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Automobile. Le projet “Made in Europe” de Bruxelles sous haute surveillance au Maroc
L’Union européenne prépare un texte qui conditionnera les aides publiques à un contenu fabriqué en Europe. Dans l’automobile, un seuil en discussion fixera à 70% le taux d’intégration exigé. Pour le Maroc, très dépendant du marché européen, ces règles peuvent peser sur les exportations et les investissements.
Par
Badr Elhamzaoui
Le 26 février 2026 à 19h04
|
Modifié 27 février 2026 à
7h41
L’Union européenne prépare un texte qui lierait l’accès à l’argent public à des critères d’origine industrielle.
Elle vise ainsi à éviter que les fonds publics financent des chaînes de valeur situées hors d’Europe et à réduire les dépendances.
La règle des 70% et la bataille sur le périmètre du "made in Europe"
Dans l’automobile, une règle en discussion fixerait à 70 %, selon le Financial Times, le contenu local requis pour qu’un véhicule électrique bénéficie d’une aide publique, un seuil calculé sur les composants hors batterie.
Il s’agit de l’Industrial Accelerator Act (IAA). Le projet n’est pas encore adopté par la Commission européenne, mais le signal politique est assez clair. L’Europe veut sécuriser sa chaîne de valeur face à la concurrence chinoise.
Pour un Maroc très exposé au marché européen, l’évolution de ce texte doit être suivie de près. S’il était adopté en l’état, il pourrait peser sur l’industrie automobile marocaine, déjà fragilisée en 2025, avec un recul du segment de la construction de 13,6% en glissement annuel.
Selon Reuters, la présentation par la Commission européenne du plan "Made in Europe" (dans le cadre de l’Industrial Accelerator Act), initialement attendue le 26 février 2026, a été reportée d’une semaine au 4 mars 2026 en raison de désaccords internes sur la portée géographique du dispositif.
Ce report montre que le dossier reste sensible et peut encore évoluer avant sa publication, puis durant les négociations au Conseil et au Parlement.
Dans le même sens, Reuters rapportait ce 26 février que le lobby européen de l’acier fait pression pour être inclus dans le dispositif et défend une définition du "local" très restrictive, susceptible d’exclure des régions comme l’Afrique du Nord, selon Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.
"Je serais d’accord pour inclure ceux qui ont un système très similaire à celui de l’UE. Je n’ai aucun problème avec le Royaume-Uni, mais on ne peut pas inclure tous les pays liés à l’UE par un accord de libre-échange", indique-t-il à Reuters.
Pour le Maroc, si le projet est adopté dans sa version la plus restrictive, il peut peser directement sur l’industrie automobile, avec des effets en chaîne sur l’emploi et les IDE.
Les exportations automobiles ont marqué le pas en 2025. En même temps, le marché européen, qui reste le principal débouché du Maroc, s’oriente de plus en plus vers l’électrique.
Dans ces conditions, la bascule vers le véhicule électrique est une nécessité stratégique pour préserver la place de l’industrie marocaine dans les chaînes de valeur.
Le thermique ne peut plus progresser sur le même rythme. Les incitations publiques en Europe, le durcissement des exigences environnementales et la réallocation des investissements des constructeurs vers de nouvelles plateformes accélèrent le basculement.
Toute mesure qui ralentirait cette montée en gamme ou qui éloignerait les chaînes de valeur européennes des sites marocains pèserait directement sur la trajectoire industrielle du secteur.
Le principal risque est celui d’un re-sourcing. Les constructeurs peuvent privilégier des chaînes de valeur plus européennes afin de préserver l’éligibilité aux programmes de soutien.
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Par
Badr Elhamzaoui
Le 26 février 2026 à 19h04
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