Nette détente des prix de la sardine dans les ports
Pour faire face aux tensions récurrentes sur les prix de la sardine, les autorités ont instauré un système plus transparent. Depuis le début du Ramadan, les prix de gros sont publiés quotidiennement sur le site de l’Office national des pêches (ONP), à la suite d'un accord conclu entre le Conseil de la concurrence, le ministère de l’Agriculture et l’ONP.
C’est ce qu’a affirmé le président du Conseil de la concurrence lors de son passage, à la mi-février, dans l’émission "مفاتيح الاقتصاد" diffusée sur MED Radio.
Ahmed Rahhou a détaillé le dispositif mis en place pour encadrer la formation des prix, prenant l’exemple de la sardine pour illustrer les dysfonctionnements observés dans certains circuits.
Vente aux enchères et affichage quotidien des prix
"Il y a un produit qui connaît chaque année des tensions, notamment à l’approche du Ramadan. Il s'agit de la sardine", a-t-il expliqué. "Le Conseil a identifié un problème au niveau de la fixation du prix initial, c’est-à-dire au moment où le poisson est débarqué".
Pour y remédier, "un accord a été conclu entre le Conseil de la concurrence, le ministère de l’Agriculture et l’Office national des pêches (ONP), le but étant d'instaurer un système de vente aux enchères publiques garantissant davantage de transparence".
Concrètement, "la marchandise est désormais écoulée via des enchères organisées dans les halles, et les prix de gros sont publiés quotidiennement sur le portail de l’ONP", depuis le début du Ramadan.
"Il est ainsi possible de connaître, en temps réel, le prix auquel la sardine sort du bateau", a souligné Ahmed Rahhou. "Mais il faut ensuite suivre toute la chaîne", a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’un contrôle étendu à l’ensemble du circuit de distribution.
"Le Conseil est également intervenu dans les procédures professionnelles encadrant la fixation du prix initial", a fait savoir son président. "Chaque acteur est légitime à couvrir ses charges (transport frigorifique, logistique, marges commerciales), mais un suivi rigoureux demeure indispensable, y compris par d’autres organismes gouvernementaux ou autres".
Jusqu’à 70% du prix capté par les intermédiaires
Au-delà du prix en halle, la question des intermédiaires reste centrale. Selon le président du Conseil de la concurrence, "dans certains produits de première nécessité, notamment les fruits, légumes, viandes et poissons, près de 70% du prix final peut revenir aux intermédiaires entre le marché de gros et le consommateur final".
"Il y a donc un grand travail à faire sur ces intermédiaires au Maroc", a-t-il affirmé.
Les données officielles publiées par l’ONP confirment une nette baisse des prix au 24 février. Dans plusieurs ports, principalement du Sud, le kilo de sardine en halle, c’est-à-dire avant transport et marges commerciales, se négocie entre 2,4 et 5 DH. Une baisse significative par rapport au premier jour du Ramadan, où les prix variaient entre 3,5 et 7,4 DH le kilo.
La détente des prix confirmée dans les ports
Au total, près de 2 millions de kilos de sardines ont été commercialisés le 24 février, pour un montant global d’environ 6,24 millions de DH (MDH). Le prix moyen oscille entre 3,12 et 4 DH le kilo selon les ports.
Dans le détail, à Laâyoune, l'un des principaux ports de débarquement, les ventes ont atteint 1.692.434 kg, pour un montant de 5,3 MDH, correspondant à un prix moyen de 3,12 DH/kg, avec une fourchette comprise entre 3 et 4 DH.
En ce qui concerne les autres ports :
- Safi : 162.513 kg vendus pour un montant de 559.258 DH, soit un prix moyen de 3,45 DH/kg (entre 2,4 à 3,7 DH) ;
- Sidi Ifni : 49.799 kg vendus pour un montant de 204.150 DH, soit un prix moyen de 4 DH/kg (entre 3,5 et 5 DH) ;
- Agadir : 40.651 kg vendus pour un montant de 154.250.3 DH, soit un prix moyen de 3,76 DH (entre 3,5 et 4,2 DH) ;
- Essaouira : 8.972 kg vendus pour un montant de 30.207.2 DH, soit un prix moyen de 3,28 DH (entre 3,2 et 3,5 DH).
Cette tendance confirme le recul des prix amorcé depuis plusieurs jours. Le 17 février, la sardine se négociait encore à 9,60 DH/kg dans certaines halles. En janvier, les prix avaient atteint des niveaux exceptionnellement élevés, avoisinant 32 DH/kg en marché de gros, dans un contexte de raréfaction de l’offre.
Plusieurs facteurs expliquent cette détente. D'abord, la fin de la période de repos biologique, intervenue le 15 février, mais aussi l’amélioration des conditions météorologiques et la limitation des exportations de sardines.
Reste désormais à savoir si la transparence instaurée au niveau du marché de gros se traduira durablement par un impact sur le prix payé par le consommateur final.
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