverses potentialités minières. Ont ainsi été recensés des indices aurifères, des indices de cuivre dans des roches carbonatées, des formations ferrifères et des indices d'antimoine au Jbel Haouanite, des indices de manganèse près de Bouarfa, des indices d'uranium dans les grès du Tafilalet et des indices de fluorine à Taouz.
Afin d'éviter toute confusion, il convient de préciser que la présence d'indices minéralisés ne présume pas de l'existence d'un gisement exploitable. La mise en évidence d'un corps minéralisé économiquement viable requiert en effet des travaux de développement conséquents et des investissements miniers substantiels, incluant notamment des campagnes de forage pour en délimiter l'extension et la teneur.
L’attractivité minière de la région se confirme déjà sur le terrain avec la compagnie canadienne Aya Gold & Silver. Celle-ci prévoit l'ouverture de la mine de Boumadine, près de Tinjedad, pour y exploiter à partir de 2030 des concentrés de plomb et de zinc à forte teneur en or et en argent. Ce type de produit est très demandé par les fonderies chinoises pour produire de l’or et de l’argent.
La compagnie minière Aya négocie actuellement la construction d’une fonderie qui permettra de valoriser au mieux les concentrés et d'en extraire l’argent et l’or contenus, au lieu de les vendre directement aux fonderies chinoises. Si ce projet se confirme, il constituera une plus-value non seulement pour le projet minier de Boumadine, mais également pour les autres projets environnants qui disposent d’un potentiel important en plomb et en zinc.
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